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Le trône du Sénat à l’avant-scène à l’occasion de l’assermentation de la gouverneure générale
COMMENT & POURQUOI
Le trône du Sénat à l’avant-scène à l’occasion de l’assermentation de la gouverneure générale
2 octobre 2017

La cérémonie d’État la plus importante du Canada a eu lieu au Sénat cette semaine, réaffirmant le pouvoir de la Couronne et mettant à l’honneur l’un des trésors artistiques les plus précieux de notre pays.

Lundi, l’ingénieure et astronaute Son Excellence la très honorable Julie Payette a pris ses fonctions en tant que 29e gouverneure générale du Canada. Elle succède ainsi au très honorable David Johnston comme représentant de la chef d’État du Canada, la reine Élisabeth II, héritant d’une série de fonctions protocolaires, comme la convocation, la prorogation et la dissolution du Parlement, la lecture du discours du Trône ainsi que l’octroi de la sanction royale.

L’installation d’un nouveau gouverneur général a lieu environ tous les cinq ans. À cette occasion, le trône du monarque est toujours à l’avant-scène.

Le trône du monarque et son compagnon moins imposant, ont été sculptés en 1878 pour le marquis de Lorne, quatrième gouverneur général du Canada, et son épouse, la princesse Louise.

Le trône et son compagnon moins imposant, , le trône du conjoint, ont été commandés en 1878 lorsque le marquis de Lorne a été nommé quatrième gouverneur général du Canada. Lui et son épouse, la princesse Louise, quatrième fille de la reine Victoria, étaient les premiers membres de la royauté à occuper Rideau Hall. Ils ont donné un prestige sans précédent à la ville d’Ottawa durant l’ère victorienne et sont devenus immensément populaires, organisant des fêtes de patinage et des bals somptueux.

Les remarquables trônes de chêne blanc ont été sculptés par Holbrook et Mollington, alors l’atelier le plus prisé au pays, pour la somme de 329,70 $ — soit l’équivalent de 15 000 $ aujourd’hui. L’entreprise, qui s’était taillé une réputation grâce à ses travaux à la Bibliothèque du Parlement 15 ans auparavant, a reproduit la même exubérance néo-gothique sur les trônes. Les motifs végétaux y abondent – feuilles de chêne, roses anglaises et chardons écossais. Des têtes sculptées figurent de chaque côté représentant les assistants royaux. Des lions et des licornes, symbolisant l’Angleterre et l’Écosse, ornent les dossiers à pignons. Le trône le plus imposant porte les armoiries du Royaume-Uni, et celui le moins imposant, les armoiries de la princesse Louise.

Le trône du monarque s’élève derrière le fauteuil du Président, dans la Chambre originale du Sénat de 1867. (Bibliothèque et Archives Canada)

À la fin du mandat de Lorne, le gouvernement canadien a envoyé le plus petit trône en Angleterre en guise de présent à la princesse Louise. Le plus gros trône est demeuré sur la Colline du Parlement, où il a survécu à l’incendie de 1916, et a été déplacé temporairement en même temps que le Sénat au Musée commémoratif Victoria d’Ottawa, aujourd’hui le Musée canadien de la nature. À la réouverture de l’édifice du Centre, après sa reconstruction, en 1922, le trône a retrouvé sa place à l’extrémité nord de la nouvelle Chambre.

Le trône du conjoint a été retourné au Canada à temps pour la visite royale du roi George VI et de la reine Élisabeth, la Reine-Mère, en 1939. La reine Élisabeth II a pris place à deux reprises dans le trône du monarque, soit lorsqu’elle a inauguré la législature en 1957 et lorsqu’elle a lu le discours du Trône à l’occasion de son jubilé d’argent en 1977.

« Les trônes sont des héritages canadiens d’une valeur inestimable », explique le Président du Sénat, George J. Furey. « Beaucoup de sculptures précieuses du 19e siècle ont été détruites dans l’incendie de 1916. Les trônes sont parmi les quelques objets qui nous rattachent à l’édifice du Centre original. »

 

Les trônes du monarque et de son conjoint occupent une estrade à l’extrémité nord de la Chambre du Sénat.

Le trône du monarque porte les armoiries du Royaume-Uni.

Le trône du conjoint porte les armoiries de la princesse Louise, fille de la reine Victoria.

La reine Élisabeth II et le prince Philip, duc d’Édimbourg, lors de l’ouverture du Parlement en 1957. (Bibliothèque et Archives Canada)