Carboneutralité, dommages infinis — Comment la politique climatique mine la position du Canada : sénateur David Wells

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Le Canada est-il sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs climatiques? La vérité : non. Et la vérité toute crue : les objectifs climatiques du Canada ne seront jamais atteints. Ces objectifs sont illusoires et ils ont été conçus par des idéologues climatiques qui n’avaient aucune notion des conséquences, de la réalité économique ou ne comprenaient pas la façon dont le Canada a été fondé et a prospéré avant et après la création de notre nation. Cette façon de penser nuit au pays.
Le débat ne cesse de se polariser et les positions se durcissent de part et d’autre. Cependant, les incidences économiques des politiques sur la carboneutralité ne peuvent être ignorées. Dans un monde de plus en plus instable, la sécurité énergétique n’est plus théorique, elle est stratégique. Une politique climatique qui dépasse la réalité économique est vouée à l’échec.
Depuis l’élection en 2015 du gouvernement libéral de Justin Trudeau, le Canada a mis l’accent sur des mesures qui ont entravé la croissance et entrainé des augmentations inutiles du cout des biens. Il a également adopté des politiques qui ont détourné l’industrie vers des contrées étrangères plus accueillantes. Nos ressources naturelles produites de manière responsable sont donc restées inexploitées. L’argent va où sont les débouchés et les occasions propices aux affaires n’existent plus. On ne sait toujours pas si le premier ministre Mark Carney est attaché à son passé lié aux changements climatiques ou s’il reconnait les avantages nationaux d’une exploitation responsable des ressources.
Tarification du carbone pour les consommateurs et l’industrie, réglementation restrictive, dépenses inconsidérées pour des technologies de remplacement non éprouvées, manque de connaissance de la signification réelle du mot « transition », bureaucratie avec un chèque en blanc, mot d’ordre d’un fanatique du climat qui n’était manifestement pas qualifié pour réfléchir dans l’intérêt supérieur du Canada, dirigeant national qui, au mieux, n’était pas sérieux sur ce que le Canada avait à offrir au monde quand il en avait le plus besoin — Trudeau ne possédait pas une vision d’ensemble.
Le débat est trop souvent présenté comme un faux choix binaire : accroitre la production pétrolière ou respecter les objectifs climatiques. Il s’agit là d’un faux dilemme. Le véritable défi est de savoir comment le Canada peut limiter les émissions de manière responsable tout en maintenant des avantages économiques et en exploitant les atouts du pays.
Nos atouts reposent sur nos ressources à l’interne et sur le terrain, des acheteurs disposés à se procurer ce que nous avons à offrir, un système de gouvernance stable et une économie qui existait autrefois pour faire avancer les choses. N’importe quel pays souhaiterait compter sur ces atouts à ce niveau-là, mais les occasions ont été ratées, et dans de nombreux cas, délibérément.
En guise d’exemple, les ressources pétrolières au large des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador sont de classe mondiale et ne demandent qu’à être exploitées à leur plein potentiel. Imaginez : du pétrole et du gaz naturel vendus aux prix les plus élevés du monde; la production pétrolière la moins émettrice de carbone au monde; un accès direct et sans entraves aux marchés mondiaux, sans pipelines ni chemins de fer pétroliers; une main-d’œuvre hautement qualifiée; des normes de sécurité et de travail les plus rigoureuses au monde; un organisme de réglementation unique et de premier ordre responsable de la santé et de la sécurité, de l’environnement, de la gestion des ressources et des avantages industriels.
Si la demande mondiale persiste — et ce sera le cas pendant des décennies — alors le monde devrait se tourner vers des territoires comme Terre-Neuve-et-Labrador et le Canada en général, et non pas s’en éloigner avec des commentaires bizarres et mal informés comme « le gaz naturel n’est pas rentable » alors que tous les pays du G7 et tous les signataires de l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne — et bien d’autres encore — réclament ces ressources-là.
Le fait de restreindre cette production ne réduit pas les émissions mondiales. L’offre est transférée vers des pays où les normes en matière d’environnement, de sécurité et de travail sont moins rigoureuses. Il ne s’agit pas d’un leadership climatique, mais d’une exportation des émissions.
Dans le même temps, le Canada jouit particulièrement d’une position unique pour contribuer à une éventuelle transition, le cas échéant. Nous jouissons d’un fort potentiel axé sur des éoliennes en mer, de vastes projets hydroélectriques, de petits réacteurs nucléaires, d’énormes réserves de gaz naturel et plus encore.
L’exploitation responsable des ressources est très bénéfique. Elle accentue le niveau de vie d’un pays, fournit des emplois qui maintiennent la force et le dynamisme des familles et des communautés. Elle peut réduire ou éliminer la pauvreté et permet la circulation de l’argent privé, soutenant ainsi l’économie. À tout point de vue, cette situation contribue à renforcer le pays.
Le Canada est responsable d’environ 1,5 % des émissions mondiales de carbone. Ramener les émissions du Canada à leur niveau de l’âge de pierre n’aurait absolument aucun impact sur la réduction des émissions mondiales de carbone.
Nous devrions nous concentrer sur la réduction des émissions, et non sur l’élimination des industries. Il faut donc investir dans le piégeage du carbone, la réduction du méthane et s’appuyer davantage sur les opérations en mer. Il s’agit de fixer des règles claires et prévisibles afin que les capitaux restent au Canada. Il s’agit également de reconnaitre que l’énergie canadienne produite de manière responsable peut remplacer des solutions plus polluantes à l’échelle mondiale.
Le Canada doit trouver cet équilibre-là pour ce pays et ailleurs dans le monde.
Le sénateur David Wells représente Terre-Neuve-et-Labrador. Il est président du Comité sénatorial des transports et des communications, vice-président du Comité permanent de l’audit et de la surveillance et membre du Comité sénatorial de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles. Il a également été membre et adjoint au chef de direction de l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers.
Cet article a été publié dans The Hill Times le 6 mai 2026 (en anglais seulement).
Le Canada est-il sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs climatiques? La vérité : non. Et la vérité toute crue : les objectifs climatiques du Canada ne seront jamais atteints. Ces objectifs sont illusoires et ils ont été conçus par des idéologues climatiques qui n’avaient aucune notion des conséquences, de la réalité économique ou ne comprenaient pas la façon dont le Canada a été fondé et a prospéré avant et après la création de notre nation. Cette façon de penser nuit au pays.
Le débat ne cesse de se polariser et les positions se durcissent de part et d’autre. Cependant, les incidences économiques des politiques sur la carboneutralité ne peuvent être ignorées. Dans un monde de plus en plus instable, la sécurité énergétique n’est plus théorique, elle est stratégique. Une politique climatique qui dépasse la réalité économique est vouée à l’échec.
Depuis l’élection en 2015 du gouvernement libéral de Justin Trudeau, le Canada a mis l’accent sur des mesures qui ont entravé la croissance et entrainé des augmentations inutiles du cout des biens. Il a également adopté des politiques qui ont détourné l’industrie vers des contrées étrangères plus accueillantes. Nos ressources naturelles produites de manière responsable sont donc restées inexploitées. L’argent va où sont les débouchés et les occasions propices aux affaires n’existent plus. On ne sait toujours pas si le premier ministre Mark Carney est attaché à son passé lié aux changements climatiques ou s’il reconnait les avantages nationaux d’une exploitation responsable des ressources.
Tarification du carbone pour les consommateurs et l’industrie, réglementation restrictive, dépenses inconsidérées pour des technologies de remplacement non éprouvées, manque de connaissance de la signification réelle du mot « transition », bureaucratie avec un chèque en blanc, mot d’ordre d’un fanatique du climat qui n’était manifestement pas qualifié pour réfléchir dans l’intérêt supérieur du Canada, dirigeant national qui, au mieux, n’était pas sérieux sur ce que le Canada avait à offrir au monde quand il en avait le plus besoin — Trudeau ne possédait pas une vision d’ensemble.
Le débat est trop souvent présenté comme un faux choix binaire : accroitre la production pétrolière ou respecter les objectifs climatiques. Il s’agit là d’un faux dilemme. Le véritable défi est de savoir comment le Canada peut limiter les émissions de manière responsable tout en maintenant des avantages économiques et en exploitant les atouts du pays.
Nos atouts reposent sur nos ressources à l’interne et sur le terrain, des acheteurs disposés à se procurer ce que nous avons à offrir, un système de gouvernance stable et une économie qui existait autrefois pour faire avancer les choses. N’importe quel pays souhaiterait compter sur ces atouts à ce niveau-là, mais les occasions ont été ratées, et dans de nombreux cas, délibérément.
En guise d’exemple, les ressources pétrolières au large des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador sont de classe mondiale et ne demandent qu’à être exploitées à leur plein potentiel. Imaginez : du pétrole et du gaz naturel vendus aux prix les plus élevés du monde; la production pétrolière la moins émettrice de carbone au monde; un accès direct et sans entraves aux marchés mondiaux, sans pipelines ni chemins de fer pétroliers; une main-d’œuvre hautement qualifiée; des normes de sécurité et de travail les plus rigoureuses au monde; un organisme de réglementation unique et de premier ordre responsable de la santé et de la sécurité, de l’environnement, de la gestion des ressources et des avantages industriels.
Si la demande mondiale persiste — et ce sera le cas pendant des décennies — alors le monde devrait se tourner vers des territoires comme Terre-Neuve-et-Labrador et le Canada en général, et non pas s’en éloigner avec des commentaires bizarres et mal informés comme « le gaz naturel n’est pas rentable » alors que tous les pays du G7 et tous les signataires de l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne — et bien d’autres encore — réclament ces ressources-là.
Le fait de restreindre cette production ne réduit pas les émissions mondiales. L’offre est transférée vers des pays où les normes en matière d’environnement, de sécurité et de travail sont moins rigoureuses. Il ne s’agit pas d’un leadership climatique, mais d’une exportation des émissions.
Dans le même temps, le Canada jouit particulièrement d’une position unique pour contribuer à une éventuelle transition, le cas échéant. Nous jouissons d’un fort potentiel axé sur des éoliennes en mer, de vastes projets hydroélectriques, de petits réacteurs nucléaires, d’énormes réserves de gaz naturel et plus encore.
L’exploitation responsable des ressources est très bénéfique. Elle accentue le niveau de vie d’un pays, fournit des emplois qui maintiennent la force et le dynamisme des familles et des communautés. Elle peut réduire ou éliminer la pauvreté et permet la circulation de l’argent privé, soutenant ainsi l’économie. À tout point de vue, cette situation contribue à renforcer le pays.
Le Canada est responsable d’environ 1,5 % des émissions mondiales de carbone. Ramener les émissions du Canada à leur niveau de l’âge de pierre n’aurait absolument aucun impact sur la réduction des émissions mondiales de carbone.
Nous devrions nous concentrer sur la réduction des émissions, et non sur l’élimination des industries. Il faut donc investir dans le piégeage du carbone, la réduction du méthane et s’appuyer davantage sur les opérations en mer. Il s’agit de fixer des règles claires et prévisibles afin que les capitaux restent au Canada. Il s’agit également de reconnaitre que l’énergie canadienne produite de manière responsable peut remplacer des solutions plus polluantes à l’échelle mondiale.
Le Canada doit trouver cet équilibre-là pour ce pays et ailleurs dans le monde.
Le sénateur David Wells représente Terre-Neuve-et-Labrador. Il est président du Comité sénatorial des transports et des communications, vice-président du Comité permanent de l’audit et de la surveillance et membre du Comité sénatorial de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles. Il a également été membre et adjoint au chef de direction de l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers.
Cet article a été publié dans The Hill Times le 6 mai 2026 (en anglais seulement).