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Rencontre avec la sénatrice Diane Bellemare
23 mars 2016
PERSONNALITÉS

D’où vous vient l’intérêt de participer à la vie politique ?

Depuis que je suis toute jeune, j’ai toujours voulu changer le monde. À la fin des années 1950, le Canada et le Québec ont connu une récession assez importante. Mon père s’est retrouvé sans emploi et ma mère est devenue très inquiète. J’ai compris alors ce qu’était l’insécurité économique. J’ai trouvé cette situation très injuste, car mon père était un homme travaillant. C’est à partir de ce moment qu’a germé en moi l’idée de l’importance du plein emploi. J’ai choisi plus tard d’étudier l’économie.

Actuellement, quel est selon vous l’enjeu le plus important dans la politique publique canadienne ?

Je crois que l’enjeu le plus important pour les gouvernements est et sera toujours de protéger la démocratie et la liberté. Concrètement, comme économiste, je pense que pour être vraiment libre, tout individu doit pouvoir gagner sa vie dans un travail qui lui plaît. C’est vrai pour tout le monde. Par exemple, les femmes doivent pouvoir être indépendantes sur le plan économique afin d’entretenir des relations égalitaires avec les hommes. La possibilité de gagner dignement sa vie est un objectif universel. Cet objectif est inclusif et favorise la démocratie.

La sénatrice Bellemare dans son bureau.

Comment le Sénat pourrait-il faire en sorte qu’un plus grand nombre de Canadiens s’intéressent à ses travaux ?

Le Sénat réalise des études très pertinentes pour la société. Il faut pouvoir les communiquer plus efficacement. Nous avons réussi à atteindre le public avec la dernière étude sur l’obésité. Il faut en faire de même avec les autres études et réalisations législatives du Sénat.

Quels sont les dossiers qui vous occupent en ce moment au Sénat ?

Je travaille sur deux dossiers majeurs. Le premier est celui de la réforme du Sénat. En quelques mots, je crois que des changements institutionnels venant de l’intérieur du Sénat sont nécessaires pour favoriser un Sénat moins partisan et plus indépendant. C’est d’ailleurs pour cette raison que je suis devenue indépendante. Le deuxième dossier concerne l’économie et l’emploi dans nos différentes provinces. Les Canadiens s'inquiètent de leur avenir et de leur capacité à faire face aux changements, en particulier pour ce qui est de leur travail et de leur retraite.

La sénatrice dans son bureau.

Quel est votre livre préféré et pourquoi ?

J’en ai plusieurs. J’adore me changer les idées en lisant un bon roman policier. Je conseille à tout le monde de lire ou relire ce classique de la littérature québécoise écrit par Anne Hébert, les Fous de Bassan, une œuvre poétique et envoutante à caractère policier. Pour la politique publique, la lecture de Théorie de la Justice du philosophe John Rawls fut et est toujours pour moi une révélation. Cette lecture est obligatoire pour quiconque s’intéresse à la politique publique.

Comment voyez-vous votre rôle de sénatrice du Québec ?

Comme sénatrice, je dois m’assurer que les intérêts de la population du Québec sont respectés dans la législation fédérale. C’est mon rôle premier. Je considère également que je dois amener au Sénat les préoccupations de la population québécoise. Il me faut être accessible aux Québécois et Québécoises.

D’ici votre retraite du Sénat qu’espérez-vous être en mesure d’accomplir ?

Précisons d’abord qu’au Sénat comme en politique on ne peut rien faire seul. Cela dit j’espère que je pourrai participer à moderniser le Sénat pour en faire une institution dont la population sera fière. J’espère aussi réussir à  promouvoir le plein emploi dans le contexte des travaux du Sénat. Cet enjeu est toujours d’actualité.