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La suppression des programmes éducatifs dans les prisons ne rendra pas nos communautés plus sûres : sénatrice Clement

Une personne assise, un livre à la main, dans une cellule de prison.

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Si nous voulons des rues plus sûres, nous ne pouvons pas ignorer ce qui se passe une fois qu’une personne est incarcérée – ni ce dont elle a besoin avant sa libération.

Voilà pourquoi la décision d’abandonner le programme d’enseignement collégial à la prison de Cowansville est tellement malavisée.

Le fait est que la plupart des personnes incarcérées seront remises en liberté. La sensibilité croissante de nombreux Canadiens à l’égard de la loi et de l’ordre, comme en témoignent notamment les publicités de la province de l’Ontario prônant le maintien des criminels en prison, fait abstraction du fait que nos établissements correctionnels ont pour vocation à la fois de punir et de réadapter – puis, lorsque cela s’avère approprié, de remettre en liberté.

Comment pouvons-nous donc garantir qu’une personne, une fois libérée, puisse se réinsérer efficacement dans la société et y contribuer?

Comme j’ai pu le constater cet été lors de ma visite à Cowansville pour m’entretenir avec certaines personnes suivant des cours d’enseignement collégial, l’éducation peut jouer un rôle crucial.

L’une des histoires les plus marquantes que j’ai entendues est celle d’un homme qui en était à sa deuxième incarcération. La première fois, il a suivi une formation pour travailler en construction, puis a été remis en liberté. Il s’en est bien sorti pendant quelques années; il a travaillé fort, il a même acheté une maison, mais il a fini par commettre un crime et a été incarcéré à nouveau. On lui a alors proposé exactement les mêmes formations que celles qu’il avait suivies la première fois.

C’est le comble de la folie, m’a-t-il dit, qu’on vous demande de refaire la même chose en espérant obtenir des résultats différents.

L’enseignement collégial lui a donné l’occasion d’adopter une nouvelle approche; une approche qui, selon lui, porte ses fruits. Il n’était pas le seul à chercher une voie autre que la construction ou d’autres métiers. Bon nombre de ses pairs s’accordaient à dire que les études postsecondaires changeaient fondamentalement leur vision de la société et de la communauté et les aidaient à comprendre comment ils pourraient y contribuer après avoir purgé leur peine.

Cependant, à l’approche de l’élimination du programme d’enseignement collégial à la prison, il m’a demandé : « Notre éducation ne vaut-elle donc rien? »

Ses pairs ont fait écho à ces préoccupations, évoquant leur volonté de briser le cercle vicieux de la pauvreté, de changer leur mentalité criminelle et de rechercher désespérément les outils nécessaires pour se préparer à la « vie à l’extérieur ».

Plus tard, en discutant avec les enseignants, ceux-ci ont évoqué les changements qu’ils avaient observés chez les étudiants : amélioration de la confiance en soi, de la motivation et de l’autonomie, apprentissage de la communication et développement de leur sens critique.

J’aimerais pouvoir vous faire part de tous les témoignages que j’ai entendus. À quel point ces hommes sont déterminés à être réadaptés. À quel point ils sont fiers de parler à leur famille de leur réussite scolaire. À quel point ils s’inquiètent de savoir comment nourrir leurs enfants à leur sortie de prison. Comment les enseignants leur ont redonné leur humanité, et leur ont apporté l’accompagnement qui leur avait manqué toute leur vie.

Je sais que les mesures d’économie entraîneront des répercussions sur l’ensemble des ministères fédéraux. Je sais qu’investir dans la réadaptation ne permettra pas à ce gouvernement de remporter des élections. Je sais également à quel point le fonctionnement de nos établissements pénitentiaires coûte extrêmement cher.

Et pourtant.

L’argent déjà dépensé est gaspillé si les personnes incarcérées n’ont aucune possibilité d’être réadaptées, d’apprendre de nouvelles façons d’être afin de ne pas récidiver.

Voici ce que j’ai à dire au commissaire du Service correctionnel du Canada, au gouvernement du Canada et à l’ensemble de la population canadienne : nous ne pouvons pas nous permettre d’éliminer les programmes mêmes qui offrent aux personnes incarcérées une chance de changer. Les communautés plus sûres auxquelles nous aspirons passent par une réadaptation efficace. Finançons-la.


La sénatrice Bernadette Clement représente l’Ontario. Elle est l’ancienne maire de Cornwall, en Ontario, et avocate de l’aide juridique.

Cet article a été publié dans The Hill Times le 21 septembre 2026 (en anglais seulement).

Si nous voulons des rues plus sûres, nous ne pouvons pas ignorer ce qui se passe une fois qu’une personne est incarcérée – ni ce dont elle a besoin avant sa libération.

Voilà pourquoi la décision d’abandonner le programme d’enseignement collégial à la prison de Cowansville est tellement malavisée.

Le fait est que la plupart des personnes incarcérées seront remises en liberté. La sensibilité croissante de nombreux Canadiens à l’égard de la loi et de l’ordre, comme en témoignent notamment les publicités de la province de l’Ontario prônant le maintien des criminels en prison, fait abstraction du fait que nos établissements correctionnels ont pour vocation à la fois de punir et de réadapter – puis, lorsque cela s’avère approprié, de remettre en liberté.

Comment pouvons-nous donc garantir qu’une personne, une fois libérée, puisse se réinsérer efficacement dans la société et y contribuer?

Comme j’ai pu le constater cet été lors de ma visite à Cowansville pour m’entretenir avec certaines personnes suivant des cours d’enseignement collégial, l’éducation peut jouer un rôle crucial.

L’une des histoires les plus marquantes que j’ai entendues est celle d’un homme qui en était à sa deuxième incarcération. La première fois, il a suivi une formation pour travailler en construction, puis a été remis en liberté. Il s’en est bien sorti pendant quelques années; il a travaillé fort, il a même acheté une maison, mais il a fini par commettre un crime et a été incarcéré à nouveau. On lui a alors proposé exactement les mêmes formations que celles qu’il avait suivies la première fois.

C’est le comble de la folie, m’a-t-il dit, qu’on vous demande de refaire la même chose en espérant obtenir des résultats différents.

L’enseignement collégial lui a donné l’occasion d’adopter une nouvelle approche; une approche qui, selon lui, porte ses fruits. Il n’était pas le seul à chercher une voie autre que la construction ou d’autres métiers. Bon nombre de ses pairs s’accordaient à dire que les études postsecondaires changeaient fondamentalement leur vision de la société et de la communauté et les aidaient à comprendre comment ils pourraient y contribuer après avoir purgé leur peine.

Cependant, à l’approche de l’élimination du programme d’enseignement collégial à la prison, il m’a demandé : « Notre éducation ne vaut-elle donc rien? »

Ses pairs ont fait écho à ces préoccupations, évoquant leur volonté de briser le cercle vicieux de la pauvreté, de changer leur mentalité criminelle et de rechercher désespérément les outils nécessaires pour se préparer à la « vie à l’extérieur ».

Plus tard, en discutant avec les enseignants, ceux-ci ont évoqué les changements qu’ils avaient observés chez les étudiants : amélioration de la confiance en soi, de la motivation et de l’autonomie, apprentissage de la communication et développement de leur sens critique.

J’aimerais pouvoir vous faire part de tous les témoignages que j’ai entendus. À quel point ces hommes sont déterminés à être réadaptés. À quel point ils sont fiers de parler à leur famille de leur réussite scolaire. À quel point ils s’inquiètent de savoir comment nourrir leurs enfants à leur sortie de prison. Comment les enseignants leur ont redonné leur humanité, et leur ont apporté l’accompagnement qui leur avait manqué toute leur vie.

Je sais que les mesures d’économie entraîneront des répercussions sur l’ensemble des ministères fédéraux. Je sais qu’investir dans la réadaptation ne permettra pas à ce gouvernement de remporter des élections. Je sais également à quel point le fonctionnement de nos établissements pénitentiaires coûte extrêmement cher.

Et pourtant.

L’argent déjà dépensé est gaspillé si les personnes incarcérées n’ont aucune possibilité d’être réadaptées, d’apprendre de nouvelles façons d’être afin de ne pas récidiver.

Voici ce que j’ai à dire au commissaire du Service correctionnel du Canada, au gouvernement du Canada et à l’ensemble de la population canadienne : nous ne pouvons pas nous permettre d’éliminer les programmes mêmes qui offrent aux personnes incarcérées une chance de changer. Les communautés plus sûres auxquelles nous aspirons passent par une réadaptation efficace. Finançons-la.


La sénatrice Bernadette Clement représente l’Ontario. Elle est l’ancienne maire de Cornwall, en Ontario, et avocate de l’aide juridique.

Cet article a été publié dans The Hill Times le 21 septembre 2026 (en anglais seulement).

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