Voici ce que nous attendons du prochain avion de chasse du Canada : sénatrice Patterson

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« Ne pas disposer d’une force aérienne adéquate dans le contexte mondial actuel revient à compromettre les fondements de la liberté et de l’indépendance nationales. » – Winston Churchill, 1934
Tout comme les bouleversements de l’ordre mondial dans les années 1930, le maintien de l’ordre international fondé sur des règles fait face à de profonds défis depuis quelques années. Le Canada doit être en mesure d’affirmer sa sécurité et sa souveraineté dans les domaines aérien et spatial, de plus en plus contestés. Alors que le gouvernement entreprend l’examen de la future flotte d’avions de chasse de l’Aviation royale canadienne (ARC), il est essentiel de penser à l’avenir et de ne pas se limiter aux seuls besoins actuels.
L’ARC a besoin d’un nouvel avion de chasse doté des capacités avancées indispensables pour détecter et dissuader les adversaires et, au besoin, se défendre contre eux. Le Canada a besoin d’un avion de chasse qui renforce notre capacité à défendre l’Amérique du Nord, qui contribue pleinement à nos alliances internationales telles que l’OTAN et qui soit à la hauteur de nos alliés dans le monde.
Quel que soit l’avion de chasse choisi, l’accent doit être mis sur l’interopérabilité au sein des écosystèmes de guerre aérienne et spatiale actuels et futurs. Cela exige une flotte capable d’interconnecter et de partager des données en temps réel et de fusionner les informations provenant de multiples capteurs, et qui possède les capacités de pointe requises pour l’espace de combat de cinquième génération. Le gouvernement doit considérer le prochain avion de chasse comme un tremplin vers des capacités futures encore inimaginables, si le Canada veut demeurer souverain et en sécurité dans ce contexte dynamique.
Le Canada investit massivement dans de nouvelles capacités pour l’ensemble des Forces armées canadiennes et cherche à renforcer sa base industrielle de défense nationale. Nous ne pouvons pas nous permettre d’investir dans du « juste assez bon ». À long terme, nous devons nous positionner pour l’avenir.
Nous avons l’occasion de rehausser les compétences de notre industrie aérospatiale en choisissant le prochain avion de chasse. Pour y parvenir, nous devons aller au-delà des besoins immédiats, tirer les leçons des expériences depuis 1997 et mettre à profit notre rôle de partenaire international fiable. Cette vision prospective nous permettra non seulement de rentabiliser nos investissements dans l’industrie aérospatiale, mais aussi de nous placer à l’avant-garde des avancées technologiques futures.
Les concepts de flotte mixte d’avions de chasse sont une solution peu pratique qui créerait des problèmes. Une telle flotte alourdirait considérablement la charge de l’ARC en créant des chaînes d’approvisionnement logistiques complexes, des enjeux d’infrastructure ainsi que des défis majeurs en matière de maintenance et de formation du personnel. En fin de compte, elle compromettrait la transition prévue vers de nouveaux avions de chasse en entrainant des retards inutiles et mettrait en péril l’interopérabilité avec nos principaux alliés — un élément essentiel à notre sécurité et à notre souveraineté, aujourd’hui comme demain.
La flotte actuelle de CF-18 doit être retirée du service en 2032. Nous devons donc agir rapidement. La planification est déjà en cours pour assurer une transition en douceur. Tout retard ou tout changement dans le processus d’acquisition risquerait d’ajouter des pressions supplémentaires sur une capacité de chasse déjà fragilisée.
Nos alliés avancent déjà. Récemment, l’armée de l’air royale danoise – un allié nordique clé sur le flanc nord de l’OTAN – s’est engagée fermement pour sa future flotte de chasseurs. Toute hésitation de notre part risque d’accroitre notre dépendance envers nos alliés pour assurer notre souveraineté et notre sécurité, notamment, par l’intermédiaire du NORAD, une plus grande surveillance aérienne américaine dans notre Arctique jusqu’à ce que nous rattrapions notre retard.
Peu importe d’où les futurs avions de chasse du Canada prendront leur envol, nous devons faire partie de l’écosystème de défense et de sécurité de cinquième génération aux côtés de nos alliés. Si les investissements dans l’industrie de la défense et l’acquisition d’avions de chasse adaptés sont des éléments essentiels de la programmation et des dépenses militaires, l’attention doit aussi porter sur les membres en service de l’ARC. Rappelons-nous que ceux qui servent sont des Canadiennes et des Canadiens. Les parlementaires et le gouvernement ont une dette envers ces femmes et ces hommes qui ont choisi de placer le service du pays avant leurs intérêts personnels. Il est de notre devoir de leur garantir les capacités nécessaires pour accomplir leur mission et de les protéger le mieux possible, aujourd’hui et à l’avenir.
La sénatrice Rebecca Patterson est une contre-amirale à la retraite et une ancienne membre des Forces armées canadiennes comptant 34 années de service. Elle représente l’Ontario au Sénat et est membre du Comité sénatorial de la sécurité nationale, de la défense et des anciens combattants.
Cet article a été publié dans The Hill Times le 25 mai 2026 (en anglais seulement).
Crédit photo : Caporal Gary Calvé. Technicien en imagerie, FOA-ISLANDE RP09-2017-0025-005. Copie d’une image publiée par les Forces armées canadiennes.
« Ne pas disposer d’une force aérienne adéquate dans le contexte mondial actuel revient à compromettre les fondements de la liberté et de l’indépendance nationales. » – Winston Churchill, 1934
Tout comme les bouleversements de l’ordre mondial dans les années 1930, le maintien de l’ordre international fondé sur des règles fait face à de profonds défis depuis quelques années. Le Canada doit être en mesure d’affirmer sa sécurité et sa souveraineté dans les domaines aérien et spatial, de plus en plus contestés. Alors que le gouvernement entreprend l’examen de la future flotte d’avions de chasse de l’Aviation royale canadienne (ARC), il est essentiel de penser à l’avenir et de ne pas se limiter aux seuls besoins actuels.
L’ARC a besoin d’un nouvel avion de chasse doté des capacités avancées indispensables pour détecter et dissuader les adversaires et, au besoin, se défendre contre eux. Le Canada a besoin d’un avion de chasse qui renforce notre capacité à défendre l’Amérique du Nord, qui contribue pleinement à nos alliances internationales telles que l’OTAN et qui soit à la hauteur de nos alliés dans le monde.
Quel que soit l’avion de chasse choisi, l’accent doit être mis sur l’interopérabilité au sein des écosystèmes de guerre aérienne et spatiale actuels et futurs. Cela exige une flotte capable d’interconnecter et de partager des données en temps réel et de fusionner les informations provenant de multiples capteurs, et qui possède les capacités de pointe requises pour l’espace de combat de cinquième génération. Le gouvernement doit considérer le prochain avion de chasse comme un tremplin vers des capacités futures encore inimaginables, si le Canada veut demeurer souverain et en sécurité dans ce contexte dynamique.
Le Canada investit massivement dans de nouvelles capacités pour l’ensemble des Forces armées canadiennes et cherche à renforcer sa base industrielle de défense nationale. Nous ne pouvons pas nous permettre d’investir dans du « juste assez bon ». À long terme, nous devons nous positionner pour l’avenir.
Nous avons l’occasion de rehausser les compétences de notre industrie aérospatiale en choisissant le prochain avion de chasse. Pour y parvenir, nous devons aller au-delà des besoins immédiats, tirer les leçons des expériences depuis 1997 et mettre à profit notre rôle de partenaire international fiable. Cette vision prospective nous permettra non seulement de rentabiliser nos investissements dans l’industrie aérospatiale, mais aussi de nous placer à l’avant-garde des avancées technologiques futures.
Les concepts de flotte mixte d’avions de chasse sont une solution peu pratique qui créerait des problèmes. Une telle flotte alourdirait considérablement la charge de l’ARC en créant des chaînes d’approvisionnement logistiques complexes, des enjeux d’infrastructure ainsi que des défis majeurs en matière de maintenance et de formation du personnel. En fin de compte, elle compromettrait la transition prévue vers de nouveaux avions de chasse en entrainant des retards inutiles et mettrait en péril l’interopérabilité avec nos principaux alliés — un élément essentiel à notre sécurité et à notre souveraineté, aujourd’hui comme demain.
La flotte actuelle de CF-18 doit être retirée du service en 2032. Nous devons donc agir rapidement. La planification est déjà en cours pour assurer une transition en douceur. Tout retard ou tout changement dans le processus d’acquisition risquerait d’ajouter des pressions supplémentaires sur une capacité de chasse déjà fragilisée.
Nos alliés avancent déjà. Récemment, l’armée de l’air royale danoise – un allié nordique clé sur le flanc nord de l’OTAN – s’est engagée fermement pour sa future flotte de chasseurs. Toute hésitation de notre part risque d’accroitre notre dépendance envers nos alliés pour assurer notre souveraineté et notre sécurité, notamment, par l’intermédiaire du NORAD, une plus grande surveillance aérienne américaine dans notre Arctique jusqu’à ce que nous rattrapions notre retard.
Peu importe d’où les futurs avions de chasse du Canada prendront leur envol, nous devons faire partie de l’écosystème de défense et de sécurité de cinquième génération aux côtés de nos alliés. Si les investissements dans l’industrie de la défense et l’acquisition d’avions de chasse adaptés sont des éléments essentiels de la programmation et des dépenses militaires, l’attention doit aussi porter sur les membres en service de l’ARC. Rappelons-nous que ceux qui servent sont des Canadiennes et des Canadiens. Les parlementaires et le gouvernement ont une dette envers ces femmes et ces hommes qui ont choisi de placer le service du pays avant leurs intérêts personnels. Il est de notre devoir de leur garantir les capacités nécessaires pour accomplir leur mission et de les protéger le mieux possible, aujourd’hui et à l’avenir.
La sénatrice Rebecca Patterson est une contre-amirale à la retraite et une ancienne membre des Forces armées canadiennes comptant 34 années de service. Elle représente l’Ontario au Sénat et est membre du Comité sénatorial de la sécurité nationale, de la défense et des anciens combattants.
Cet article a été publié dans The Hill Times le 25 mai 2026 (en anglais seulement).
Crédit photo : Caporal Gary Calvé. Technicien en imagerie, FOA-ISLANDE RP09-2017-0025-005. Copie d’une image publiée par les Forces armées canadiennes.