Rapport
Résumé
Le Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts (le comité) a réalisé une étude à long terme sur le problème grandissant des feux de forêt au Canada et les effets que ces feux ont sur l’industrie forestière et l’agriculture, ainsi que sur les collectivités rurales et autochtones, à l’échelle du pays.
De 1981 à 2018, plus de 300 000 feux de forêt ont entraîné au-delà de 400 000 évacuations, y compris l’incendie de 2016 à Fort McMurray, qui a déplacé près de 90 000 personnes et causé des pertes matérielles d’environ 9,5 milliards de dollars[2]. Au cours de la dernière décennie, le Canada a enregistré en moyenne plus de 5 000 feux de forêt par an, qui ont brûlé environ 2,9 millions d’hectares chaque année[3]. Au cours d’une seule année récente – 2023 –, les feux de forêt ont ravagé 14,6 millions d’hectares de terres à travers le Canada, pulvérisant les records précédents tant à l’échelle nationale que régionale. La figure 1 illustre l’étendue cumulative de la Composite nationale des superficies brûlées pour la période de 1972 à 2024.
Trois saisons consécutives de feux de forêt sans précédent — 2023, 2024 et 2025 — ont prouvé que les changements climatiques aggravent le comportement du feu au-delà de la capacité des systèmes actuels. Les feux de forêt constituent désormais une crise.
« Nous avons évalué comment les gouvernements peuvent mieux se préparer à l’escalade des risques de feux de forêt. Les données probantes montrent de façon écrasante que des saisons de feux de forêt de plus en plus intenses constituent maintenant un défi économique, social et de santé publique majeur qui nécessite une action urgente et coordonnée à une échelle beaucoup plus grande que ce qui se fait actuellement ».
Ryan Ness [1]
Le comité a entendu que des millions de Canadiens sont exposés à la fumée toxique des feux de forêt continuellement pendant des jours, des semaines ou, parfois, des mois. Ses répercussions sur la santé physique et sur la santé mentale sont considérables, particulièrement pour les enfants, les femmes enceintes, les aînés, les personnes atteintes de maladies chroniques et les collectivités autochtones dans les régions éloignées qui, souvent, n’ont qu’un accès limité à des espaces leur offrant de l’air sain et à du soutien à long terme en matière de santé mentale. Les coûts économiques de la fumée provenant des feux de forêt sont aujourd’hui supérieurs au coût des mesures de lutte contre les feux.
Les collectivités autochtones, qui côtoient le feu depuis des millénaires, n’ont toujours pas les ressources dont elles ont besoin, en plus d’être souvent reléguées au second plan. Nombre d’entre elles ont vécu à répétition des évacuations, la destruction de leurs maisons et des pertes économiques à long terme. Malgré leur vaste connaissance du feu, les pompiers autochtones sont confrontés à divers obstacles lorsque vient le temps de participer pleinement à la gestion des feux de forêt et aux interventions d’urgence. Il est impératif de renforcer la gouvernance par les Autochtones, leur formation, leur accès à l’équipement et leur financement à long terme.
Piliers économiques des régions rurales et nordiques, les secteurs de la foresterie et de l’agriculture sont également à la croisée des chemins. En effet, les feux de forêt réduisent les stocks de bois d’œuvre, endommagent les infrastructures, perturbent les chaînes d’approvisionnement et nuisent à la survie des collectivités qui dépendent de la forêt. Pour leur part, les producteurs agricoles perdent du bétail, des récoltes, de l’équipement et des terres. De plus, ils sont confrontés à une augmentation de leurs frais d’assurance, et les programmes de gestion des risques de l’entreprise ne réagissent pas assez rapidement en cas d’urgence créée par des feux de forêt. S’ils ne parviennent pas à s’adapter de manière significative, ces secteurs continueront de subir des pertes considérables et durables.
Le comité a appris qu’il n’y a pas, au Canada, d’entité centrale chargée de s’occuper de la préparation aux feux de forêt, de la lutte contre les feux et du rétablissement après le passage des feux. Les provinces et territoires gèrent la lutte contre les feux de forêt, tandis que des ministères fédéraux s’occupent de la coordination en cas d’urgence, des avis scientifiques et du financement. Les municipalités, pour leur part, doivent composer avec des ressources limitées, notamment en matière de moyens d’évacuation adéquats et de formation offerte aux pompiers. Les difficultés de coordination contribuent directement à de longs délais de réaction, à une planification incohérente, à un accès inégal aux ressources matérielles et humaines et à un système qui se mobilise uniquement après qu’un désastre est en cours. Tous ces éléments ne permettent pas de suivre le rythme effréné de la crise actuelle des feux de forêt.
« Au cours de la dernière décennie, les Canadiens ont connu de nombreuses saisons d’incendies extrêmement destructrices. Malheureusement, la modélisation des changements climatiques laisse présager une aggravation de la situation à l’avenir. Températures plus élevées, saisons d’incendies plus longues, vents plus forts, foudres plus fréquentes, combustibles plus secs — voilà autant de facteurs qui contribueront à l’augmentation de la superficie brûlée de manière particulièrement intense. »
Robert W. Gray [4]
Le comité a pris note de ces difficultés, mais il a également entendu qu’il existe des solutions. Par exemple, les brûlages dirigés et culturels, la gestion proactive des matières combustibles, l’élargissement de la mise en œuvre du programme Intelli-feu, la conception d’infrastructures résistantes aux feux de forêt, la modernisation des codes du bâtiment, le recours à des modèles prédictifs avancés, les systèmes d’alerte précoce et les investissements dans de nouvelles technologies — comme la surveillance par satellite, la capacité aérienne de lutte contre les feux de forêt et des systèmes avancés de drones — sont autant de choses qui peuvent favoriser la résilience face aux feux de forêt.
Le comité est convaincu que, pour coexister avec les feux de forêt, il faudra une démarche qui fait appel à tous les segments de la société. Cette démarche doit reposer sur la collaboration entre les gouvernements fédéral, provinciaux, territoriaux et autochtones et les administrations municipales, et elle doit veiller à ce que toutes les collectivités et tous les secteurs d’activités, en particulier, ceux de la foresterie et de l’agriculture, se dotent de mesures de préparation, d’adaptation et de résilience face aux feux de forêt. Il semblerait que la ministre de la Gestion des urgences et de la Résilience des communautés et ministre responsable de Développement économique Canada pour les Prairies soit également la ministre responsable de Jasper. Nous espérons que les recommandations et les conclusions de ce rapport contribueront à orienter les efforts de reconstruction et de rétablissement à la suite des incendies de forêt dans cette collectivité.
[1] Comité senatorial permanent de l’agriculture et des forêts [AGFO], Témoignages, 9 octobre 2025 (Ryan Ness, directeur de la recherche en adaptation, Institut climatique du Canada).
[2] AGFO, Témoignages, 23 octobre 2025 (Jean-François Houle, vice-président, génie, Conseil national de recherches du Canada).
[3] Ibid.
[4] AGFO, Témoignages, 7 octobre 2025 (Robert W. Gray, écologiste spécialisé dans les feux de forêt, R.W. Gray Consulting ltée).
Recommandations
Recommandation 1
Que le gouvernement du Canada désigne les forêts comme un bien national stratégique et qu’il reconnaisse que les forêts sont des infrastructures essentielles et renouvelables.
Recommandation 2
Que le gouvernement du Canada crée un bureau fédéral de coordination des interventions face aux feux de forêt et aux situations d’urgence, inspiré des modèles des États-Unis, du Royaume-Uni, du Japon, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, chargé de coordonner les ressources humaines et matérielles et les politiques dans un contexte modernisé, et que ce bureau tienne compte des points de vue des communautés autochtones et de leur expertise.
Recommandation 3
Que le gouvernement du Canada crée et finance une flotte nationale d’aéronefs modernes de lutte contre les feux qui sont en bon état de fonctionnement et disposent des infrastructures nécessaires ainsi que d’une main-d’œuvre qualifiée (p. ex. les pilotes), qui seraient déployés dans tout le pays et qui appuieraient les provinces et les territoires pendant la saison des feux de forêt. Que le gouvernement du Canada fournisse également du financement à long terme dans les nouvelles technologies de lutte contre les feux de forêt (telles que les drones et les autres innovations).
Recommandation 4
Que le gouvernement du Canada collabore avec les provinces, les territoires, les municipalités ainsi que les communautés et les gouvernements autochtones afin d’élaborer des stratégies coordonnées visant à atténuer les conséquences des feux de forêt sur la population et sur la santé – notamment les problèmes de santé physique et de santé mentale liés à l’exposition à la fumée et les effets psychologiques des traumatismes liés à l’évacuation et au déplacement – en garantissant un financement à long terme pour les services de soutien en santé mentale destinés aux collectivités touchées, avant, pendant et après les évacuations causées par les feux de forêt, et que ce financement mette l’accent sur le soutien à la planification préalable, la sécurité culturelle et la création de liens entre les agences.
Recommandation 5
Que le gouvernement du Canada, en partenariat avec les communautés et les gouvernements autochtones, prenne des mesures immédiates pour éliminer les obstacles auxquels sont confrontés les personnes évacuées dans les communautés d’accueil lors de feux de forêt, notamment en garantissant un accès équitable au logement, aux services et à des mesures de soutien adaptées à la culture.
Recommandation 6
Que le gouvernement du Canada établisse un programme national de cartographie des risques de feux de forêt afin de prédire la probabilité des feux de forêt, en s’inspirant des modèles utilisés pour la prédiction des sécheresses et des inondations.
Recommandation 7
Que le gouvernement du Canada renforce la capacité de gestion des incendies par les Autochtones en apportant un soutien financier et logistique aux collectivités autochtones, en utilisant les clauses existantes relatives aux Autochtones dans l’Initiative pour un avenir résilient face aux incendies de forêt et dans le programme Combattre et gérer les feux de forêt dans un climat en changement.
Recommandation 8
Que le gouvernement du Canada, en partenariat avec les communautés autochtones, prenne des mesures urgentes pour reconnaître l’expertise et les connaissances traditionnelles des Autochtones, éliminer tout obstacle à leur intégration et leur allouer des ressources, notamment en investissant dans les équipes de lutte contre les incendies sur le terrain dirigées par des Autochtones et en renforçant ces équipes.
Recommandation 9
Que le gouvernement du Canada formule une politique nationale de reboisement capable de réagir rapidement aux désastres comme les feux de forêt, en plus d’investir à long terme dans la planification à l’échelle du paysage, la formation et le renforcement des capacités.
Recommandation 10
Que le gouvernement du Canada se concerte avec les provinces et les territoires pour veiller à ce que, dans le prochain Partenariat canadien pour une agriculture durable, les programmes de gestion des risques de l’entreprise soient mieux adaptés aux besoins des producteurs agricoles après un feu de forêt, afin d’assurer la survie de leurs exploitations.
Recommandation 11
Que le gouvernement du Canada collabore avec les provinces, les territoires et les municipalités pour veiller à ce que les nouvelles habitations soient construites de manière sûre, abordable et fonctionnelle et pour que des mesures d’adaptation et de résilience soient intégrées dans l’édition 2030 du Code national du bâtiment du Canada et qu’il envisage également de mettre en place des mesures incitatives pour encourager l’achat de maisons Intelli-Feu.
Recommandation 12
Que le gouvernement du Canada collabore avec les gouvernements provinciaux et territoriaux afin d’accroître le financement à long terme destiné à la reconstruction des structures et des infrastructures municipales endommagées ou détruites par les feux de forêt.
Recommandation 13
Que le gouvernement du Canada collabore avec les provinces, les territoires et les municipalités pour bonifier encore davantage le crédit d’impôt destiné aux pompiers volontaires, ainsi que la formation et l’éducation en matière de sécurité des pompiers.
Recommandation 14
Que le gouvernement du Canada travaille avec les provinces, les territoires et les municipalités en vue de convier les parties prenantes à une conférence régulière pour discuter des politiques concernant les feux de forêt au pays.
Recommandation 15
Que le gouvernement du Canada reconnaisse que les feux de forêt exigent une action immédiate. Comme le comité l’a entendu, nous devons agir à la cadence de la crise.
Ottawa – Dans le dossier des feux de forêt, le gouvernement fédéral doit considérablement augmenter ses investissements dans les mesures de prévention, d’adaptation et d’intervention, et améliorer sa collaboration avec les autres ordres de gouvernement ainsi qu’avec les communautés autochtones, selon le Comité sénatorial de l’agriculture et des forêts dans un rapport publié le 10 juin. Ces mesures doivent être prises de toute urgence pour faire face à la crise qui ne cesse de s’aggraver et pour mieux protéger la population des quatre coins du pays contre les répercussions économiques, sanitaires et environnementales des feux de forêt dévastateurs.
Les saisons extrêmes que nous avons connues ces dernières années nous ont appris que les feux de forêt dépassent les limites des systèmes d’intervention actuels et qu’en plus de brûler des millions d’hectares de terrain et de dégrader la qualité de l’air, ils bouleversent la vie de centaines de milliers de Canadiens. Après avoir mené une étude approfondie, le comité formule 15 recommandations au gouvernement fédéral.
Il en est notamment venu à la conclusion que la collaboration inefficace entre les ordres de gouvernement nuit à la gestion des feux de forêt. La lutte contre ces incendies étant une compétence commune, les problèmes de coordination qui en découlent contribuent directement à la mauvaise planification, aux longs temps d’intervention ainsi qu’à l’accès inégal à l’équipement et au personnel nécessaires et à la persistance d’un système qui ne réussit à se mobiliser que lorsque la catastrophe est déjà bien entamée.
De nombreuses communautés des Premières Nations, métisses et inuites sont situées dans des régions éloignées ou boisées, ce qui les rend plus vulnérables aux feux de forêt, dont la fréquence et l’intensité augmentent ces dernières années. De plus, les communautés qui se retrouvent au premier plan de ces urgences liées aux feux de forêt sont aux prises avec des ressources et des infrastructures limitées, notamment un financement insuffisant pour l’équipement de lutte et pour la formation des pompiers.
Les feux de forêt ont causé des pertes de plusieurs milliards de dollars dans les secteurs forestier et agricole, notamment en bois d’œuvre, en produits agricoles, en animaux d’élevage et en matériel. Le comité fait aussi état de la détresse physique, psychologique et financière que ces pertes ont causée et des traumatismes associés aux mesures d’évacuation.
Alors que la saison des feux de forêt de cette année est maintenant commencée, le comité prie donc le gouvernement fédéral de faire preuve de détermination et d’agir de toute urgence pour protéger les populations, les paysages et les entreprises du Canada.
En bref
- Les incendies font partie d’un cycle écologique essentiel et contribuent à la formation des écosystèmes des forêts, des prairies et des arbustaies. Toutefois, les forêts du Canada, qui représentent 9 % du territoire forestier du monde, perdent leur résilience et ont plus de mal à se régénérer en raison de l’ampleur, de la fréquence et de la gravité des feux de forêt.
- Le Canada a connu en moyenne plus de 5 000 feux de forêt par année au cours de la dernière décennie. La saison des feux de forêt de 2023 a été la plus dévastatrice de l’histoire du pays; les 6 837 incendies qui ont été recensés cette année-là ont entrainé l’évacuation de 232 359 personnes et brûlé 14,6 millions d’hectares de terrain.
- Le Canada compte 3 200 services des incendies et 126 000 pompiers, dont 70 % sont des bénévoles. En 2023, plus de 90 % de ces services ont participé à la lutte contre les feux de forêt, mais seulement la moitié d’entre eux disposaient de l’équipement nécessaire.
- Le secteur forestier est l’un des fondements de l’économie canadienne; en 2024, il a contribué au PIB nominal du Canada à hauteur de 30,7 milliards de dollars et exporté plus de 36 milliards de dollars en produits forestiers. La prospérité à long terme et les emplois de plus de 300 localités dépendent de ce secteur.
Citations
« Les feux de forêt sont bien plus que de la fumée et des flammes : ce sont des catastrophes nationales qui ravagent des communautés entières. Ces événements traumatisants détruisent les maisons et les moyens de subsistance des Canadiens, déstabilisent leur mode de vie et laissent les survivants aux prises avec des difficultés physiques, psychologiques et financières à long terme. Les feux de forêt sont des catastrophes nationales et les gouvernements doivent adapter leurs mesures d’intervention à la gravité de la crise et se mobiliser à la vitesse des flammes. »
– Sénatrice Mary Robinson, présidente du comité
« Le Canada brûle. Notre réponse collective doit être à la hauteur de l’urgence de cette crise qui ne cesse de s’aggraver. Le comité réclame une meilleure coordination, plus résolue, entre tous les ordres de gouvernement, des partenariats significatifs avec les peuples autochtones, d’importants investissements dans les mesures de prévention et de préparation dans l’ensemble des régions et des secteurs, ainsi qu’un engagement à long terme à rebâtir des communautés et des écosystèmes résilients. »
– Sénateur John M. McNair, vice-président du comité
Liens connexes
- Consultez le rapport : Le Canada en flammes : les effets catastrophiques et croissants des feux de forêt sur les vies et les communautés.
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Pour plus de renseignements
Monica Granados
Agente de communications | Sénat du Canada
343-550-5448 | Monica.Granados@sen.parl.gc.ca
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Sénateurs qui ont participé à cette étude
Mary Robinson
GSC - Île-du-Prince-Édouard
John M. McNair
GSI - Nouveau-Brunswick
Robert Black
GSC - Ontario
Sharon Burey
GSC - Ontario
Yonah Martin
C - Colombie-Britannique
Marnie McBean
GSI - Ontario
Tracy Muggli
GPS - Saskatchewan
Karen Sorensen
GPS - Alberta
Membres d’office du comité : l’honorable Pierre Moreau, c.p., ou l’honorable Patti LaBoucane-Benson, l’honorable Leo Housakos ou l’honorable Yonah Martin, l’honorable Lucie Moncion ou l’honorable Joan Kingston, l’honorable Flordeliz (Gigi) Osler ou l’honorable Robert Black, l’honorable Brian Francis ou l’honorable Judy A. White
Autres sénateurs ayant participé à l’étude : l’honorable Brent Cotter (à la retraite), l’honorable Pierre J. Dalphond, l’honorable Margo Greenwood, l’honorable Mobina S. B. Jaffer (à la retraite), l’honorable Marty Klyne, l’honorable Elizabeth Marshall (à la retraite), l’honorable Julie Miville-Dechêne, l’honorable Victor Oh (à la retraite), l’honorable Manuelle Oudar, l’honorable Chantal Petitclerc, l’honorable David Richards (à la retraite), l’honorable Paula Simons, l’honorable Toni Varone, l’honorable Kristopher Wells et l’honorable Judy A. White
