Recommandations
RECOMMANDATION 1:
Que le gouvernement du Canada :
- précise de quelle façon il aidera les Canadiens qui seront toujours sans emploi ou qui auront encore besoin de soutien, y compris ceux qui ne sont pas admissibles à la Prestation canadienne d’urgence, lorsque la prestation prendra fin;
- fonde les paiements de la prestation sur le revenu selon une formule dégressive.
RECOMMANDATION 3 :
Que le gouvernement du Canada, de concert avec les provinces, les territoires et les gouvernements autochtones, envisage de façon exhaustive, juste et prioritaire l’instauration d’un revenu de base garanti.
RECOMMANDATION 5 :
Que le gouvernement du Canada envisage d’élargir l’admissibilité au Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes aux entreprises n’ayant pas de compte de banque commercial et de prolonger le délai de présentation des demandes de prêt pour les entreprises.
RECOMMANDATION 7 :
Que l’Agence du revenu du Canada rende publiques les sommes recouvrées auprès des personnes ayant touché des prestations d’urgence auxquelles elles n’avaient pas droit ou les ayant obtenues frauduleusement, en précisant clairement les sommes pour chaque programme et, si possible, en différenciant les demandes faites par erreur des demandes qui sont démontrées intentionnellement frauduleuses.
RECOMMANDATION 9 :
Que le gouvernement du Canada, en collaboration avec les gouvernements du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, fasse le nécessaire pour que les transporteurs aériens du Nord bénéficient d’une aide financière suffisante et qu’ils puissent emprunter les routes d’accès.
RECOMMANDATION 11 :
Qu’Agriculture et Agroalimentaire Canada ainsi que Pêches et Océans Canada créent des mesures incitatives visant à attirer les travailleurs saisonniers dans les secteurs de l’agriculture et des pêches.
RECOMMANDATION 13 :
Que le gouvernement du Canada, et plus particulièrement Statistique Canada, améliore la manière dont il recueille des données et en fait rapport en y incluant des détails supplémentaires sur la région, la race, l’ethnicité et le sexe.
RECOMMANDATION 15 :
Que le ministre des Finances présente une mise à jour économique et financière exhaustive trimestrielle d’ici la fin de la crise économique et continue de présenter au Parlement ses rapports bimensuels sur les mesures d’intervention d’urgence.
RECOMMANDATION 2 :
Qu’Emploi et Développement social Canada fasse le nécessaire pour préserver l’admissibilité des travailleurs des industries saisonnières à l’assurance-emploi.
RECOMMANDATION 4 :
Que le gouvernement du Canada envisage l’adoption d’un seuil d’admissibilité progressif, ou variable, pour la Subvention salariale d’urgence du Canada, et que la subvention soit prolongée pour les secteurs les plus durement touchés.
RECOMMANDATION 6 :
Que le gouvernement du Canada envisage de modifier le Programme d’aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial afin de le rendre plus efficace et plus accessible aux petites entreprises qui éprouvent des difficultés financières.
RECOMMANDATION 8 :
Qu’Emploi et Développement social Canada envisage de verser des fonds aux établissements d’enseignement postsecondaire, au besoin, afin de leur permettre de soutenir les étudiants étrangers en difficulté.
RECOMMANDATION 10 :
Qu’Agriculture et Agroalimentaire Canada bonifie ses programmes de gestion des risques de l’entreprise, surtout le programme Agri-stabilité, dans l’ensemble des provinces et des territoires.
RECOMMANDATION 12 :
Que Services aux Autochtones Canada crée un programme de prêts et de contributions permettant de répondre adéquatement aux besoins des entreprises autochtones canadiennes, peu importe leur taille.
RECOMMANDATION 14 :
Que le gouvernement du Canada rende public de façon claire et ponctuelle le détail de son actif et de son passif, notamment en ce qui concerne l’inclusion des dettes de toutes les sociétés d’État dans ses documents officiels, comme les Comptes publics, les budgets et les mises à jour économiques et financières.
RECOMMANDATION 16 :
Que les procédures habituelles d’approbation des dépenses du gouvernement par le Parlement soient rétablies afin d’exercer une surveillance appropriée des dépenses du gouvernement.
Ottawa – Le gouvernement fédéral devrait rendre au Parlement le pouvoir d’approuver les dépenses et fournir des mises à jour fiscales et économiques trimestrielles pour la durée de la pandémie de COVID-19, a déclaré le Comité sénatorial des finances nationales dans un rapport provisoire publié mardi.
Le comité a étudié la réponse du gouvernement à la pandémie et à ses conséquences économiques. Cette réponse a été solide, et de nombreux témoins ont exprimé leur sincère gratitude pour les aides financières qui ont été rapidement mises en place et qui ont probablement permis d’éviter une crise économique plus grave. Le gouvernement a toutefois utilisé des pouvoirs extraordinaires pour atteindre ces objectifs.
Le 24 mars 2020, le Parlement a adopté le projet de loi d’initiative gouvernementale C-13, Loi sur les mesures d’urgence visant la COVID-19, qui a accordé au gouvernement un pouvoir de dépense illimité et a soustrait le gouvernement à l’obligation de demander l’approbation du Parlement pour accroître son pouvoir d’emprunt. Dans son témoignage devant le comité, le directeur parlementaire du budget a souligné que ces pouvoirs sont « sans précédent […] dans l’histoire du Canada ».
Bien que le comité reconnaisse qu’il était nécessaire au départ de réagir rapidement – et qu’il applaudit ceux qui ont travaillé fort pour lancer des programmes de soutien à grande échelle – le gouvernement continue d’utiliser ses nouveaux pouvoirs pour mettre en place des mesures de dépenses supplémentaires. Le Parlement joue un rôle fondamental dans l’examen et l’approbation des dépenses du gouvernement, et la menace que représente la COVID-19 ne semble pas vouloir s’atténuer à court terme. En conséquence, le comité recommande un retour aux pratiques parlementaires en ce qui concerne les dépenses du gouvernement.
Le comité recommande également que le gouvernement produise des mises à jour financières trimestrielles pendant toute la durée de la crise économique pour que les Canadiens, les parlementaires et les décideurs disposent de renseignements fiables sur la santé financière du pays.
Jusqu’à présent, le Canada a évité la catastrophe économique. Il doit maintenant planifier la reprise, dont dépendent les moyens de subsistance de nombreux Canadiens. Le comité se penchera sur les stratégies de reprise lorsqu’il poursuivra son étude à l’automne, et il formulera alors des recommandations sur la manière de bâtir une économie plus intelligente, plus équitable et plus durable.
En bref
- Le coût total des programmes fédéraux de soutien financier s’élève à 212 milliards de dollars et il ne cesse d’augmenter. Le gouvernement fournit également un soutien en matière de crédit et de liquidités de 686 milliards de dollars.
- Les entreprises et leurs employés ont été durement touchés par la pandémie. En réponse, le gouvernement a créé la Subvention salariale d’urgence du Canada, qui lui permet de verser 75 % des salaires des employés aux entreprises qui ont subi une baisse de 30 % de leur revenu brut. Cependant, selon certains témoins, le seuil fixé est trop élevé, et jusqu’à présent, seulement 18 milliards de dollars ont été versés dans le cadre de ce programme, qui devait initialement coûter 71 milliards de dollars. Le comité recommande l’adoption d’un seuil modulable pour cette prestation, afin que plus d’entreprises reçoivent le soutien dont elles ont besoin pour survivre.
- La Prestation canadienne d’urgence (PCU) représente une bouée de sauvetage pour les Canadiens. Elle fournit jusqu’à 2 000 $ par mois aux personnes qui ont cessé de travailler à cause de la COVID-19. Selon la formule actuelle, les personnes qui retournent au travail à temps partiel sont privées de cette prestation, même si l’assurance-emploi ne peut pas répondre à leurs besoins financiers. Le comité recommande donc de restructurer la PCU et d’en faire une prestation décroissante, basée sur le revenu, ce qui pourrait également inciter les gens à retourner au travail.
- Le comité recommande également au gouvernement d’envisager la mise en place d’un revenu de base garanti. Le directeur parlementaire du budget a déclaré aux sénateurs que si le revenu de base garanti avait été mis en place avant la pandémie, les gens auraient eu moins besoin de la Prestation canadienne d’urgence.
Citations
« Comme la vie avec la COVID-19 devient la nouvelle norme, il est important que les parlementaires s’adaptent. Le gouvernement et la fonction publique ont agi avec une rapidité louable en mettant en place des aides financières essentielles. Toutefois, le contrôle public et parlementaire des dépenses sera crucial pour la reprise économique du Canada. »
- Le sénateur Percy Mockler, président du comité
« La Prestation canadienne d’urgence a démontré la nécessité d’un soutien au revenu simple et efficace en temps d’incertitude économique. Plusieurs témoins et sénateurs suggèrent fortement d’évaluer l’instauration d’un revenu de base garanti afin de faire face à d’éventuels aléas économiques qui ne manqueront pas de survenir dans un monde post-COVID. »
- Le sénateur Éric Forest, vice-président du comité
« La pandémie a considérablement bouleversé la vie des gens partout au pays. Nous espérons que notre étude permettra d’améliorer les programmes et les services pour que tous les Canadiens participent à la reprise économique. Nous sommes impatients de présenter une vision de cette reprise dans la suite de notre étude. »
- Le sénateur David Richards, membre du comité directeur
Liens connexes
- Consultez le rapport : COVID-19 : Du soutien en temps de crise.
- Suivez le comité sur les médias sociaux à l’aide du mot-clic #NFFN.
- Abonnez-vous au Bulletin électronique du Sénat.
Renseignements
Alexandra Scott-Larouche
Agente des relations publiques | Sénat du Canada
613-614-1180 | media@sen.parl.gc.ca
Les sénateurs qui ont participé à cette étude
Percy Mockler
C - Nouveau-Brunswick
Éric Forest
GSI - Québec (Golfe)
Peter M. Boehm
GSI - Ontario
Jean-Guy Dagenais
GSC - Québec (Victoria)
Marty Deacon
GSI - Ontario (Région de Waterloo)
Pat Duncan
BRG - Yukon
Rosa Galvez
GSI - Québec (Bedford)
Peter Harder, c.p.
GPS - Ontario
Marty Klyne
GPS - Saskatchewan
Tony Loffreda
GSI - Québec (Chaouinigane)
Elizabeth Marshall
C - Terre-Neuve-et-Labrador
David Richards
C - Nouveau-Brunswick
Larry W. Smith
C - Québec (Saurel)
Membres d’office du comité : L’honorable sénateur Marc Gold, c.p. (ou Raymonde Gagné) et L’honorable sénateur Donald Plett (ou Yonah Martin)
Autres sénateurs ayant participé à l’étude : Les honorables sénateurs Dasko, Forest-Niesing, Lankin, c.p., McCallum, Miville-Dechêne, Pate et Patterson

