« Je veux continuer de servir » : La sénatrice Saint-Germain revient sur sa carrière au Sénat

Du gouvernement du Québec à un rôle de premier plan au Sénat, la carrière de la sénatrice Raymonde Saint-Germain dans le secteur public s’étend sur plus de cinq décennies.
Du gouvernement du Québec à un rôle de premier plan au Sénat, la carrière de la sénatrice Raymonde Saint-Germain dans le secteur public s’étend sur plus de cinq décennies.
La sénatrice de la division de De La Vallière, au Québec, se prépare maintenant à quitter la Chambre rouge. Toutefois, elle affirme que son engagement envers le service public est loin d’être terminé.
À l’approche de sa retraite, le 7 octobre 2026, elle s’est entretenue avec SenCAplus de son rôle d’ancienne facilitatrice du Groupe des sénateurs indépendants, de son travail à l’élaboration de la politique du Sénat sur la prévention du harcèlement ainsi que des projets de loi qui ont marqué sa carrière à la Chambre haute.
Vous êtes devenue sénatrice en 2016, après une longue carrière à titre de haute fonctionnaire au gouvernement du Québec, au cours de laquelle vous avez notamment occupé, pendant dix ans, le poste de Protectrice du citoyen du Québec. Qu’est-ce qui vous a attirée vers la fonction publique?
J’ai été embauchée à la fin de mes études universitaires, en 1973, et j’ai eu la piqûre. Je n’ai jamais perdu cette motivation.
La sénatrice Raymonde Saint-Germain en compagnie de son conjoint, l’avocat Pierre Laurin, le jour de son assermentation en 2016.
Pendant 32 ans dans la fonction publique, j’ai travaillé au sein de ministères variés, tels que ceux de la Santé et des Services sociaux, de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, des Relations internationales, du Commerce extérieur et de l’Immigration. J’ai aimé tous ces mandats et tous ces ministères. Avec le temps, j’ai gravi les échelons et je suis devenue sous-ministre avant d’être nommée Protectrice du citoyen au Québec. J’ai adoré ce travail.
Lorsque j’ai été nommée sénatrice, les députés de l’Assemblée nationale du Québec ont adopté une motion unanime pour saluer mon apport exceptionnel et l’excellence de mes deux mandats à titre de protectrice du citoyen. J’ai été très touchée par ce geste.
Quelle expérience acquise au cours de votre carrière dans le secteur public vous a été la plus utile au Sénat?
À tous les postes que j’ai occupés, j’ai dû bien comprendre l’intérêt public, connaitre les attentes, et cerner les besoins de la clientèle ainsi que les solutions pragmatiques. C’est un défi fondamental de la gouvernance publique, et le Sénat fait face à ce même défi. Les sénateurs et les sénatrices doivent avant tout examiner la législation.
En tant que sous-ministre, j’étais au cœur de l’élaboration des lois et des règlements, puis, en tant que protectrice du citoyen, j’étais au cœur du suivi de leur mise en œuvre.
Pendant une grande partie de votre carrière au Sénat, vous avez occupé des fonctions de premier plan au sein du Groupe des sénateurs indépendants, d’abord comme facilitatrice adjointe, puis comme facilitatrice. Qu’est-ce que ces fonctions vous ont appris sur la Chambre haute?
Ces fonctions m’ont appris que le bon fonctionnement du Sénat repose autant sur les relations entre les personnes que sur les règles qui encadrent ses travaux. À la table des cinq leaders des groupes du Sénat, j’ai pu constater l’importance de bien connaitre les règles et les procédures, mais aussi de miser sur la confiance, sur le respect des engagements et sur la recherche de compromis. Une leçon que j’avais déjà apprise dans la fonction publique au Québec, c’est que les institutions sont plus efficaces lorsque les personnes qui les servent sont capables de travailler ensemble malgré des points de vue différents.
Alors que vous étiez présidente du Sous-comité sur les ressources humaines, vous avez contribué à la mise en œuvre de la politique sur la prévention du harcèlement et de la violence du Sénat. Pourquoi ce travail était-il important pour vous? Selon vous, en quoi a-t-il fait évoluer l’institution?
La sénatrice Saint-Germain serre la main de Volodymyr Zelenskyy, président de l’Ukraine, lors de sa visite du Parlement du Canada, à Ottawa, le 22 septembre 2023. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Raymonde Saint-Germain)
La sénatrice Saint-Germain à son pupitre de leader du Groupe des sénateurs indépendants dans la Chambre du Sénat.
C’était important parce qu’une haute institution de notre système parlementaire comme le Sénat doit pouvoir compter sur un milieu de travail qui est respectueux, sain et sécuritaire. Je crois que cette démarche a contribué à faire progresser l’institution parce qu’au-delà de la politique elle-même, elle a favorisé une réflexion plus large sur la culture organisationnelle, et sur l’importance du respect dans les relations de travail et dans toute l’institution.
C’était quand même un travail qu’on devait faire en s’assurant que la politique n’interférerait pas avec le privilège parlementaire, mais le privilège parlementaire ne donne à personne le droit de se livrer au harcèlement.
Je pense que la politique continue de rappeler que l’autorité, les fonctions ou les différences de personnalité ne peuvent jamais justifier certains comportements envers des collègues et des collaborateurs. C’est un effet positif qui va demeurer.
Vous avez siégé au sein de plusieurs autres comités du Sénat. Y a-t-il une étude ou un projet de loi dont vous êtes particulièrement fière d’avoir contribué à l’avancement?
J’hésite entre deux. Le premier est le projet de loi C-16, marrainé par la sénatrice Manuelle Oudar, la Loi visant à protéger les victimes, notamment contre la violence conjugale et le contrôle coercitif. Je pense que l’étude de ce projet de loi a bien illustré l’importance du rôle du Sénat qui consiste à prendre le temps d’examiner les effets concrets d’un projet de loi, et d’entendre les personnes et les organismes directement concernés, souvent les mieux placés pour cerner les conséquences qui ne sont pas apparentes à la seule lecture d’un projet de loi.
La deuxième contribution, c’est le travail sur le projet de loi S-218, qui pourrait prévenir l’utilisation de la clause dérogatoire par le gouvernement fédéral. Pour moi, cet enjeu met en évidence deux choses : premièrement, le Sénat est appelé à examiner des questions constitutionnelles complexes, et, deuxièmement, les sénateurs doivent représenter leur région du pays. J’ai senti le besoin d’expliquer le contexte du Québec, qui a utilisé à différentes reprises cette clause dérogatoire, laquelle est parfaitement constitutionnelle.
Pour moi, c’était une occasion à saisir comme sénatrice du Québec d’expliquer à mes collègues des autres provinces le contexte propre au Québec en la matière. Trop souvent au pays, la méconnaissance ou l’incompréhension des caractéristiques régionales ont mené à des affrontements contre-productifs qui auraient pu être prévenus.
Vous avez aussi marrainé le projet de loi C-47, qui a ouvert la voie à l’adhésion du Canada au Traité sur le commerce des armes (en anglais seulement), une entente internationale qui porte sur le trafic illégal des armes classiques. Pourquoi ce projet de loi était-il important pour vous? Quel legs espérez-vous qu’il laisse?
En compagnie de l’honorable Don Plett, alors sénateur et leader de l’opposition au Sénat, la sénatrice Saint-Germain a visité le Centre de conférences du gouvernement, qui était en cours de rénovation pour devenir l’édifice du Sénat du Canada, en 2018.
Avec 193 États et nations membres des Nations Unies, un traité international est nécessairement un compromis, et c’est sûr que, pour avoir l’adhésion d’autant de pays, divers compromis ont dû être consentis après de longues négociations. Je souhaitais vraiment que le Canada puisse enfin y adhérer.
Au début, ce projet de loi a suscité de la controverse. Pour certains sénateurs, il ne contraignait pas suffisamment le commerce des armes au respect des droits de la personne. D’autres voulaient même remettre en question les fondements de l’intégration de notre industrie de l’armement avec celle des États-Unis parce que les pièces d’armes passent d’un côté à l’autre de la frontière.
Alors, il m’a fallu comprendre cette industrie pour pouvoir expliquer le contexte du projet de loi et le bénéfice escompté. De plus, les témoins de plusieurs industries ont bien expliqué l’équilibre entre la recherche, le commerce des armes et le respect des droits de la personne. Finalement, le projet de loi a été voté sans amendement. Le travail de parrain/marraine d’un projet de loi en est avant tout un de pédagogie pour bien faire comprendre la portée d’un projet de loi et les impacts de sa mise en œuvre.
Vos collègues vous ont élue « sénatrice de l’année » dans le cadre des prix des parlementaires de l’année 2024 du média numérique iPolitics. Que représente pour vous cette distinction décernée par vos pairs?
Évidemment, cette reconnaissance, tant au Sénat qu’à la Chambre des communes, m’a beaucoup touchée parce que j’ai un grand respect pour mes collègues. Ce fut une surprise. J’avais même voté pour quelqu’un d’autre!
Tout au long de votre carrière, parallèlement à votre travail dans la fonction publique, vous avez consacré de votre temps à des universités, à des organismes de charité et à des associations professionnelles. Pourquoi est-ce important pour vous d’apporter votre contribution dans ces secteurs?
Je pense que c’est important de contribuer au-delà de son organisation et de trouver le temps de sortir de sa bulle. C’est également important de connaitre la réalité du terrain.
En travaillant dans les universités, je vise à aider les étudiants à bien comprendre l’application de la théorie à la pratique. En travaillant avec des organisations bénévoles, j’étais impressionnée par leur art de faire fructifier les dons grâce à une gestion astucieuse. On ne leur rend pas suffisamment hommage.
Si vous pouviez vous entretenir avec la jeune femme que vous étiez lors de sa première journée en tant que fonctionnaire, quel conseil lui donneriez-vous?
Je lui conseillerais d’abord de bien comprendre ce qu’on attend d’elle, puis de s’investir avec professionnalisme et éthique dans son travail pour apporter une valeur ajoutée, et surtout d’avoir confiance en elle, parce que si tout ça arrive, la suite sera positive.
Quels sont vos projets pour la suite?
Je veux continuer de servir, sous quelque forme que ce soit. J’ai eu le privilège d’assumer, tant au Québec qu’au Canada et à l’international, des mandats diversifiés, des mandats complexes, et de bien les mener à terme.
J’aime aussi m’investir dans ce que je fais et je suis en excellente santé, donc j’ai confiance en l’avenir.
La sénatrice Saint-Germain visite une école à Saint-Léonard-d’Aston, Québec, pour discuter des institutions démocratiques canadiennes. (Crédit photo : Jocelyn Boucher)
La sénatrice Saint-Germain rencontre le roi Charles III, et la reine Camilla, lors de leur visite à l’édifice du Sénat en mai 2025. La Présidente du Sénat, Raymonde Gagné, figure également sur la photo.
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À l’approche de sa retraite, le 7 octobre 2026, elle s’est entretenue avec SenCAplus de son rôle d’ancienne facilitatrice du Groupe des sénateurs indépendants, de son travail à l’élaboration de la politique du Sénat sur la prévention du harcèlement ainsi que des projets de loi qui ont marqué sa carrière à la Chambre haute.
Vous êtes devenue sénatrice en 2016, après une longue carrière à titre de haute fonctionnaire au gouvernement du Québec, au cours de laquelle vous avez notamment occupé, pendant dix ans, le poste de Protectrice du citoyen du Québec. Qu’est-ce qui vous a attirée vers la fonction publique?
J’ai été embauchée à la fin de mes études universitaires, en 1973, et j’ai eu la piqûre. Je n’ai jamais perdu cette motivation.
La sénatrice Raymonde Saint-Germain en compagnie de son conjoint, l’avocat Pierre Laurin, le jour de son assermentation en 2016.
Pendant 32 ans dans la fonction publique, j’ai travaillé au sein de ministères variés, tels que ceux de la Santé et des Services sociaux, de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, des Relations internationales, du Commerce extérieur et de l’Immigration. J’ai aimé tous ces mandats et tous ces ministères. Avec le temps, j’ai gravi les échelons et je suis devenue sous-ministre avant d’être nommée Protectrice du citoyen au Québec. J’ai adoré ce travail.
Lorsque j’ai été nommée sénatrice, les députés de l’Assemblée nationale du Québec ont adopté une motion unanime pour saluer mon apport exceptionnel et l’excellence de mes deux mandats à titre de protectrice du citoyen. J’ai été très touchée par ce geste.
Quelle expérience acquise au cours de votre carrière dans le secteur public vous a été la plus utile au Sénat?
À tous les postes que j’ai occupés, j’ai dû bien comprendre l’intérêt public, connaitre les attentes, et cerner les besoins de la clientèle ainsi que les solutions pragmatiques. C’est un défi fondamental de la gouvernance publique, et le Sénat fait face à ce même défi. Les sénateurs et les sénatrices doivent avant tout examiner la législation.
En tant que sous-ministre, j’étais au cœur de l’élaboration des lois et des règlements, puis, en tant que protectrice du citoyen, j’étais au cœur du suivi de leur mise en œuvre.
Pendant une grande partie de votre carrière au Sénat, vous avez occupé des fonctions de premier plan au sein du Groupe des sénateurs indépendants, d’abord comme facilitatrice adjointe, puis comme facilitatrice. Qu’est-ce que ces fonctions vous ont appris sur la Chambre haute?
Ces fonctions m’ont appris que le bon fonctionnement du Sénat repose autant sur les relations entre les personnes que sur les règles qui encadrent ses travaux. À la table des cinq leaders des groupes du Sénat, j’ai pu constater l’importance de bien connaitre les règles et les procédures, mais aussi de miser sur la confiance, sur le respect des engagements et sur la recherche de compromis. Une leçon que j’avais déjà apprise dans la fonction publique au Québec, c’est que les institutions sont plus efficaces lorsque les personnes qui les servent sont capables de travailler ensemble malgré des points de vue différents.
Alors que vous étiez présidente du Sous-comité sur les ressources humaines, vous avez contribué à la mise en œuvre de la politique sur la prévention du harcèlement et de la violence du Sénat. Pourquoi ce travail était-il important pour vous? Selon vous, en quoi a-t-il fait évoluer l’institution?
La sénatrice Saint-Germain serre la main de Volodymyr Zelenskyy, président de l’Ukraine, lors de sa visite du Parlement du Canada, à Ottawa, le 22 septembre 2023. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Raymonde Saint-Germain)
La sénatrice Saint-Germain à son pupitre de leader du Groupe des sénateurs indépendants dans la Chambre du Sénat.
C’était important parce qu’une haute institution de notre système parlementaire comme le Sénat doit pouvoir compter sur un milieu de travail qui est respectueux, sain et sécuritaire. Je crois que cette démarche a contribué à faire progresser l’institution parce qu’au-delà de la politique elle-même, elle a favorisé une réflexion plus large sur la culture organisationnelle, et sur l’importance du respect dans les relations de travail et dans toute l’institution.
C’était quand même un travail qu’on devait faire en s’assurant que la politique n’interférerait pas avec le privilège parlementaire, mais le privilège parlementaire ne donne à personne le droit de se livrer au harcèlement.
Je pense que la politique continue de rappeler que l’autorité, les fonctions ou les différences de personnalité ne peuvent jamais justifier certains comportements envers des collègues et des collaborateurs. C’est un effet positif qui va demeurer.
Vous avez siégé au sein de plusieurs autres comités du Sénat. Y a-t-il une étude ou un projet de loi dont vous êtes particulièrement fière d’avoir contribué à l’avancement?
J’hésite entre deux. Le premier est le projet de loi C-16, marrainé par la sénatrice Manuelle Oudar, la Loi visant à protéger les victimes, notamment contre la violence conjugale et le contrôle coercitif. Je pense que l’étude de ce projet de loi a bien illustré l’importance du rôle du Sénat qui consiste à prendre le temps d’examiner les effets concrets d’un projet de loi, et d’entendre les personnes et les organismes directement concernés, souvent les mieux placés pour cerner les conséquences qui ne sont pas apparentes à la seule lecture d’un projet de loi.
La deuxième contribution, c’est le travail sur le projet de loi S-218, qui pourrait prévenir l’utilisation de la clause dérogatoire par le gouvernement fédéral. Pour moi, cet enjeu met en évidence deux choses : premièrement, le Sénat est appelé à examiner des questions constitutionnelles complexes, et, deuxièmement, les sénateurs doivent représenter leur région du pays. J’ai senti le besoin d’expliquer le contexte du Québec, qui a utilisé à différentes reprises cette clause dérogatoire, laquelle est parfaitement constitutionnelle.
Pour moi, c’était une occasion à saisir comme sénatrice du Québec d’expliquer à mes collègues des autres provinces le contexte propre au Québec en la matière. Trop souvent au pays, la méconnaissance ou l’incompréhension des caractéristiques régionales ont mené à des affrontements contre-productifs qui auraient pu être prévenus.
Vous avez aussi marrainé le projet de loi C-47, qui a ouvert la voie à l’adhésion du Canada au Traité sur le commerce des armes (en anglais seulement), une entente internationale qui porte sur le trafic illégal des armes classiques. Pourquoi ce projet de loi était-il important pour vous? Quel legs espérez-vous qu’il laisse?
En compagnie de l’honorable Don Plett, alors sénateur et leader de l’opposition au Sénat, la sénatrice Saint-Germain a visité le Centre de conférences du gouvernement, qui était en cours de rénovation pour devenir l’édifice du Sénat du Canada, en 2018.
Avec 193 États et nations membres des Nations Unies, un traité international est nécessairement un compromis, et c’est sûr que, pour avoir l’adhésion d’autant de pays, divers compromis ont dû être consentis après de longues négociations. Je souhaitais vraiment que le Canada puisse enfin y adhérer.
Au début, ce projet de loi a suscité de la controverse. Pour certains sénateurs, il ne contraignait pas suffisamment le commerce des armes au respect des droits de la personne. D’autres voulaient même remettre en question les fondements de l’intégration de notre industrie de l’armement avec celle des États-Unis parce que les pièces d’armes passent d’un côté à l’autre de la frontière.
Alors, il m’a fallu comprendre cette industrie pour pouvoir expliquer le contexte du projet de loi et le bénéfice escompté. De plus, les témoins de plusieurs industries ont bien expliqué l’équilibre entre la recherche, le commerce des armes et le respect des droits de la personne. Finalement, le projet de loi a été voté sans amendement. Le travail de parrain/marraine d’un projet de loi en est avant tout un de pédagogie pour bien faire comprendre la portée d’un projet de loi et les impacts de sa mise en œuvre.
Vos collègues vous ont élue « sénatrice de l’année » dans le cadre des prix des parlementaires de l’année 2024 du média numérique iPolitics. Que représente pour vous cette distinction décernée par vos pairs?
Évidemment, cette reconnaissance, tant au Sénat qu’à la Chambre des communes, m’a beaucoup touchée parce que j’ai un grand respect pour mes collègues. Ce fut une surprise. J’avais même voté pour quelqu’un d’autre!
Tout au long de votre carrière, parallèlement à votre travail dans la fonction publique, vous avez consacré de votre temps à des universités, à des organismes de charité et à des associations professionnelles. Pourquoi est-ce important pour vous d’apporter votre contribution dans ces secteurs?
Je pense que c’est important de contribuer au-delà de son organisation et de trouver le temps de sortir de sa bulle. C’est également important de connaitre la réalité du terrain.
En travaillant dans les universités, je vise à aider les étudiants à bien comprendre l’application de la théorie à la pratique. En travaillant avec des organisations bénévoles, j’étais impressionnée par leur art de faire fructifier les dons grâce à une gestion astucieuse. On ne leur rend pas suffisamment hommage.
Si vous pouviez vous entretenir avec la jeune femme que vous étiez lors de sa première journée en tant que fonctionnaire, quel conseil lui donneriez-vous?
Je lui conseillerais d’abord de bien comprendre ce qu’on attend d’elle, puis de s’investir avec professionnalisme et éthique dans son travail pour apporter une valeur ajoutée, et surtout d’avoir confiance en elle, parce que si tout ça arrive, la suite sera positive.
Quels sont vos projets pour la suite?
Je veux continuer de servir, sous quelque forme que ce soit. J’ai eu le privilège d’assumer, tant au Québec qu’au Canada et à l’international, des mandats diversifiés, des mandats complexes, et de bien les mener à terme.
J’aime aussi m’investir dans ce que je fais et je suis en excellente santé, donc j’ai confiance en l’avenir.
La sénatrice Saint-Germain visite une école à Saint-Léonard-d’Aston, Québec, pour discuter des institutions démocratiques canadiennes. (Crédit photo : Jocelyn Boucher)
La sénatrice Saint-Germain rencontre le roi Charles III, et la reine Camilla, lors de leur visite à l’édifice du Sénat en mai 2025. La Présidente du Sénat, Raymonde Gagné, figure également sur la photo.