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COMMENT & POURQUOI
Un mariage historique : Le Sénat et la gare Union
4 octobre 2019

En février 2019, le Sénat a déménagé à l’édifice du Sénat du Canada, une ancienne gare construite en 1912. Le Sénat devrait occuper cet emplacement temporaire pendant au moins 10 ans alors que l’édifice du Centre — l’emplacement permanent du Sénat — fait l’objet d’importantes rénovations.

 Bien que l’édifice du Centre ait fermé ses portes pendant les travaux de réhabilitation, les Canadiennes et Canadiens peuvent continuer d’admirer l’architecture de l’édifice et les œuvres d’art qui s’y trouvent en effectuant une visite virtuelle du Sénat.


 

L’union du Sénat du Canada et d’un volet de l’histoire ferroviaire a quelque chose de poétique. Le Sénat et les chemins de fer ont été les deux éléments les plus déterminants de la création de la Confédération, en 1867. Aujourd’hui, ils sont réunis par le destin.

Pour la durée des travaux de réhabilitation de son emplacement permanent sur la Colline du Parlement, le Sénat est déménagé dans l’ancienne gare Union d’Ottawa, l’édifice majestueux qui est situé en face de l’hôtel Château Laurier.

 

Le sénateur Serge Joyal a signalé que le déménagement du Sénat dans une ancienne gare ferroviaire revêt un « grand symbolisme historique. »

En effet, lorsque les Pères de la Confédération ont négocié les modalités de la création du Canada, deux promesses ont particulièrement contribué à conclure l’affaire. La première était la création du Sénat, qui devait veiller à ce que les régions du pays soient représentées au Parlement. La deuxième promesse était l’établissement d’un lien ferroviaire entre les anciennes colonies britanniques afin d’assurer la sécurité des provinces.

« Si le chemin de fer n’avait pas été là pour relier les diverses régions du Canada et rallier les Canadiens dans leur volonté de bâtir le pays, il n’y aurait pas de pays, » a déclaré le sénateur Joyal.

Les anciens bains de Caracalla, à Rome, ont servi de modèle à la gigantesque salle d’attente générale.

L’histoire du Sénat et celle du chemin de fer canadien sont depuis longtemps liées. En effet, le premier projet de loi du Sénat de chaque session parlementaire est le Projet de loi S‑1, Loi concernant les chemins de fer.

« Cela symbolise essentiellement que, sans chemin de fer, le Canada n’existerait pas, » a expliqué le sénateur Joyal. « L’importance du pays est fondée sur ses chemins de fer. »

Le nom traditionnel du projet de loi S‑1 « a pour but de nous rappeler le défi que constitue le maintien des communications entre les régions du Canada et de l’égalité du développement de celles‑ci, » a‑t‑il indiqué.

La gare Union a été construite en 1912 par Grand Trunk Railway, une entreprise montréalaise qui a construit des voies ferrées du Québec à la Colombie‑Britannique, et partout dans l’Ouest des États‑Unis. La Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) a acquis cette société en 1923, époque à laquelle deux entreprises en sont arrivées à dominer le secteur ferroviaire du pays : la CN et le Chemin de fer Canadien Pacifique (CP).

Le CP a achevé de réaliser le rêve du 1er premier ministre canadien, sir John A. Macdonald, à savoir relier le pays par chemin de fer d’un océan à l’autre. C’est aussi à M. Macdonald que l’on doit l’expression « chambre de second examen objectif » pour décrire le rôle du Sénat au sein du Parlement.

En 1912, Grand Trunk Railway a construit sa gare sur la rue Rideau, à côté du canal Rideau. De l’autre côté de la rue, la société a construit l’emblématique hôtel Château Laurier, nommé d’après le premier ministre de l’époque, sir Wilfrid Laurier.

Les passagers qui y arrivaient descendaient de leur train et entraient dans ce que les architectes ont appelé la « promenade » — un passage majestueux qui traversait la gare et qui comprenait des colonnes corinthiennes, des plafonds à caissons revêtus de cuivre et des voûtes en marbre.

Les voyageurs passaient dans le hall, l’aire des arrivées qui est maintenant transformée en Chambre du Sénat. Un puits de lumière inséré dans un plafond haut de 15 mètres faisait danser les ombres et la lumière dans l’espace où déambulait la foule.

Les passagers appartenant à l’élite empruntaient un tunnel pour se rendre de la salle d’attente au Château Laurier. Cependant, la plupart des voyageurs gravissaient le somptueux escalier, empruntaient un couloir se dirigeant vers le Nord et ressortaient dans la rue, en face de l’hôtel.

La gare Union a été en service pendant 54 ans. Elle a cessé ses activités en 1966, lorsque la gare ferroviaire d’Ottawa a été transférée à son emplacement actuel, dans l’Est de la ville.

Une version antérieure de cet article a été publiée le 30 mars 2017.

Cet article fait partie d’une série sur le déménagement du Sénat du Canada.

La gare centrale Grand Trunk Railway d’Ottawa a été rebaptisée gare Union peu après sa construction en 1912. Au premier plan, on peut voir une voie ferrée qui longeait le canal Rideau vers le Nord, puis qui traversait la rivière des Outaouais par le pont Alexandra pour aller au Québec.

Autrefois, des voies ferrées de transport de passagers longeaient le canal Rideau jusqu’au centre-ville d’Ottawa. Les passagers descendaient du train à la gare Union, qui est devenue l’édifice du Sénat du Canada, dans le hangar en fer et en vitre que l’on peut voir au centre de la photo. Une gare de marchandises adjacente occupait l’espace où se trouve maintenant le Centre Rideau.

Le hall où les passagers avaient une dernière chance d’acheter un magazine ou de faire un appel téléphonique avant de monter à bord du train. C’est ce hall au plafond élevé qui est devenu la Chambre temporaire du Sénat en 2019.

Un long couloir au plafond bas menait les passagers de l’entrée de la gare Union, sur la rue Rideau, à un escalier qui descendait vers la salle d’attente générale.

 

Dans les années 1960, les voies ferrées qui longeaient le canal Rideau ont été excavées et remplacées par une route panoramique, soit l’actuelle promenade Colonel-By.