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Des océans de possibilités pour l’économie bleue du Canada : sénatrice Petten

Une femme tenant le drapeau canadien, debout sur un rivage rocheux surplombant l’océan, sous un ciel bleu et nuageux.

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Le Canada a l’occasion non seulement de contribuer à l’économie bleue, mais également d’en définir en une qui soit réellement durable et régénérative.

J’ai grandi à Port de Grave, à Terre-Neuve-et-Labrador, dans une communauté où l’océan n’était ni une chose abstraite ni une ligne sur une carte géographique. C’était notre milieu de travail, la source de nos débouchés et un grand pan de notre identité. Pendant plus de 30 ans de carrière dans l’industrie canadienne des pêches, j’ai moi-même constaté les difficultés de nos communautés côtières, mais aussi de l’immense potentiel qui se révèle lorsque nous investissons en elles, tout en reconnaissant que ces possibilités dépendent en fin de compte de la santé des océans.

C’est pourquoi, à mon avis, le Canada se trouve à un moment charnière de son économie bleue.

Autrefois un sujet bien pointu confiné aux communautés côtières, l’économie bleue se trouve de plus en plus au cœur des discussions sur la croissance économique, l’innovation, la résilience climatique, la sécurité alimentaire, le leadership autochtone et sur la place du Canada dans le monde.

Une économie bleue prospère ne se mesure pas seulement à l’aune de sa croissance économique. Il faut aussi vérifier si nos océans sont en santé, si les communautés en retirent des bénéfices et si les débouchés d’aujourd’hui dureront pendant des générations.

J’ai constaté un nouvel élan au cours de la dernière année.

En 2025, j’ai fondé le Groupe des sénateurs de l’Atlantique, car nous avons le devoir d’intégrer des intérêts communs dans le dialogue national. Nos quatre provinces étant reliées par l’océan Atlantique, nos perspectives sur les pêches, l’aquaculture, les technologies marines, les ports, les sciences océaniques et autres industries océaniques sont profondément indissociables. C’est un honneur pour moi d’être élue à la présidence du groupe et, à ce titre, j’entends faire connaitre le point de vue de l’Atlantique au Sénat.

Ce travail s’inscrit dans un débat de plus grande ampleur.

Au forum de Victoria en 2025, j’ai invité un groupe de spécialistes en économie bleue composé de Marie-Chantal Ross, directrice de programme au Conseil national de recherches du Canada – Programme Océans; de Kendra MacDonald, directrice générale de la Supergrappe des océans du Canada; de Kevin Anderson, ancien directeur général régional à Pêches et Océans Canada; et d’Eli Enns, expert mondialement reconnu de la conservation dirigée par les Autochtones et cofondateur et président de la fondation IISAAK OLAM. J’ai été frappée par la vaste expertise des spécialistes autour de la table. Le Canada ne manque certainement pas de connaissances ni de talent en matière d’océans.

De cette discussion, un message m’a marqué : si l’on ne mesure que les résultats économiques, on ne devrait pas s’étonner qu’ils constituent notre seul objectif. Une économie bleue nous incite à étendre le débat à la santé, à la richesse et à l’équité afin de tirer encore mieux parti de l’océan tout en protégeant la santé de celui-ci.

Cet été, à Halifax, le thème était justement à l’avant-plan à la troisième édition du Sommet sur l’économie bleue durable, où j’ai eu l’honneur de prononcer le discours principal. Cette fois, pourtant, les discussions ne se limitaient plus au potentiel d’une économie océanique. Elles portaient davantage sur la réalisation de ce potentiel, ce qui motiverait les gouvernements, les communautés autochtones, l’industrie, les chercheurs et les investisseurs à unir leurs efforts, à faire aboutir leurs idées et investissements et d’ainsi obtenir des résultats mesurables.

La distinction est importante.

Le Canada présente un énorme potentiel océanique. La question maintenant est de savoir si nous pouvons établir des partenariats, des politiques et des investissements nécessaires à la réalisation de ce potentiel, sans compromettre la santé de l’océan dont l’économie dépend.

Il y a des signes encourageants selon lesquels l’océan attire de plus en plus d’attention. En effet, le gouvernement fédéral a nommé dernièrement Diana Fox Carney à titre de première envoyée du Canada pour l’océan et présidente de la 12e conférence Our Ocean, que le Canada accueillera en 2027. Dans le cadre de ses fonctions, elle contribuera à renforcer le rôle de premier plan que joue le Canada en matière de conservation des océans, de la lutte contre les changements climatiques, du leadership autochtone et de la résilience économique. La conférence qu’elle préside mettra en valeur la détermination du Canada à préserver la santé des océans, à soutenir la vitalité des communautés côtières et à promouvoir l’intendance dirigée par les Autochtones.

Il s’agit d’une occasion en or pour le Canada.

En fait, cette occasion prend déjà forme, car le gouvernement fédéral a annoncé la semaine dernière de nouveaux investissements à hauteur de 1,2 milliard de dollars dans la protection des océans canadiens, sans compter qu’il est en train d’élaborer une stratégie nationale visant à sécuriser nos eaux et à bâtir notre économie océanique.

Comme le premier ministre Mark Carney l’a dit, « le Canada est une nation maritime ». Il possède le plus long littoral au monde. Il abrite des chercheurs de renommée mondiale, des entrepreneurs, des pêcheurs, des détenteurs de savoirs autochtones, des constructeurs navals, des ports, des universités et des sociétés de technologies océaniques. Le Canada a des communautés dont le sort dépend de la mer depuis des générations.

Il ne faut pas considérer ces forces séparément, mais bien ensemble, dans une perspective nationale.

L’essor d’une économie bleue solide ne fait pas nécessairement primer la croissance économique sur la santé des océans. Il met en évidence l’interdépendance entre les deux. Les industries océaniques plus durables ont besoin d’écosystèmes marins tout autant que les communautés côtières ont besoin de débouchés économiques. L’intendance n’est pas indissociable du développement économique; l’une fait partie des conditions au développement à long terme de l’autre.

L’océan, qui a toujours fait partie intégrante de la grande histoire du Canada, doit prendre, aujourd’hui, une plus grande place dans son avenir économique.


La sénatrice Iris G. Petten agit à titre d’agente de liaison du gouvernement avec le bureau du représentant du gouvernement au Sénat. Elle représente Terre-Neuve-et-Labrador et préside le Groupe des sénateurs de l’Atlantique.

Cet article a été publié le 5 octobre 2026 dans The Hill Times (en anglais seulement).

Le Canada a l’occasion non seulement de contribuer à l’économie bleue, mais également d’en définir en une qui soit réellement durable et régénérative.

J’ai grandi à Port de Grave, à Terre-Neuve-et-Labrador, dans une communauté où l’océan n’était ni une chose abstraite ni une ligne sur une carte géographique. C’était notre milieu de travail, la source de nos débouchés et un grand pan de notre identité. Pendant plus de 30 ans de carrière dans l’industrie canadienne des pêches, j’ai moi-même constaté les difficultés de nos communautés côtières, mais aussi de l’immense potentiel qui se révèle lorsque nous investissons en elles, tout en reconnaissant que ces possibilités dépendent en fin de compte de la santé des océans.

C’est pourquoi, à mon avis, le Canada se trouve à un moment charnière de son économie bleue.

Autrefois un sujet bien pointu confiné aux communautés côtières, l’économie bleue se trouve de plus en plus au cœur des discussions sur la croissance économique, l’innovation, la résilience climatique, la sécurité alimentaire, le leadership autochtone et sur la place du Canada dans le monde.

Une économie bleue prospère ne se mesure pas seulement à l’aune de sa croissance économique. Il faut aussi vérifier si nos océans sont en santé, si les communautés en retirent des bénéfices et si les débouchés d’aujourd’hui dureront pendant des générations.

J’ai constaté un nouvel élan au cours de la dernière année.

En 2025, j’ai fondé le Groupe des sénateurs de l’Atlantique, car nous avons le devoir d’intégrer des intérêts communs dans le dialogue national. Nos quatre provinces étant reliées par l’océan Atlantique, nos perspectives sur les pêches, l’aquaculture, les technologies marines, les ports, les sciences océaniques et autres industries océaniques sont profondément indissociables. C’est un honneur pour moi d’être élue à la présidence du groupe et, à ce titre, j’entends faire connaitre le point de vue de l’Atlantique au Sénat.

Ce travail s’inscrit dans un débat de plus grande ampleur.

Au forum de Victoria en 2025, j’ai invité un groupe de spécialistes en économie bleue composé de Marie-Chantal Ross, directrice de programme au Conseil national de recherches du Canada – Programme Océans; de Kendra MacDonald, directrice générale de la Supergrappe des océans du Canada; de Kevin Anderson, ancien directeur général régional à Pêches et Océans Canada; et d’Eli Enns, expert mondialement reconnu de la conservation dirigée par les Autochtones et cofondateur et président de la fondation IISAAK OLAM. J’ai été frappée par la vaste expertise des spécialistes autour de la table. Le Canada ne manque certainement pas de connaissances ni de talent en matière d’océans.

De cette discussion, un message m’a marqué : si l’on ne mesure que les résultats économiques, on ne devrait pas s’étonner qu’ils constituent notre seul objectif. Une économie bleue nous incite à étendre le débat à la santé, à la richesse et à l’équité afin de tirer encore mieux parti de l’océan tout en protégeant la santé de celui-ci.

Cet été, à Halifax, le thème était justement à l’avant-plan à la troisième édition du Sommet sur l’économie bleue durable, où j’ai eu l’honneur de prononcer le discours principal. Cette fois, pourtant, les discussions ne se limitaient plus au potentiel d’une économie océanique. Elles portaient davantage sur la réalisation de ce potentiel, ce qui motiverait les gouvernements, les communautés autochtones, l’industrie, les chercheurs et les investisseurs à unir leurs efforts, à faire aboutir leurs idées et investissements et d’ainsi obtenir des résultats mesurables.

La distinction est importante.

Le Canada présente un énorme potentiel océanique. La question maintenant est de savoir si nous pouvons établir des partenariats, des politiques et des investissements nécessaires à la réalisation de ce potentiel, sans compromettre la santé de l’océan dont l’économie dépend.

Il y a des signes encourageants selon lesquels l’océan attire de plus en plus d’attention. En effet, le gouvernement fédéral a nommé dernièrement Diana Fox Carney à titre de première envoyée du Canada pour l’océan et présidente de la 12e conférence Our Ocean, que le Canada accueillera en 2027. Dans le cadre de ses fonctions, elle contribuera à renforcer le rôle de premier plan que joue le Canada en matière de conservation des océans, de la lutte contre les changements climatiques, du leadership autochtone et de la résilience économique. La conférence qu’elle préside mettra en valeur la détermination du Canada à préserver la santé des océans, à soutenir la vitalité des communautés côtières et à promouvoir l’intendance dirigée par les Autochtones.

Il s’agit d’une occasion en or pour le Canada.

En fait, cette occasion prend déjà forme, car le gouvernement fédéral a annoncé la semaine dernière de nouveaux investissements à hauteur de 1,2 milliard de dollars dans la protection des océans canadiens, sans compter qu’il est en train d’élaborer une stratégie nationale visant à sécuriser nos eaux et à bâtir notre économie océanique.

Comme le premier ministre Mark Carney l’a dit, « le Canada est une nation maritime ». Il possède le plus long littoral au monde. Il abrite des chercheurs de renommée mondiale, des entrepreneurs, des pêcheurs, des détenteurs de savoirs autochtones, des constructeurs navals, des ports, des universités et des sociétés de technologies océaniques. Le Canada a des communautés dont le sort dépend de la mer depuis des générations.

Il ne faut pas considérer ces forces séparément, mais bien ensemble, dans une perspective nationale.

L’essor d’une économie bleue solide ne fait pas nécessairement primer la croissance économique sur la santé des océans. Il met en évidence l’interdépendance entre les deux. Les industries océaniques plus durables ont besoin d’écosystèmes marins tout autant que les communautés côtières ont besoin de débouchés économiques. L’intendance n’est pas indissociable du développement économique; l’une fait partie des conditions au développement à long terme de l’autre.

L’océan, qui a toujours fait partie intégrante de la grande histoire du Canada, doit prendre, aujourd’hui, une plus grande place dans son avenir économique.


La sénatrice Iris G. Petten agit à titre d’agente de liaison du gouvernement avec le bureau du représentant du gouvernement au Sénat. Elle représente Terre-Neuve-et-Labrador et préside le Groupe des sénateurs de l’Atlantique.

Cet article a été publié le 5 octobre 2026 dans The Hill Times (en anglais seulement).

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