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Respectés et protégés : Vers l'établissement d'un cadre régissant les droits de la personne des Autochtones

Le gouvernement du Canada devrait déposer un projet de loi visant l’établissement d’un poste d’ombudsman et d’un tribunal des droits de la personne des Autochtones.

Sommaire

Le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones publie le présent rapport, intitulé Respectés et protégés : Vers l'établissement d'un cadre régissant les droits de la personne des Autochtones, afin de conseiller le gouvernement du Canada, qui envisage de mettre en place une nouvelle institution. Les recommandations du comité s’appuient sur les contributions de 46 témoins qui ont réfléchi au mandat et aux pouvoirs éventuels d’un nouveau mécanisme de défense des droits de la personne des Autochtones.

Le comité formule huit recommandations qui visent à promouvoir, à observer, à protéger et à faire respecter les droits de la personne des femmes, des filles et des personnes 2SLGBTQI+ autochtones disparues et assassinées. Les témoins entendus par le comité ont convenu de la nécessité d’établir un mécanisme de défense des droits de la personne des Autochtones et ont recommandé plusieurs façons d’améliorer le système actuel de protection des droits de la personne et son fonctionnement.

La recommandation fondamentale que le comité présente dans ce rapport est la suivante : le gouvernement du Canada devrait déposer un projet de loi visant l’établissement d’un poste d’ombudsman et d’un tribunal des droits de la personne des Autochtones. Le comité est d’avis que ce mécanisme devrait être régi, dirigé et exécuté par des Autochtones et qu’il devrait avoir le pouvoir d’enquêter, d’exiger des informations, de mener des enquêtes systémiques, de faciliter la résolution des plaintes et de fournir des services de sensibilisation et d’aide juridique. Le nouveau mécanisme devrait permettre de rendre et d’appliquer des ordonnances contraignantes, y compris en cas de réparations, et d’octroyer des dépens. Il devrait être indépendant, transparent et fondé sur les principes inscrits dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et les Principes de Paris des Nations Unies. En définitive, toute institution du genre devrait s’appuyer sur les traditions, les cultures et les lois des peuples autochtones.

Nous espérons sincèrement que le gouvernement du Canada répondra à l’une des constatations principales de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, soit celle qui traite de la nécessité de mieux promouvoir, observer, protéger et faire respecter les droits de la personne des Autochtones.

Recommandations

Recommandation 1

Une lacune dans les données concernant les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées empêche la population de saisir la crise dans toute son ampleur et limite la mise en place de solutions efficaces contre la violence. Par conséquent, le comité présente la recommandation suivante :

Que le gouvernement du Canada veille à ce que des données et des informations sur les Autochtones soient rassemblées, consultées et utilisées par les peuples autochtones à des fins de responsabilisation et de transparence.


Recommandation 2

Dans le but de mettre à la disposition des femmes et des filles autochtones et des personnes 2SLGBTQI+ des informations de meilleure qualité, et dans un souci de transparence et de responsabilisation, le comité recommande :

  • Que Statistique Canada présente au comité des rapports d’étape semestriels à partir de juin 2025 sur son projet de norme de données sur les personnes disparues;
  • Que Statistique Canada remette au comité des rapports d’étape semestriels à partir de juin 2025 et lui communique des résultats préliminaires concernant le Plan d’action pour les données désagrégées;
  • Que Statistique Canada accorde plus de fonds pour Juristat, pour la réalisation d’une analyse approfondie des données désagrégées relatives aux Autochtones, en fonction des priorités des gouvernements, des organisations et des femmes, des filles et des personnes 2SLGBTQI+ autochtones;

Que Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada donne au comité un aperçu des résultats statistiques et des données du Programme d’initiatives liées aux données et à la recherche dirigées par des Autochtones.


Recommandation 3

Par conséquent, le comité recommande :

Que la Commission canadienne des droits de la personne, en partenariat avec les peuples autochtones, mène de vastes consultations afin de recenser les obstacles qui empêchent les Autochtones de lui présenter des plaintes, et qu’elle élabore une stratégie dirigée par les Autochtones qui est inclusive et tient compte de la culture afin d’éliminer ces obstacles et d’accroître l’accès à la justice.

Que la Commission canadienne des droits de la personne remette au comité, à compter de juin 2025, des rapports d’étape semestriels sur les progrès accomplis en vue d’éliminer graduellement les obstacles auxquels se butent les Autochtones.


Recommandation 4

Par conséquent, le comité recommande :

Que le gouvernement du Canada présente des modifications à la Loi canadienne sur les droits de la personne afin de mieux soutenir tous les plaignants, notamment afin de :

  • faire référence à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et aux obligations internationales du Canada en matière de droits de la personne afin que ces instruments guident l’interprétation et l’application de la loi;
  • élargir le mandat de la Commission canadienne des droits de la personne pour lui permettre d’appuyer les particuliers qui présentent des plaintes pour discrimination systémique devant le Tribunal canadien des droits de la personne;

explorer le besoin d’augmenter le montant limite du dédommagement pour la douleur et la souffrance que peut accorder le Tribunal canadien des droits de la personne.

Recommandation 5

Que le gouvernement du Canada veille à ce que la Commission canadienne des droits de la personne et le Tribunal canadien des droits de la personne soient financés adéquatement et à ce que la Commission canadienne des droits de la personne reçoive des fonds additionnels pour lui permettre de s’acquitter des responsabilités additionnelles proposées à la recommandation précédente afin d’apporter un soutien aux particuliers qui présentent des plaintes pour discrimination systémique.


Recommandation 6

Que le gouvernement du Canada informe le comité de tous les efforts déployés en vue de la mise en œuvre de la Déclaration américaine sur les droits des peuples autochtones et des instruments interaméricains connexes liés aux droits de la personne.


Recommandation 7

Que le gouvernement du Canada dépose un projet de loi qui :

  • constitue le Bureau de l’ombudsman et le Tribunal des droits de la personne des Autochtones, qui prendraient appui sur l’expertise, les lois, les valeurs culturelles des Autochtones et les droits énoncés dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, et qui répondraient aux normes minimales en matière de surveillance des actions des États comme celles énoncées dans les Principes de Paris des Nations Unies et les Principes de Venise;
  • place le développement, le leadership et la gouvernance du Bureau de l’ombudsman et du Tribunal des droits de la personne des Autochtones entre les mains de diverses populations autochtones;
  • autorise l’Ombudsman des droits de la personne des Autochtones à enquêter, à exiger des documents, des informations et des témoignages, à mener des enquêtes systémiques, à faciliter la résolution des plaintes, y compris les plaintes liées à des représailles, et à fournir des services de sensibilisation et d’aide juridique;
  • permet au Tribunal des droits de la personne des Autochtones d’établir ses propres procédures opérationnelles, d’offrir des réparations (y compris en cas de représailles), d’imposer des sanctions, de rendre et d’appliquer des ordonnances contraignantes et d’octroyer des dépens;
  • fait en sorte que l’Ombudsman des droits de la personne des Autochtones ait une portée régionale et soit accessible aux peuples autochtones dans leurs langues.

Recommandation 8

Le comité recommande également que Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada présente au comité, à compter de juin 2025, des rapports d’étape semestriels décrivant les mesures prises en vue de la mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport sur l’appel à la justice 1.7.

Communiqué

Ottawa – Selon le rapport que le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones a publié le jeudi 12 décembre 2024, il faudrait créer un nouveau poste d’ombudsman et un tribunal des droits de la personne des Autochtones dirigés et administrés par des Autochtones pour répondre aux besoins urgents qui ne sont pas couverts par les mécanismes dont dispose actuellement le Canada en matière de protection des droits de la personne.

Les droits de la personne des Autochtones doivent être défendus, protégés et respectés. Selon les témoignages entendus, les peuples autochtones ont besoin d’une nouvelle structure parce que les mécanismes actuels de défense des droits de la personne sont rarement dirigés par des Autochtones ou adaptés à leur culture, et que la discrimination se poursuit en raison des longues périodes d’attente à la Commission canadienne des droits de la personne et au Tribunal canadien des droits de la personne.

Ce nouveau mécanisme de défense des droits de la personne des Autochtones devrait s’appuyer sur le savoir traditionnel, les lois et les pratiques de résolution des différends des peuples autochtones. Le comité partage le point de vue des témoins qui estiment que la création, la direction et l’administration des nouveaux mécanismes devraient être confiées à diverses populations autochtones. 

Pour qu’il soit efficace, ce nouveau mécanisme devra être investi de forts pouvoirs. Le comité recommande que soient confiés au Bureau de l’ombudsman et au Tribunal des droits de la personne des Autochtones le pouvoir, entre autres, de mener des enquêtes systémiques, d’exiger des documents et de convoquer des témoins.

En bref

Citations

« Les peuples autochtones méritent un mécanisme de défense des droits de la personne qui protège leurs droits et répond à leurs besoins. Les mécanismes actuels sont loin d’être suffisants. »

– Le sénateur Brian Francis, président du comité

« Nous demandons instamment au gouvernement fédéral de créer un tribunal efficace, dirigé par des Autochtones, adapté à leur culture et doté des pouvoirs nécessaires pour rendre des décisions exécutoires et ordonner des solutions concrètes. »

– Le sénateur David M. Arnot, vice-président du comité

« Les témoins se sont dits très inquiets de la façon dont le Canada défend les droits des Autochtones. En fait, il est très urgent de créer un poste d’ombudsman et un tribunal dirigé par des Autochtones. »

– Le sénateur Paul (PJ) Prosper, membre du Sous-comité du programme et de la procédure

Liens connexes

Pour de plus amples renseignements 
Chelsea DeFazio
Agente de communications | Sénat du Canada
343-576-1481 | chelsea.defazio@sen.parl.gc.ca

Sénateurs qui ont participé à cette étude

Brian Francis

Brian Francis
GPS - Île-du-Prince-Édouard

David M. Arnot

David M. Arnot
GSI - Saskatchewan

Mary Coyle

Mary Coyle
GSI - Nouvelle-Écosse (Antigonish)

Margo Greenwood

Margo Greenwood
GSI - Colombie-Britannique

Nancy J. Hartling

Nancy J. Hartling
GSI - Nouveau-Brunswick

Yonah Martin

Yonah Martin
C - Colombie-Britannique

John M. McNair

John M. McNair
GSI - Nouveau-Brunswick

Donald Neil Plett

Donald Neil Plett
C - Manitoba (Landmark)

Paul (PJ) Prosper

Paul (PJ) Prosper
GSC - Nouvelle-Écosse

Karen Sorensen

Karen Sorensen
GPS - Alberta

Scott Tannas

Scott Tannas
GSC - Alberta

Judy A. White

Judy A. White
GPS - Terre-Neuve-et-Labrador

Membres d’office du comité : L’honorable Marc Gold c.p. ou l’honorable Patti LaBoucane-Benson, l’honorable Donald Neil Plett ou l’honorable Yonah Martin, l’honorable Raymonde Saint-Germain ou l’honorable Bernadette Clement, l’honorable Scott Tannas ou l’honorable Rebecca Patterson, l’honorable Pierre J. Dalphond ou l’honorable Judy A. White

Autres sénateurs ayant participé à l’étude : L’honorable Michèle Audette, l’honorable Gwen Boniface, l’honorable René Cormier, l’honorable Renée Dupuis (retraitée en janvier 2024), l’honorable Patti LaBoucane-Benson, l’honorable Dennis Glen Patterson (retraité en décembre 2023)

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