Katie Graham, chef de projet de la visite virtuelle (à gauche) et Stephen Fai, directeur du Studio des médias immersifs de l’Université Carleton, recueillent des données photogrammétriques dans l'antichambre du Sénat.

Effectuer la visite virtuelle


Nous sommes lundi matin et le Studio des médias immersifs de l’Université Carleton, une unité de recherche de l’École Azrielli d’architecture et d’urbanisme, grouille d’activité.

Le directeur du laboratoire, le professeur Stephen Fai, discute avec Abhijit Dhanda, un candidat à la maîtrise en génie qui peaufine un modèle numérique tridimensionnel. Abhijit fait bouger la caméra autour d’une sculpture de pierre du roi Édouard VII, qui régnait lorsque l’Alberta et la Saskatchewan sont devenues des provinces canadiennes, en 1905. Le modèle est tellement détaillé que l’on peut voir les ombres qui jouent sur les marques laissées par le ciseau sur la sculpture. Quant à Katie Graham, étudiante au doctorat, elle revient tout juste de la Colline du Parlement; elle est en train de télécharger plusieurs gigaoctets de données photogrammétriques et de données obtenues par balayage laser.

Un miracle technologique s’opère. Pendant que la Colline du Parlement disparaît, un édifice à la fois, derrière les échafaudages, une Colline virtuelle est en pleine création à l’intérieur de ces ordinateurs.

Les Canadiens peuvent jeter un premier coup d’œil au résultat. La visite virtuelle du Sénat, une découverte en ligne de la Chambre rouge, figure sur la page d'accueil du site web du Sénat.

Pour le Studio des médias immersifs de l’Université Carleton (communément appelé le CIMS), la visite est l’aboutissement de cinq années de documentation du projet de réhabilitation des édifices situés sur la Colline du Parlement.

Les travaux sont en cours dans l’édifice de l’Ouest; ceux de l’édifice du Centre commenceront en 2018 et pourraient se poursuivre pendant une décennie. La Chambre des communes sera logée dans une enceinte au toit de verre qui commence à prendre forme dans la cour de l’édifice de l’Ouest. Le Sénat, quant à lui, déménagera dans des locaux temporaires au Centre de conférences du gouvernement, un immeuble de 105 ans situé en face du Château Laurier et qui servait autrefois de gare ferroviaire.

« Nous avons travaillé avec Services publics et Approvisionnement pour déterminer la meilleure façon de créer un document qui illustrerait l’état actuel des édifices, avant la réhabilitation, » affirme le professeur Fai.

De cette collaboration est né le « modèle d’informations de bâtiment, » c’est-à-dire un catalogue architectural qui sert à deux fins. Tout d’abord, il procure aux architectes, aux ingénieurs, aux conservateurs et aux entrepreneurs un relevé complet des accessoires et éléments des édifices de l’Ouest, de l’Est et du Centre, soit un aperçu de chaque édifice avant que les travaux de réhabilitation soient amorcés.

En second lieu, le modèle sert de fondement à la visite virtuelle du Sénat, qui présente les œuvres d’art et l’architecture de la Chambre rouge. Ainsi, les milliers de visiteurs qui normalement franchiraient les portes de l’édifice du Centre pourront effectuer une visite virtuelle qui se rapproche autant que possible de la réalité, et ce, grâce à la représentation de l’édifice recréée par ce modèle numérique.

La visite commence par une vue des airs à couper le souffle de l’édifice du Centre; le spectateur plonge ensuite vers l’entrée principale, qu’il franchit pour ensuite circuler librement dans les corridors du Sénat. L’interface lui permet d’observer tout ce qu’il y a tout autour de lui, à chaque étape du parcours. Il suffit d’un clic ou d’un toucher pour voir apparaître des renseignements sur les sculptures, les peintures et les artéfacts qui ornent le Sénat. Le visiteur peut aussi entendre une narration s’il le désire. Plus de 50 éléments sont ainsi mis en lumière.

La conception et la narration sont au cœur de l’expérience d’immersion, affirme le professeur Fai. « C’est un récit numérique : nous utilisons les données patrimoniales de l’édifice que nous avons recueillies pour les présenter au public, qui peut ainsi admirer les œuvres d’art et des détails architecturaux qui caractérisent le Sénat. »

Cependant, ajoute-t-il, il s’agit beaucoup plus que d’un condensé d’architecture. « Nous espérons qu’il permettra au public de mieux comprendre les travaux du Sénat et la valeur de cette institution. »

Comment tout cela est-il possible?

Abhijit Dhanda, qui a mis au point le code derrière l’interface de la visite, explique. « Nous avons pris sept photos en nous déplaçant en cercle, de 60 degrés à la fois. Pour la septième photo, la caméra est tournée vers le plafond. Ensuite, nous intégrons toutes ces photos pour créer une image pouvant être visualisée de manière entièrement panoramique. Le spectateur est au centre de l’orbite, pour ainsi dire, de sorte qu’il peut regarder la scène dans toutes les directions possibles, » explique-t-il.

Pour les vues rapprochées, les chercheurs ont utilisé la photogrammétrie afin de constituer une image composite tridimensionnelle.

« Le logiciel compile nos données et construit ce que nous appelons un nuage ponctuel, » indique M. Dhanda. « Si vous agrandissez l’image, vous verrez en fait une multitude de points minuscules. Le logiciel construit la trame de base de la sculpture, puis il ajoute la texture qu’il obtient à partir des photos, ce qui nous donne un modèle orbital tridimensionnel. »

Pour effectuer la visite virtuelle, visitez tour.sencanada.ca.

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