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La Tour de la Paix : la sentinelle de la Colline du Parlement

Le sommet de la Tour de la Paix du Canada. On aperçoit des gargouilles, un grand cadran d’horloge, des tourelles coniques et un toit de cuivre vert.

En février 2019, le Sénat a déménagé à l’édifice du Sénat du Canada, une ancienne gare ferroviaire construite en 1912. Le Sénat occupera cet emplacement temporaire pendant la réhabilitation de l’édifice du Centre du Parlement, la demeure permanente du Sénat.

Bien que l’édifice du Centre soit fermé pendant les travaux de réhabilitation, les Canadiens peuvent toujours découvrir son art et son architecture grâce à la visite virtuelle immersive du Sénat.


S’il est une structure qui symbolise le Canada, c’est bien la Tour de la Paix. Surplombant la Colline du Parlement, il s’agit d’un monument reconnu dans le monde entier qui est une source de fierté nationale depuis près d’un siècle.

« Il s’agit d’une véritable sentinelle, a déclaré Johanna Mizgala, conservatrice en chef de la Chambre des communes. Les gens la reconnaissent sur les photos et l’associent immédiatement à Ottawa et au Parlement. »

La silhouette familière disparaitra bientôt de la vue du public, du moins temporairement. Une structure d’échafaudages en acier de 92 mètres de haut englobera la tour pendant qu’elle subira des travaux de rénovation de la maçonnerie et de la structure dans le cadre du projet de réhabilitation de l’édifice du Centre.

Renaitre de ses cendres

La Tour de la Paix a été construite entre 1919 et 1927 pour remplacer la Tour Victoria, détruite lorsque le bâtiment original du Parlement – achevé en 1867 – a été consumé par un incendie en février 1916, deux ans après le début de la Première Guerre mondiale.

Rien du bâtiment d’origine n’a pu être sauvé, hormis la Bibliothèque du Parlement. Quoi qu’il en soit, la reconstruction d’un nouveau bâtiment du Parlement a commencé presque immédiatement et s’est déroulée à un rythme soutenu.

Conçue par les architectes John A. Pearson et Joseph-Omer Marchand, sa tour centrale culmine à 92,2 mètres, soit 37 mètres de plus que la tour précédente. Élégante et imposante, elle était à l’époque la structure la plus haute du Canada.

« Pendant des décennies, il était interdit de construire à Ottawa des bâtiments aussi hauts que la Tour de la Paix, a souligné Mme Mizgala. Il était important de préserver les lignes de vue vers la tour. »

Un conflit d’appellation

Le nom de la tour est resté en suspens pendant des années. La presse l’a souvent nommée Tour de la Victoire, mais l’architecte en chef s’en tenait à une vision plus conciliante. M. Pearson a rappelé au premier ministre William Lyon Mackenzie King que, lors de la cérémonie de pose de la pierre angulaire en 1919, le prince de Galles avait appelé la structure la Tour de la Paix, exprimant ainsi le désir d’une paix durable que plusieurs partageaient.

Le nouvel édifice du Centre, avec sa Tour de la Paix emblématique, a ouvert ses portes au public en 1927. Au total, 60 000 personnes ont assisté à la cérémonie de la fête du Canada sur la Colline du Parlement, retransmise en direct dans tout le pays.

Une sculpture située à mi-hauteur de la tour représente un soldat pleurant ses camarades tombés au combat dans une posture militaire appelée « sur vos armes renversées, reposez. » Cette figure apparait sur chacune des quatre faces de la tour.

Pour qui les cloches sonnent

La pièce maitresse de la tour, son carillon de 54 tonnes et 53 cloches, rappelle de manière imposante les sacrifices du Canada lors de la Première Guerre mondiale. L’idée d’un clocher est venue de George H. Bradbury, un sénateur du Manitoba qui avait servi comme chef de bataillon sur le front occidental. Ému par le son des cloches d’église qui résonnaient sur les champs de bataille, il proposa le carillon peu après sa nomination au Sénat en 1917, bien avant que la première pierre de la tour n’ait été posée.

Commémorer les victimes de la guerre

Au cœur de la tour se trouve la Chapelle du Souvenir, l’un des espaces les plus sacrés du Canada. La chapelle voûtée de trois étages rend hommage à ceux qui sont tombés pour le pays et abrite les Livres du Souvenir.

« M. Pearson a imaginé la Chapelle du Souvenir comme un bosquet sacré, a déclaré Mme Mizgala. Un espace éclairé par une lumière diffuse qui pénètre par des vitraux, comme si vous le voyiez à travers les branches d’un arbre. »

En son centre, un autel en pierre calcaire supporte le Livre du Souvenir de la Première Guerre mondiale, où sont inscrits les noms de plus de 66 000 Canadiens tombés au combat. Sept autres autels contiennent des volumes similaires couvrant des conflits allant de la guerre de 1812 à la mission en Afghanistan de 2001 à 2014.

« L’une des caractéristiques des Livres du Souvenir est qu’ils ne sont pas classés par ordre hiérarchique, a fait remarquer Mme Mizgala. Les généraux ne viennent pas en premier. Les noms apparaissent dans l’ordre dans lequel les soldats sont tombés au combat. »

L’attention portée par M. Pearson aux détails symboliques frise l’obsession. En 1921, il se rendit à ses frais sur les champs de bataille de France et de Belgique afin de trouver des pierres pour le projet. La pierre calcaire de Hopton Wood, offerte par le gouvernement britannique, forme l’autel central. La France a fourni la pierre du Château-Gaillard pour les murs et la voûte. La Belgique a fait don de marbre des Flandres pour les colonnes et les marches.

« C’était à l’époque où nous ne ramenions pas nos morts à la maison. Ils ont été enterrés là où ils sont tombés, a expliqué Mme Mizgala. Pour les familles qui n’auront jamais la chance de se recueillir sur la tombe de leur proche, il y a quelque chose de magnifiquement poétique dans un espace sacré qui leur permet de marcher sur le même sol qu’il a foulé. »

La Tour de la Paix est l’un des monuments les plus emblématiques du Canada et un symbole puissant de sa démocratie parlementaire.

Près du sommet de la tour, quatre gargouilles de 2,5 mètres de long dépassent des angles de la tour. Juste au-dessus d’elles se trouve le niveau d’observation à une hauteur de 60 mètres et, au-dessus, un cadran d’horloge de près de 5 mètres de large.Près du sommet de la tour, quatre gargouilles de 2,5 mètres de long dépassent des angles de la tour. Juste au-dessus d’elles se trouve le niveau d’observation à une hauteur de 60 mètres et, au-dessus, un cadran d’horloge de près de 5 mètres de large.

Une porte-cochère, une entrée couverte au-dessus d’une voie pour véhicules, forme la base de la Tour de la Paix. Des sculptures de plantes et d’animaux régionaux, de personnages historiques, de créatures mythiques et d’emblèmes provinciaux ornent l’entrée.Une porte-cochère, une entrée couverte au-dessus d’une voie pour véhicules, forme la base de la Tour de la Paix. Des sculptures de plantes et d’animaux régionaux, de personnages historiques, de créatures mythiques et d’emblèmes provinciaux ornent l’entrée.

Les 53 cloches du carillon de la Tour de la Paix occupent un espace de sept étages. L’instrument est joué à partir d’un clavier situé dans une minuscule pièce, entre les petites cloches du haut et les grandes cloches du bas. La majeure partie du carillon a été démontée en 2022; les cloches et leurs battants ont été envoyés à la fonderie de cloches Royal Eijsbouts, aux Pays-Bas, pour y être restaurés.Les 53 cloches du carillon de la Tour de la Paix occupent un espace de sept étages. L’instrument est joué à partir d’un clavier situé dans une minuscule pièce, entre les petites cloches du haut et les grandes cloches du bas. La majeure partie du carillon a été démontée en 2022; les cloches et leurs battants ont été envoyés à la fonderie de cloches Royal Eijsbouts, aux Pays-Bas, pour y être restaurés.

Le Livre du Souvenir de la Première Guerre mondiale, exposé sur un autel au centre de la Chapelle du Souvenir, contient les noms de plus de 66 000 Canadiens tombés au combat. (Source : Bibliothèque du Parlement)

Infographie de la Tour de la Paix comportant des illustrations en médaillon.

Une infographie de la Tour de la Paix met en évidence dix caractéristiques architecturales clés ainsi que les étapes importantes de la construction de la tour.Titre : L’édifice du Centre à un siècle — À la hauteur de la Colline du Parlement : la Tour de la PaixIntro : Point de repère de l’horizon d’Ottawa depuis un siècle, la Tour de la Paix disparaitra bientôt de la vue du public. Un échafaudage en acier de 92 mètres de haut enveloppera la tour, permettant aux équipes de construction d’effectuer des travaux de rénovation de la maçonnerie et de la structure de l’édifice presque centenaire dans le cadre de la réhabilitation de l’édifice du Centre. La façade en grès, la flèche en cuivre, les ornements gothiques complexes — chaque aspect de la structure sera évalué et rajeuni afin de sauvegarder le monument architectural le plus emblématique du Canada.Mât du drapeau : Un protocole strict régit la façon dont le drapeau, qui est changé tous les jours, est hissé pendant la mise en berne ou lorsque le Roi, le gouverneur général ou un membre de la famille royale se trouve sur la Colline du Parlement.Toit en cuivre : Le toit mansardé, ponctué de lucarnes, est fait de béton armé renforcé par une structure en acier et recouvert de feuilles de cuivre.Horloge : Chacun des cadrans de la tour, un par façade, a un diamètre de 4,8 mètres. Les commandes du moteur qui actionne les aiguilles des heures et des minutes sont situées dix étages plus bas.Niveau d’observation : C’était le point de vue le plus élevé d’Ottawa jusqu’à la fin des années 1960, date à laquelle une limite stricte de 45,7 mètres de hauteur a été levée pour les nouveaux bâtiments.Les gargouilles : Quatre gargouilles de 2,5 mètres de long sont ancrées profondément dans la tour pour contrebalancer leur poids énorme.Soldat en deuil : Un soldat en deuil rend hommage à ses camarades tombés au combat en adoptant une posture militaire appelée « sur vos armes renversées, reposez. »Carillon : Le carillon de 53 cloches est joué par le carillonneur du Dominion, qui actionne chaque cloche à partir d’un clavier en bois.Grotesques : Une ménagerie de musiciens fantasques perchés sur une corniche évoque la présence du carillon et le rôle de clocher de la structure.Chapelle du Souvenir : La pierre des champs de bataille utilisée pour l’autel, le sol et les colonnes de la chapelle a été offerte par les gouvernements français, belge et britannique.Entrée : L’arcade est entourée d’écus provinciaux et flanquée du lion et de la licorne des armoiries du Canada.Titre secondaire : Un monument emblématique canadien s’élève1919 : Édouard, prince de Galles (futur roi Édouard VIII), a posé la première pierre de la tour lors de sa tournée royale en septembre. À cette époque, seules les fondations avaient été construites.1921 : Le reste de l’édifice du Centre étant achevé, les travaux de la Tour de la Paix ont progressé rapidement. La tour a atteint une hauteur de 46 mètres à la fin de l’année.1925 : Après avoir atteint une hauteur de 74 mètres l’année précédente, la tour a été complétée par une flèche mansardée en béton armé recouverte de cuivre.Mai 1927 : Les 53 cloches du carillon ont voyagé d’Angleterre jusqu’au port de Montréal par bateau, puis par chemin de fer jusqu’à Ottawa. Elles sont arrivées sur la Colline du Parlement à bord d’une charrette tirée par des chevaux.Juillet 1927 : Une foule de 60 000 personnes rassemblées sur la Colline du Parlement a assisté à l’inauguration de la tour et de ses cloches de carillon le jour de la fête du Canada. L’événement a été retransmis en direct dans tout le pays.1928 : La Chapelle du Souvenir a été officiellement inaugurée le 11 novembre. Les travaux d’aménagement à l’intérieur de la tour ont été achevés en décembre, date à laquelle le public a été invité à la visiter.Sources : Bibliothèque et Archives Canada, l’Encyclopédie canadienne, Canada.ca, Sénat du Canada, Canada’s Parliament Buildings par Mark Bourrie, Building Stones of Canada’s Federal Parliament Buildingspar D.E. Lawrence, Commission géologique du Canada

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