Couper dans la recherche agricole nuira à la croissance des exportations du Canada : sénateur Lewis

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L’agriculture est un important moteur économique au Canada. En 2025, le secteur canadien de l’agriculture et de l’alimentation a généré 150 milliards de dollars de notre PIB et plus de 100 milliards de dollars en exportations, et a soutenu un emploi sur neuf.
Un aperçu du secteur sur le site Web d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) énumère les avantages qui peuvent contribuer à faire de notre pays un chef de file en matière de production et de transformation d’aliments : une abondance de terres et de ressources en eau, un accès aux marchés internationaux, de solides capacités de recherche et développement, une excellente réputation mondiale en tant que fournisseur fiable d’aliments salubres et de grande qualité, et de solides intendants des terres. L’aperçu indique également que le secteur agricole et agroalimentaire est l’un des secteurs présentant le plus fort potentiel de croissance économique au Canada.
Mais, AAC compromet maintenant l’un des avantages qu’il faisait valoir, soit nos importantes capacités en matière de recherche et développement.
Depuis plus d’un siècle (en anglais seulement), les centres de recherche et de développement et les fermes expérimentales du Canada contribuent aux progrès réalisés dans la gestion des sols, la productivité des cultures et des animaux, la protection et l’utilisation des ressources, la biotechnologie, ainsi que la transformation et la qualité des aliments.
En janvier, AAC a confirmé son intention de fermer trois centres de recherche et de développement (en anglais seulement), à savoir ceux de Québec, au Québec; de Guelph, en Ontario; et de Lacombe, en Alberta. Le ministère a également annoncé la fermeture de quatre fermes de recherche satellites, soit celles de Nappan, en Nouvelle-Écosse; de Scott, en Saskatchewan; d’Indian Head, en Saskatchewan; et de Portage la Prairie, au Manitoba. Le 10 février 2026, le sous-ministre d’AAC, Lawrence Hanson, a déclaré au Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Chambre des communes que ces fermetures sont un exercice de réduction des dépenses. Les installations sont coûteuses à exploiter; il est préférable de les regrouper afin de réduire les frais généraux.
Mais le fait que ces installations soient réparties dans l’ensemble du pays est une caractéristique, et non un problème. La capacité d’une région à soutenir l’agriculture dépend de plusieurs facteurs, notamment la composition du sol, la disponibilité de l’eau et des terres, la température, les pollinisateurs, l’ensoleillement et la couverture neigeuse. Ces facteurs varient naturellement d’une région à l’autre du Canada, et même d’une province à l’autre.
Ce qui pousse bien à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard, ne pousse pas nécessairement bien à Gray, en Saskatchewan, où je vis et où je pratique l’agriculture. La recherche régionale revêt une importance évidente pour les agriculteurs locaux, mais elle peut également déboucher sur des percées scientifiques, car les résultats obtenus dans une région sont comparés à ceux observés dans une autre. La diversité environnementale est particulièrement importante pour tester les nouvelles variétés de cultures afin de déterminer la résistance aux maladies dans des conditions naturelles.
Je comprends la nécessité de réduire les dépenses du gouvernement fédéral, mais AAC n’a pas connu la même croissance que les autres ministères. Un communiqué de presse du syndicat représentant les employés d’AAC mentionne d’ailleurs ce qui suit à cet effet : « Alors que la fonction publique fédérale a, dans l’ensemble, connu une croissance de 30 % au cours des dernières années, ce n’est pas le cas pour AAC. Les effectifs à AAC ont diminué de 14 % entre 2012 et 2025. »
Le budget de 2025 du premier ministre Mark Carney fixe comme objectif de doubler les exportations vers des marchés autres que les États-Unis au cours de la prochaine décennie, ce qui générerait 300 milliards de dollars de plus en échanges commerciaux. La recherche agricole peut contribuer à l’atteinte de cet objectif.
Comme le souligne un rapport de recherche de l’Institut canadien des politiques agroalimentaires, le système canadien de recherche et développement en agriculture est depuis longtemps un important facteur de réussite : « L’ascension du canola, dont la valeur atteint désormais 30 milliards de dollars, la croissance soutenue de la productivité du secteur laitier et de nombreuses nouvelles variétés de cultures témoignent de cet héritage. Ces gains sont le fruit d’un système bien financé et coordonné entre les gouvernements, l’industrie et le milieu universitaire. »
Cette coordination existante représente une occasion. Lors de la réunion du Comité de l’agriculture de la Chambre des communes, le député libéral Paul Connors a demandé aux fonctionnaires ce que le gouvernement compte faire de ces propriétés et de ces actifs. Le sous-ministre adjoint Alain Lagacé a répondu que les actifs seraient d’abord proposés à d’autres ministères, puis aux gouvernements provinciaux et territoriaux.
Le gouvernement fédéral devrait plutôt affecter ces actifs à la poursuite de la recherche agricole par l’industrie et le milieu universitaire. Au moins un organisme à but non lucratif est déjà bien placé pour cette transition : l’Indian Head Agricultural Research Foundation gère à la fois un programme de recherche et de démonstration sur petites parcelles et un programme à l’échelle du terrain sur 1 200 acres à la ferme expérimentale d’Indian Head.
L’herbe est plus verte là où on l’arrose. Pour répondre aux ambitions du premier ministre d’accroitre les exportations canadiennes, il est nécessaire de maintenir les capacités de recherche agricole. Si le gouvernement n’a pas l’intention de financer le maintien des activités de ces fermes et centres de recherche, il doit au moins permettre à l’industrie, aux organismes sans but lucratif et aux universités d’en faire l’acquisition.
Le sénateur Todd Lewis représente la Saskatchewan au Sénat. Avec ses proches, il exploite la ferme qui appartient à sa famille depuis cinq générations à Gray, en Saskatchewan.
Cet article a été publié le 19 février 2026 dans le Hill Times (en anglais seulement).
L’agriculture est un important moteur économique au Canada. En 2025, le secteur canadien de l’agriculture et de l’alimentation a généré 150 milliards de dollars de notre PIB et plus de 100 milliards de dollars en exportations, et a soutenu un emploi sur neuf.
Un aperçu du secteur sur le site Web d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) énumère les avantages qui peuvent contribuer à faire de notre pays un chef de file en matière de production et de transformation d’aliments : une abondance de terres et de ressources en eau, un accès aux marchés internationaux, de solides capacités de recherche et développement, une excellente réputation mondiale en tant que fournisseur fiable d’aliments salubres et de grande qualité, et de solides intendants des terres. L’aperçu indique également que le secteur agricole et agroalimentaire est l’un des secteurs présentant le plus fort potentiel de croissance économique au Canada.
Mais, AAC compromet maintenant l’un des avantages qu’il faisait valoir, soit nos importantes capacités en matière de recherche et développement.
Depuis plus d’un siècle (en anglais seulement), les centres de recherche et de développement et les fermes expérimentales du Canada contribuent aux progrès réalisés dans la gestion des sols, la productivité des cultures et des animaux, la protection et l’utilisation des ressources, la biotechnologie, ainsi que la transformation et la qualité des aliments.
En janvier, AAC a confirmé son intention de fermer trois centres de recherche et de développement (en anglais seulement), à savoir ceux de Québec, au Québec; de Guelph, en Ontario; et de Lacombe, en Alberta. Le ministère a également annoncé la fermeture de quatre fermes de recherche satellites, soit celles de Nappan, en Nouvelle-Écosse; de Scott, en Saskatchewan; d’Indian Head, en Saskatchewan; et de Portage la Prairie, au Manitoba. Le 10 février 2026, le sous-ministre d’AAC, Lawrence Hanson, a déclaré au Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Chambre des communes que ces fermetures sont un exercice de réduction des dépenses. Les installations sont coûteuses à exploiter; il est préférable de les regrouper afin de réduire les frais généraux.
Mais le fait que ces installations soient réparties dans l’ensemble du pays est une caractéristique, et non un problème. La capacité d’une région à soutenir l’agriculture dépend de plusieurs facteurs, notamment la composition du sol, la disponibilité de l’eau et des terres, la température, les pollinisateurs, l’ensoleillement et la couverture neigeuse. Ces facteurs varient naturellement d’une région à l’autre du Canada, et même d’une province à l’autre.
Ce qui pousse bien à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard, ne pousse pas nécessairement bien à Gray, en Saskatchewan, où je vis et où je pratique l’agriculture. La recherche régionale revêt une importance évidente pour les agriculteurs locaux, mais elle peut également déboucher sur des percées scientifiques, car les résultats obtenus dans une région sont comparés à ceux observés dans une autre. La diversité environnementale est particulièrement importante pour tester les nouvelles variétés de cultures afin de déterminer la résistance aux maladies dans des conditions naturelles.
Je comprends la nécessité de réduire les dépenses du gouvernement fédéral, mais AAC n’a pas connu la même croissance que les autres ministères. Un communiqué de presse du syndicat représentant les employés d’AAC mentionne d’ailleurs ce qui suit à cet effet : « Alors que la fonction publique fédérale a, dans l’ensemble, connu une croissance de 30 % au cours des dernières années, ce n’est pas le cas pour AAC. Les effectifs à AAC ont diminué de 14 % entre 2012 et 2025. »
Le budget de 2025 du premier ministre Mark Carney fixe comme objectif de doubler les exportations vers des marchés autres que les États-Unis au cours de la prochaine décennie, ce qui générerait 300 milliards de dollars de plus en échanges commerciaux. La recherche agricole peut contribuer à l’atteinte de cet objectif.
Comme le souligne un rapport de recherche de l’Institut canadien des politiques agroalimentaires, le système canadien de recherche et développement en agriculture est depuis longtemps un important facteur de réussite : « L’ascension du canola, dont la valeur atteint désormais 30 milliards de dollars, la croissance soutenue de la productivité du secteur laitier et de nombreuses nouvelles variétés de cultures témoignent de cet héritage. Ces gains sont le fruit d’un système bien financé et coordonné entre les gouvernements, l’industrie et le milieu universitaire. »
Cette coordination existante représente une occasion. Lors de la réunion du Comité de l’agriculture de la Chambre des communes, le député libéral Paul Connors a demandé aux fonctionnaires ce que le gouvernement compte faire de ces propriétés et de ces actifs. Le sous-ministre adjoint Alain Lagacé a répondu que les actifs seraient d’abord proposés à d’autres ministères, puis aux gouvernements provinciaux et territoriaux.
Le gouvernement fédéral devrait plutôt affecter ces actifs à la poursuite de la recherche agricole par l’industrie et le milieu universitaire. Au moins un organisme à but non lucratif est déjà bien placé pour cette transition : l’Indian Head Agricultural Research Foundation gère à la fois un programme de recherche et de démonstration sur petites parcelles et un programme à l’échelle du terrain sur 1 200 acres à la ferme expérimentale d’Indian Head.
L’herbe est plus verte là où on l’arrose. Pour répondre aux ambitions du premier ministre d’accroitre les exportations canadiennes, il est nécessaire de maintenir les capacités de recherche agricole. Si le gouvernement n’a pas l’intention de financer le maintien des activités de ces fermes et centres de recherche, il doit au moins permettre à l’industrie, aux organismes sans but lucratif et aux universités d’en faire l’acquisition.
Le sénateur Todd Lewis représente la Saskatchewan au Sénat. Avec ses proches, il exploite la ferme qui appartient à sa famille depuis cinq générations à Gray, en Saskatchewan.
Cet article a été publié le 19 février 2026 dans le Hill Times (en anglais seulement).