Rapport
Résumé
L’examen de la mise en œuvre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a été l’occasion d’entendre des dirigeants autochtones, des spécialistes et d’autres intervenants de partout au Canada au sujet de leurs priorités et de leurs aspirations pour assurer un avenir où les droits des Autochtones sont protégés et respectés.
Le présent rapport, qui s’appuie sur les témoignages recueillis par le comité en 2024, comporte neuf recommandations.
Le Comité recommande tout particulièrement que Justice Canada fasse appel au Conseil du Trésor du Canada pour soutenir les efforts fédéraux visant à surveiller la mise en œuvre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
Le comité recommande également de mettre en place des outils de production de rapports sur l’utilisation du Guide provisoire à l’intention des fonctionnaires sur la façon d’évaluer la compatibilité avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, accompagnés d’information sur les travaux du Comité consultatif sur le Plan d’action de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies.
La plupart des recommandations témoignent de la volonté d’en savoir plus sur les diverses initiatives politiques et législatives fédérales ayant de profonds effets sur la vie des peuples autochtones. En ayant plus d’informations et de statistiques, nous comprendrons mieux quelles sont les mesures à prendre pour respecter les droits fondamentaux des autochtones. Une meilleure information contribue aussi à la transparence, en plus de favoriser l’autodétermination des gouvernements autochtones. Les autres recommandations comprennent la production de rapports d’étape sur :
- la législation concernant la santé des Autochtones et le transfert de la prestation des services de santé fédérale aux administrations autochtones, ainsi que l’élimination de la discrimination systémique dans la prestation des services de santé;
- la mise en œuvre de la Stratégie en matière de justice autochtone;
- les indicateurs socioéconomiques et autochtones liés à l’égalité, aux enfants autochtones et aux services à la famille ainsi qu’aux refuges et aux maisons de transition pour Autochtones;
- l’enseignement des langues autochtones dans les écoles des Premières Nations, notamment.
Ces recommandations visent à orienter et à mieux épauler les représentants fédéraux à mesure qu’ils mettent en œuvre la Loi. Le rapport sert également de source pour de futurs sujets d’étude.
Recommandations
Recommandation 1
Que le gouvernement du Canada publie, d’ici janvier 2027, des rapports d’étape concernant la mise en œuvre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, des appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation du Canada ainsi que des appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Les rapports d’étape doivent décrire de façon détaillée les résultats des initiatives du gouvernement du Canada en vue d’accroître l’égalité des peuples autochtones au chapitre de la santé, du revenu, de l’éducation, de l’emploi, de l’eau potable, du logement, des langues, de la culture et de la criminalisation. Conformément à la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant ratifiée par le Canada, les rapports d’étape doivent également aborder en détail la prise en charge des enfants autochtones par les organismes de protection de l’enfance et souligner les mesures prises afin de permettre aux administrations autochtones d’exercer pleinement leurs compétences sur leurs enfants.
Recommandation 2
Que, d’ici janvier 2027, Services aux Autochtones Canada publie des rapports d’étape publiquement accessibles concernant :
- l’élaboration d’une loi sur la santé des Autochtones, y compris une liste des parties qui interviennent et leurs objectifs;
- le transfert de la prestation des services de santé fédéraux aux gouvernements et aux organisations autochtones, y compris les progrès liés au financement visant à favoriser l’exercice véritable par les administrations autochtones de la compétence sur la prestation des services de santé;
- la mise en œuvre du Principe de Joyce afin d’éliminer le racisme et la discrimination systémiques au sein des services sociaux et de santé;
- les initiatives visant à lutter contre la discrimination envers les personnes handicapées.
Recommandation 3
Que, d’ici janvier 2027, la Société canadienne d’hypothèques et de logement et Services aux Autochtones Canada présentent un rapport d’étape sur le nombre de refuges et de maisons de transition bénéficiant de financement dans le cadre de l’Initiative de maisons d’hébergement et de logements de transition pour les Autochtones; l’état d’avancement de la construction et des activités connexes, y compris tout établissement construit ou investissement effectué dans l’Arctique; les budgets d’exploitation annuels alloués à ces établissements; le nombre de familles qui devraient être ou qui sont desservies par ces derniers; et l’effet de la prévention de la violence envers les femmes et les enfants autochtones;
Que, d’ici janvier 2027, la Société canadienne d’hypothèques et de logement fournisse au comité des renseignements détaillés sur le nombre de maisons qui seront construites et les régions où elles le seront ainsi que sur les effets de la prévention de la violence envers les femmes et les enfants autochtones dans le cadre de la Stratégie sur le logement des Autochtones en milieux urbain, rural et nordique.
Recommandation 4
Que, d’ici janvier 2027, Santé Canada et Services aux Autochtones Canada présentent un rapport d’étape sur le financement alloué aux programmes de santé mentale pour les jeunes autochtones;
Que, d’ici janvier 2027, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada présente de l’information sur les programmes destinés aux jeunes autochtones, y compris le nombre de jeunes autochtones mobilisés, le nombre d’organisations ou d’initiatives jeunesse établies; le montant du financement accordé à ces initiatives; les retombées connexes et si le programme recevra un financement permanent.
Recommandation 5
Que, d’ici janvier 2027, Services aux Autochtones Canada fournisse des renseignements relatifs au nombre d’écoles dans les réserves des Premières Nations offrant des cours en langues autochtones ainsi qu’au financement associé aux langues autochtones en éducation;
Que, d’ici janvier 2027, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada ainsi que Patrimoine canadien fournissent au comité des renseignements relatifs à l’inclusion des langues autochtones dans la Politique financière collaborative sur l’autonomie gouvernementale et des détails sur toute méthode de financement des langues autochtones envisagée ou actuellement mise en œuvre avec les gouvernements autochtones autonomes.
Recommandation 6
Que, d’ici janvier 2027, Justice Canada et Sécurité publique Canada présentent un rapport d’étape sur les mécanismes de reddition de comptes et fassent rapport annuellement de la mise en œuvre des priorités énoncées dans sa Stratégie en matière de justice autochtone ainsi que de la mise en œuvre des appels à l’action connexes de la Commission de vérité et réconciliation du Canada et des appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Le rapport d’étape devrait décrire précisément toute initiative liée à l’engagement pris par le Canada pour éliminer la surreprésentation des peuples autochtones dans les établissements carcéraux d’ici 2025 et ramener les délinquants autochtones dans leurs communautés en leur fournissant les ressources adéquates pour les épauler et favoriser leur intégration, notamment par l’intermédiaire des articles 81 et 84 de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition.
Recommandation 7
Que, d’ici janvier 2027, Services aux Autochtones Canada présente au comité un rapport d’étape sur les progrès qu’il a réalisés afin de faire avancer l’autodétermination et l’exercice des compétences par les Premières Nations dans des domaines tels que la citoyenneté, le statut, la gestion des terres, la gestion financière, la fiscalité, les biens immobiliers matrimoniaux et d’autres initiatives envisagées en cours de négociation ou d’examen afin que les Premières Nations puissent fonctionner hors des contraintes de la Loi sur les Indiens.
Recommandation 8
Que, d’ici janvier 2027, Justice Canada, conjointement avec le Bureau du Conseil privé et le Secrétariat du Conseil du Trésor, présente au comité un rapport décrivant les mesures qu’il prend pour surveiller la mise en œuvre du Guide provisoire à l’intention des fonctionnaires sur la façon d’évaluer la compatibilité avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones dans les ministères fédéraux; le processus mis en place pour évaluer l’efficacité du guide provisoire; tout outil d’évaluation obligatoire élaboré; ainsi que l’apport de ces processus pour éclairer les décisions fédérales;
Que, d’ici janvier 2027, Justice Canada présente au comité un rapport sur l’avancement du travail du Comité consultatif sur le Plan d’action de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies.
Recommandation 9
Que le gouvernement du Canada élabore un plan de formation obligatoire concernant la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, les droits ancestraux et issus de traités, la mise en œuvre des traités ainsi que l’histoire et les expériences des Autochtones afin de mesurer les progrès réalisés pour former un plus grand nombre de fonctionnaires et veiller à ce que la formation respecte les différentes responsabilités des ministères;
Que le Secrétariat de la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies, au sein du ministère de la Justice du Canada, fasse appel au Conseil du Trésor du Canada pour évaluer les progrès réalisés en matière de formation de la fonction publique, suivre la mise en œuvre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones; et soutenir la planification future et l'élaboration des politiques.
Ottawa – Le gouvernement fédéral doit élaborer des outils permettant de suivre les progrès de la mise en œuvre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones au Canada. De plus, il doit élaborer un plan de formation obligatoire et adapté portant sur les droits issus de traités ainsi que sur l’histoire et les expériences des peuples autochtones à l’intention des fonctionnaires des ministères responsables de l’application de la loi, a indiqué le Comité sénatorial des peuples autochtones dans un nouveau rapport.
Publié jeudi, le rapport du comité présente des témoignages de dirigeants et d’experts autochtones concernant les progrès réalisés et les défis rencontrés jusqu’à présent dans les efforts du gouvernement visant à harmoniser les lois et les politiques fédérales avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). De manière constante, le comité a entendu que l’autodétermination, la gouvernance autochtone, le pouvoir législatif et la participation significative à la prise de décisions font partie intégrante de la mise en œuvre de la DNUDPA au Canada.
Le rapport formule neuf recommandations au gouvernement du Canada, dont la plupart reflètent le souhait du comité d’obtenir des renseignements plus détaillés et des rapports d’étape sur diverses initiatives politiques et législatives fédérales ayant de profonds effets sur la vie des peuples autochtones — notamment le transfert de la prestation des services de santé fédéraux vers les autorités autochtones, l’élimination de la discrimination systémique dans les services de santé, les refuges et les logements de transition pour les familles autochtones dans l’Arctique, l’accès à la justice ainsi que le soutien à l’enseignement des langues autochtones, entre autres.
La mise en œuvre de la DNUDPA a le potentiel de transformer la relation entre les peuples autochtones et le Canada, et le comité reconnait que ce processus prendra du temps. Le comité surveillera attentivement les progrès du gouvernement dans ce dossier et entreprendra d’autres études sur certaines des priorités soulevées par les témoins, notamment l’obligation de consulter et d’accommoder les peuples autochtones.
En bref
- La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) comporte 46 articles reconnaissant « les normes minimales nécessaires à la survie, à la dignité et au bien-être des peuples autochtones du monde ». L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la DNUDPA le 13 septembre 2007.
- La législation visant la mise en œuvre de la DNUDPA au Canada, connue sous le nom de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, a reçu la sanction royale en 2021. Cette loi exige que la Couronne harmonise les lois et politiques fédérales avec les principes de la DNUDPA et, à compter de 2023, qu’elle fasse annuellement rapport de ses progrès au Parlement.
- Le titre du rapport du comité s’inspire du concept de Haíɫcístut, qui, dans la langue haíɫzaqvḷa, signifie « renverser la situation et revenir sur la bonne voie ». Le comité a obtenu l’autorisation d’utiliser ce terme dans son rapport de la cheffe Marilyn Slett de la Nation Heiltsuk, qui a témoigné des efforts de sa nation à élaborer un accord d’autodétermination reposant sur ce concept.
Citations
« Ce rapport vise à orienter et à mieux épauler les représentants fédéraux dans le cadre de leurs efforts visant à garantir la conformité des lois et des politiques canadiennes avec la DNUDPA. Le comité a hâte de recevoir les rapports d’étape demandés au gouvernement fédéral afin de maintenir l’élan vers un avenir où les droits des peuples autochtones sont protégés et respectés partout au pays. »
- Sénatrice Michèle Audette, présidente du comité
« La réussite de la mise en œuvre de la DNUDPA est essentielle à l’affirmation des droits des peuples autochtones et à une réconciliation véritable avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis d’un océan à l’autre. Pour s’attaquer à un travail aussi complexe et ambitieux, et pour tenir les promesses de la DNUDPA, on a besoin d’une approche coordonnée et globale entre les différents portefeuilles des ministères. »
- Sénatrice Margo Greenwood, vice-présidente du comité
Liens connexes
- Lisez le rapport : « Haíɫcístut : Renverser la situation et regarder ensemble dans la même direction » Les promesses de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones
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Pour plus de renseignements :
Chelsea DeFazio
Agente de communications | Sénat du Canada
343-576-1481 | chelsea.defazio@sen.parl.gc.ca
Sénateurs qui ont participé à cette étude
Michèle Audette
GPS - Québec (De Salaberry)
Margo Greenwood
GSI - Colombie-Britannique
Bernadette Clement
GSI - Ontario
Brian Francis
GPS - Île-du-Prince-Édouard
Nancy Karetak-Lindell
GSI - Nunavut
Mary Jane McCallum
C - Manitoba
Marilou McPhedran
Non affilié(e) - Manitoba
Kim Pate
GSI - Ontario
Paul (PJ) Prosper
GSC - Nouvelle-Écosse
Karen Sorensen
GPS - Alberta
Scott Tannas
GSC - Alberta
Membres d’office du comité : l’honorable Pierre Moreau, c.p., ou l’honorable Patti LaBoucane-Benson, l’honorable Leo Housakos ou l’honorable Yonah Martin, l’honorable Lucie Moncion ou l’honorable Joan Kingston, l’honorable Flordeliz (Gigi) Osler ou l’honorable Robert Black, l’honorable Brian Francis ou l’honorable Judy A. White
Autres sénateurs ayant participé à l’étude : l’honorable Andrew Cardozo, l’honorable Katherine Hay, l’honorable Tony Loffreda, l’honorable Manuelle Oudar, l’honorable Larry W. Smith, l’honorable Allister Surette et l’honorable Suze Youance
