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L’avenir de la robotique – Les patients exigeront des services pour leurs soins de santé aussi rapides que ceux pour l’entretien de leur voiture : Sénateur Eggleton et Sénateur Ogilvie
L’avenir de la robotique – Les patients exigeront des services pour leurs soins de santé aussi rapides que ceux pour l’entretien de leur voiture : Sénateur Eggleton et Sénateur Ogilvie
1 décembre 2017
OPINIONS
Image of Art Eggleton
Art Eggleton, Ontario

Une révolution technologique se profile à l’horizon pour notre système de soins de santé.

Elle améliorera la rapidité et l’exactitude des diagnostics.

Elle transformera les soins à domicile et donnera aux chirurgiens les outils nécessaires pour effectuer des opérations à distance.

Elle représentera, pour le Canada, une occasion de bâtir un meilleur système de soins de santé, plus efficace et moins coûteux.

Grâce à la robotique, l’intelligence artificielle et l’impression en 3D, les patients pourront, au quotidien, prévoir l’arrivée d’une crise cardiaque, être avisés en cas de carence en insuline ou recevoir un membre artificiel en quelques heures. 

Les gens en viendront à exiger le même niveau de service pour leur santé que celui qu’ils reçoivent pour l’entretien de leur voiture. Peu importe le trouble dont ils sont atteints, ils voudront un remède le jour même et non dans plusieurs mois ou plusieurs années. 

De nos jours, même si vous réussissez à prendre rendez-vous avec le chirurgien le plus brillant sur terre, rien ne vous garantit que vous arriverez à le rencontrer avant qu’il ne soit trop tard.

Bref, l’avènement de l’intelligence artificielle en médecine signifiera que les patients seront moins disposés à attendre avant d’obtenir un traitement. Il faudra beaucoup de planification et des changements considérables devront être apportés à la culture institutionnelle actuelle si nous voulons que notre système de soins de santé puisse s’adapter à cette demande.

Les chercheurs canadiens ont fait un travail remarquable pour nous amener là où nous sommes aujourd’hui, et le gouvernement doit encourager ce dynamisme et cet esprit d’innovation ainsi qu’en tirer profit.

Sur une période de quatre mois, les membres du Comité sénatorial des affaires sociales, des sciences et de la technologie ont écouté avec fascination les témoignages de spécialistes et ont visité des universités et des hôpitaux de la région d’Ottawa où l’on met au point ces technologies. 

Nous avons observé l’impression en 3D d’une attelle pour maintenir en place un poignet fracturé. En 15 minutes, à l’aide d’un appareil portatif, l’attelle était prête.

La principale recommandation que nous formulons dans notre nouveau rapport sur les répercussions potentielles de l’intelligence articifielle, de la robotique et de l’impression en 3D sur les soins de santé vise à ce que le gouvernement fédéral organise régulièrement une conférence nationale qui regrouperait un vaste éventail de professionnels du système de soins de santé, de représentants gouvernementaux, de communautés autochtones et, bien sûr, de chercheurs qui conçoivent et perfectionnent ces technologies. 

La première conférence servirait à mettre sur pied des groupes d’experts qui représenteraient les différents intervenants, ainsi qu’un secrétariat chargé de coordonner les travaux et de faire état des progrès au gouvernement fédéral.

Nous avons opté pour cette voie puisque le Canada doit demeurer à la fine pointe de ces technologies et doit rester au courant des enjeux éthiques et sociaux qui découleront assurément de ces innovations.

Nous nous préoccupons évidemment de la protection des renseignements personnels des patients, tout comme nous sommes d’avis que les humains doivent demeurer en position de contrôle. Nous envisageons les robots comme des assistants mécaniques aux professionnels de la santé et aux travailleurs sociaux, qui s’occuperont ainsi des nombreuses tâches répétitives et routinières. Les robots ne devraient pas être en charge.

On observera, au sein du système de soins de santé, des pertes d’emplois, la création de nouveaux emplois et des changements dans les tâches de postes actuels. La révolution technologique qu’a connue la société en général au cours des vingt dernières années montre que ce type de bouleversements est inévitable.

Il nous faudra surtout former et sensibiliser les professionnels de la santé et les patients pour qu’ils puissent avoir confiance en ces nouvelles technologies. Par exemple, si l’intelligence artificielle a un avis différent que le médecin au sujet d’un diagnostic ou d’un traitement, lequel des deux le patient croira-t-il? Le médecin sera-t-il disposé à accepter que le robot ait peut-être raison?

Nous n’avons pas la réponse à toutes les questions — et personne ne peut prétendre les avoir —, mais d’après tous les témoignages que nous avons entendus, une chose est certaine : nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre que ces changements se produisent. Nous devons être proactifs, et nous devons être prêts.

Le sénateur Kelvin Kenneth Ogilvie est président du Comité sénatorial des affaires sociales, des sciences et de la technologie. Le sénateur Art Eggleton, C.P., en est le vice-président. 

Cet article a été publié le 13 novembre, 2017 dans le journal Le Soleil.