« Représentation du changement » : Les participants de Voix de jeunes leaders autochtones 2026 recontrent les sénateurs

Makayla Mantla a un rêve : qu’un jour, le Canada se dote d’un hôpital financé par les fonds publics, spécialement destiné aux patients des Premières Nations et géré par des professionnels de la santé autochtones.
Grâce à ses recherches et à son expérience de travail, cette récente diplômée en sciences infirmières de Behchokǫ̀, dans les Territoires du Nord-Ouest, a été témoin du racisme envers les Autochtones et des mauvais traitements subis par les patients autochtones dans les établissements de santé. Ces réalités, combinées à sa propre expérience négative avec le système médical alors qu’elle souffrait d’un problème de santé mettant sa vie en danger, l’ont amenée à vouloir améliorer les soins et le traitement offerts aux patients et aux professionnels de la santé autochtones dans les hôpitaux et les cliniques.

« Je voulais être cette représentation du changement, la représentation que je n’ai jamais vue lorsque j’étais jeune », a déclaré cette femme dénée des Premières Nations au Comité sénatorial des peuples autochtones le 28 octobre 2026.
Mme Mantla, qui vit maintenant en Alberta et poursuit les démarches nécessaires pour obtenir son permis d’exercice en soins infirmiers, a présenté sa vision au comité à titre de l’une des huit jeunes leaders sélectionnés pour l’édition 2026 du programme Voix de jeunes leaders autochtones. Organisée par le Comité sénatorial des peuples autochtones, cette initiative vise à amplifier les voix et les perspectives des jeunes leaders des Premières Nations, inuits et métis âgés de 18 à 35 ans qui sont à l’origine de changements significatifs dans leurs communautés et au-delà.
« C’est un moment important et sacré. Nous avons parmi nous des personnes fortes qui feront du bien aujourd’hui et pour tous les enfants de l’Île de la Tortue », a déclaré la présidente du comité, la sénatrice Michèle Audette.
« Les témoignages présentés contribueront à éclairer les travaux en cours du comité et du Sénat. »
Au cours de deux réunions du comité, chacun des jeunes leaders a témoigné à tour de rôle, s’appuyant sur son expérience personnelle et professionnelle pour présenter ses espoirs, ses idées et ses appels à l’action en faveur des jeunes Autochtones et des générations futures.
« C’est inspirant », a déclaré le sénateur Paul Prosper au sujet des témoignages et des recommandations des participants. « Cela nous permet de rêver à ce qui est possible, parce que nous le voyons à travers vos yeux et l’entendons à travers vos voix. »
Les jeunes leaders ont abordé un large éventail d’enjeux qui touchent leur vie, notamment les obstacles législatifs, le développement économique, le logement, la mobilisation des jeunes et le négationnisme à l’égard des pensionnats autochtones. L’éducation est ressortie comme un thème central de leurs témoignages : l’impact transformateur qu’elle a eu sur leur vie, mais aussi les difficultés liées à l’accès, à l’insuffisance de l’aide financière ainsi qu’au manque de modèles et au sentiment d’appartenance.
Poursuivez votre lecture pour voir des photos et découvrir les témoignages de chacun des participants à Voix de jeunes leaders autochtones 2026.

Jaylene Neisa Delorme s’est rendue à Ottawa depuis Hay River, dans les Territoires du Nord-Ouest, où elle a fondé Dënegóth Nají, une initiative communautaire visant à aider les personnes et les familles à s’y retrouver parmi divers services publics. Membre de la Première Nation des Dénés Yellowknives et mère de quatre enfants, Mme Delorme a expliqué avoir été personnellement touchée par la coupure de la deuxième génération prévue dans la Loi sur les Indiens, qui empêche ses enfants d’obtenir le statut d’Indien inscrit.
Selon elle, un véritable changement pour la prochaine génération d’enfants autochtones doit commencer par l’élimination des dispositions législatives qui font obstacle à la reconnaissance de leur identité, de leur culture et de leurs origines. Tenant l’un de ses bébés jumeaux sur ses genoux, elle a souligné qu’elle ne voulait pas que ses enfants passent leur vie à mener les mêmes combats.
« Aucun jeune ne devrait avoir à se battre pour prouver qui il est ou où est sa place », a-t-elle affirmé. « Je veux qu’ils grandissent dans un pays où l’on ne s’attend pas simplement à ce que les jeunes Autochtones soient résilients, mais où on leur donne le soutien, les possibilités et le pouvoir nécessaires pour exercer un leadership. Voilà ce que la guérison intergénérationnelle signifie pour moi. »

Chantal Kyplain, poète métisse et mère de deux enfants établie à Saskatoon, a plaidé en faveur d’un meilleur soutien aux membres de la famille à charge lorsqu’une personne tente de se suicider ou décède pendant une période de détention. Elle a témoigné des difficultés qu’elle a vécues et du peu de soutien qu’elle a reçu pour élever ses deux jeunes enfants après l’incarcération de leur père, sa libération, son retour en détention, son hospitalisation et son décès.
« Les données rendent difficiles à voir des enfants comme les miens », a-t-elle déclaré aux sénateurs. « La responsabilité du système ne peut pas prendre fin lorsqu’une personne meurt; elle doit aussi s’étendre aux enfants qui retournent chez eux en portant leur deuil. »
Aujourd’hui étudiante universitaire de première génération au baccalauréat en éducation, Mme Kyplain espère inspirer d’autres jeunes Autochtones à découvrir leur passion et à la poursuivre.

Noah Pépin-Papigatuk, jeune leader inuk de la petite communauté de Salluit, dans le Nord du Québec, a parlé avec franchise des conditions de logement au Nunavik et a affirmé aux sénateurs que la situation avait « atteint un point critique ». Il a souligné que l’offre de logements existants et la construction de nouvelles habitations n’ont pas suivi le rythme de la croissance démographique. Les délais d’attente sont longs et il n’est pas rare que de deux à quatre générations d’une même famille vivent sous un même toit.
Ce jeune travailleur du secteur minier et organisateur de camps de jour pour les jeunes a décrit les conséquences structurelles et sanitaires de la surpopulation résidentielle dans les communautés, notamment l’usure prématurée des habitations, l’augmentation du risque de propagation de maladies infectieuses ainsi que la hausse des cas de dépression et de troubles anxieux. Il a reconnu qu’il n’existe pas de « solution miracle », mais a demandé qu’un financement accru soit accordé à l’office d’habitation local.
« Ils construisent des maisons, et ils le font efficacement », a déclaré M. Pépin-Papigatuk au comité. « Il faut alimenter une machine déjà bien rodée. »

À titre de premier président autochtone de l’association étudiante de son université et de président de l’organisme de développement économique de la Première Nation T’Sou-ke, Dreyden George a présenté deux recommandations au comité : accroitre les investissements dans le Programme d’aide aux étudiants de niveau postsecondaire destiné aux étudiants des Premières Nations et créer davantage d’occasions de développement économique dirigé par des Autochtones afin d’améliorer les conditions de vie dans les réserves et de favoriser la propriété à long terme des entreprises.
Ce jeune leader de la Colombie-Britannique a parlé de l’accès limité au capital pour les nations autochtones ainsi que du manque de ressources pour les personnes autochtones qui souhaitent lancer des entreprises au sein de leur communauté et à leur service. Il a demandé l’élargissement des programmes de financement par capitaux propres destinés aux Autochtones, au-delà des simples garanties de prêts, ainsi que la création d’un fonds souverain autochtone permanent pour soutenir la participation et la propriété communautaires dans les grands projets.
« Les communautés autochtones devraient avoir la capacité et la possibilité d’assurer leur propre prospérité économique sur leurs territoires, sans avoir à renoncer à leurs droits territoriaux ni aux valeurs qui guident leur intendance des terres », a témoigné M. George.

Trinity Lafford-Desmond, de la Nation des Mi’kmaw de Paqtnkek, a témoigné de la nécessité d’offrir aux jeunes Autochtones des milieux d’apprentissage et de travail sécuritaires et respectueux, ainsi que de l’importance du mentorat dès le plus jeune âge. Cette étudiante en génie électrique, qui est micmaque et afro-néo-écossaise, a décidé de quitter son premier programme de génie après avoir été confrontée au racisme et au sexisme à l’école et dans le cadre de ses stages.
Elle a ensuite travaillé dans l’installation et la conception de systèmes solaires, contribuant à des projets d’énergie renouvelable dans des communautés autochtones partout en Nouvelle-Écosse. Ces projets lui ont donné un « nouveau sens à sa vie » et l’ont encouragée à retourner aux études afin de mieux redonner à ses communautés, a-t-elle expliqué aux sénateurs.
« Cette expérience m’a montré à quel point il est important que les jeunes voient des personnes qui leur ressemblent dans ces domaines », a déclaré Mme Lafford-Desmond.

Kyra Lustig, leader étudiante métisse de la rivière Rouge, a profité de son témoignage pour demander au gouvernement fédéral de démanteler les obstacles systémiques qui limitent l’accès des étudiants autochtones à l’éducation et de favoriser leur réussite scolaire en créant des espaces inclusifs qui « reconnaissent et valorisent l’identité de tous les étudiants autochtones ». Elle a expliqué aux sénateurs qu’en tant que femme autochtone présentant des traits perçus comme blancs, elle s’est souvent sentie exclue des discussions sur l’identité autochtone et l’accès aux ressources, et qu’elle a parfois été accusée d’être une pseudo-Autochtone par d’autres Autochtones. Selon elle, son travail auprès d’associations étudiantes lui a montré que de nombreux jeunes Autochtones au pays vivent des expériences semblables.
Mme Lustig a également parlé des effets néfastes du négationnisme à l’égard des pensionnats autochtones. Pour s’attaquer à ces enjeux, a-t-elle souligné, il faut avant tout renforcer l’éducation de l’ensemble de la population canadienne.
« Cela signifie investir dans des programmes qui favorisent l’éducation culturelle, offrent des ressources en santé mentale et garantissent un accès équitable au soutien scolaire », a-t-elle déclaré. « Cela signifie aussi veiller à ce que la véritable histoire du colonialisme et ses répercussions actuelles soient enseignées et reconnues dans nos systèmes d’éducation. »

Summer Wabasse, femme ojie-crie de la Première Nation de Webequie, dans le Nord de l’Ontario, a insisté sur le fait que la participation citoyenne doit être accessible à tous les jeunes Autochtones du pays. Évoquant les moments où elle s’est sentie davantage comme un « symbole » qu’un « véritable partenaire » à la table de discussion, elle a exhorté les législateurs à consulter les jeunes de façon significative et à les inviter régulièrement comme témoins lors des travaux parlementaires.
Elle a également demandé aux parlementaires d’en faire davantage pour contrer la montée du négationnisme à l’égard des pensionnats autochtones, notamment en le criminalisant, de combler les lacunes dans le financement des étudiants autochtones aux études postsecondaires et d’établir un financement stable et pluriannuel pour les conseils jeunesse et les programmes destinés aux jeunes Autochtones.
« C’est en faisant ce genre de travail que je me suis véritablement découverte », a-t-elle déclaré. « Je crois sincèrement que l’estime de soi vient de la conviction que l’on a un but et que l’on travaille à l’atteindre tout en mettant ses dons au service du monde. »
La sénatrice Michèle Audette, présidente du Comité sénatorial des peuples autochtones, tient le fils jumeau de Jaylene Neisa Delorme, participante à Voix de jeunes leaders autochtones, dans ses bras alors qu’elle souhaite la bienvenue à la cohorte 2026 du programme au Sénat, le 27 octobre 2026.
Le sénateur Paul Prosper sourit alors qu’il rencontre les participants de Voix de jeunes leaders autochtones 2026 lors d’une réception de bienvenue tenue à l’édifice du Sénat du Canada, le 27 octobre 2026.
Le sénateur Brian Francis et la sénatrice Tracy Muggli saluent Chantal Kyplain, l’une des huit participantes à Voix de jeunes leaders autochtones 2026.
La sénatrice Margo Greenwood, vice-présidente du comité, prononce le discours d’ouverture de Voix de jeunes leaders autochtones 2026 à l’édifice du Sénat du Canada le 28 octobre.
De gauche à droite, les Aînées Meeka Kakudluk et Claudette Commanda ont dirigé une cérémonie d’ouverture dans la Chambre rouge à l’intention des sénateurs et des jeunes participant à Voix de jeunes leaders autochtones 2026.
La sénatrice Bernadette Clement participe à une cérémonie de purification dans la Chambre du Sénat.
L’Aînée inuite Meeka Kakudluk allume le qulliq, une lampe à huile traditionnelle inuite sculptée dans la pierre de savon, dans la Chambre du Sénat.
La sénatrice Nancy Karetak-Lindell pose une question après avoir écouté les témoignages dans le cadre de Voix de jeunes leaders autochtones 2026.
La sénatrice Karen Sorenson est à l’écoute lors des témoignages présentés le 28 octobre 2026.
La sénatrice Kim Pate serre dans ses bras Makayla Mantla, qui a témoigné devant le comité dans le cadre de Voix de jeunes leaders autochtones 2026.
La sénatrice Yonah Martin écoute les témoignages des témoins.
Le sénateur Scott Tannas réagit aux témoignages présentés par de jeunes leaders autochtones le 28 octobre 2026.
Les huit participants à Voix de jeunes leaders autochtones 2026, au premier rang à partir de la droite, posent aux côtés des sénateurs du Comité sénatorial des peuples autochtones, à l’arrière-plan, le 28 octobre 2026.
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Makayla Mantla a un rêve : qu’un jour, le Canada se dote d’un hôpital financé par les fonds publics, spécialement destiné aux patients des Premières Nations et géré par des professionnels de la santé autochtones.
Grâce à ses recherches et à son expérience de travail, cette récente diplômée en sciences infirmières de Behchokǫ̀, dans les Territoires du Nord-Ouest, a été témoin du racisme envers les Autochtones et des mauvais traitements subis par les patients autochtones dans les établissements de santé. Ces réalités, combinées à sa propre expérience négative avec le système médical alors qu’elle souffrait d’un problème de santé mettant sa vie en danger, l’ont amenée à vouloir améliorer les soins et le traitement offerts aux patients et aux professionnels de la santé autochtones dans les hôpitaux et les cliniques.

« Je voulais être cette représentation du changement, la représentation que je n’ai jamais vue lorsque j’étais jeune », a déclaré cette femme dénée des Premières Nations au Comité sénatorial des peuples autochtones le 28 octobre 2026.
Mme Mantla, qui vit maintenant en Alberta et poursuit les démarches nécessaires pour obtenir son permis d’exercice en soins infirmiers, a présenté sa vision au comité à titre de l’une des huit jeunes leaders sélectionnés pour l’édition 2026 du programme Voix de jeunes leaders autochtones. Organisée par le Comité sénatorial des peuples autochtones, cette initiative vise à amplifier les voix et les perspectives des jeunes leaders des Premières Nations, inuits et métis âgés de 18 à 35 ans qui sont à l’origine de changements significatifs dans leurs communautés et au-delà.
« C’est un moment important et sacré. Nous avons parmi nous des personnes fortes qui feront du bien aujourd’hui et pour tous les enfants de l’Île de la Tortue », a déclaré la présidente du comité, la sénatrice Michèle Audette.
« Les témoignages présentés contribueront à éclairer les travaux en cours du comité et du Sénat. »
Au cours de deux réunions du comité, chacun des jeunes leaders a témoigné à tour de rôle, s’appuyant sur son expérience personnelle et professionnelle pour présenter ses espoirs, ses idées et ses appels à l’action en faveur des jeunes Autochtones et des générations futures.
« C’est inspirant », a déclaré le sénateur Paul Prosper au sujet des témoignages et des recommandations des participants. « Cela nous permet de rêver à ce qui est possible, parce que nous le voyons à travers vos yeux et l’entendons à travers vos voix. »
Les jeunes leaders ont abordé un large éventail d’enjeux qui touchent leur vie, notamment les obstacles législatifs, le développement économique, le logement, la mobilisation des jeunes et le négationnisme à l’égard des pensionnats autochtones. L’éducation est ressortie comme un thème central de leurs témoignages : l’impact transformateur qu’elle a eu sur leur vie, mais aussi les difficultés liées à l’accès, à l’insuffisance de l’aide financière ainsi qu’au manque de modèles et au sentiment d’appartenance.
Poursuivez votre lecture pour voir des photos et découvrir les témoignages de chacun des participants à Voix de jeunes leaders autochtones 2026.

Jaylene Neisa Delorme s’est rendue à Ottawa depuis Hay River, dans les Territoires du Nord-Ouest, où elle a fondé Dënegóth Nají, une initiative communautaire visant à aider les personnes et les familles à s’y retrouver parmi divers services publics. Membre de la Première Nation des Dénés Yellowknives et mère de quatre enfants, Mme Delorme a expliqué avoir été personnellement touchée par la coupure de la deuxième génération prévue dans la Loi sur les Indiens, qui empêche ses enfants d’obtenir le statut d’Indien inscrit.
Selon elle, un véritable changement pour la prochaine génération d’enfants autochtones doit commencer par l’élimination des dispositions législatives qui font obstacle à la reconnaissance de leur identité, de leur culture et de leurs origines. Tenant l’un de ses bébés jumeaux sur ses genoux, elle a souligné qu’elle ne voulait pas que ses enfants passent leur vie à mener les mêmes combats.
« Aucun jeune ne devrait avoir à se battre pour prouver qui il est ou où est sa place », a-t-elle affirmé. « Je veux qu’ils grandissent dans un pays où l’on ne s’attend pas simplement à ce que les jeunes Autochtones soient résilients, mais où on leur donne le soutien, les possibilités et le pouvoir nécessaires pour exercer un leadership. Voilà ce que la guérison intergénérationnelle signifie pour moi. »

Chantal Kyplain, poète métisse et mère de deux enfants établie à Saskatoon, a plaidé en faveur d’un meilleur soutien aux membres de la famille à charge lorsqu’une personne tente de se suicider ou décède pendant une période de détention. Elle a témoigné des difficultés qu’elle a vécues et du peu de soutien qu’elle a reçu pour élever ses deux jeunes enfants après l’incarcération de leur père, sa libération, son retour en détention, son hospitalisation et son décès.
« Les données rendent difficiles à voir des enfants comme les miens », a-t-elle déclaré aux sénateurs. « La responsabilité du système ne peut pas prendre fin lorsqu’une personne meurt; elle doit aussi s’étendre aux enfants qui retournent chez eux en portant leur deuil. »
Aujourd’hui étudiante universitaire de première génération au baccalauréat en éducation, Mme Kyplain espère inspirer d’autres jeunes Autochtones à découvrir leur passion et à la poursuivre.

Noah Pépin-Papigatuk, jeune leader inuk de la petite communauté de Salluit, dans le Nord du Québec, a parlé avec franchise des conditions de logement au Nunavik et a affirmé aux sénateurs que la situation avait « atteint un point critique ». Il a souligné que l’offre de logements existants et la construction de nouvelles habitations n’ont pas suivi le rythme de la croissance démographique. Les délais d’attente sont longs et il n’est pas rare que de deux à quatre générations d’une même famille vivent sous un même toit.
Ce jeune travailleur du secteur minier et organisateur de camps de jour pour les jeunes a décrit les conséquences structurelles et sanitaires de la surpopulation résidentielle dans les communautés, notamment l’usure prématurée des habitations, l’augmentation du risque de propagation de maladies infectieuses ainsi que la hausse des cas de dépression et de troubles anxieux. Il a reconnu qu’il n’existe pas de « solution miracle », mais a demandé qu’un financement accru soit accordé à l’office d’habitation local.
« Ils construisent des maisons, et ils le font efficacement », a déclaré M. Pépin-Papigatuk au comité. « Il faut alimenter une machine déjà bien rodée. »

À titre de premier président autochtone de l’association étudiante de son université et de président de l’organisme de développement économique de la Première Nation T’Sou-ke, Dreyden George a présenté deux recommandations au comité : accroitre les investissements dans le Programme d’aide aux étudiants de niveau postsecondaire destiné aux étudiants des Premières Nations et créer davantage d’occasions de développement économique dirigé par des Autochtones afin d’améliorer les conditions de vie dans les réserves et de favoriser la propriété à long terme des entreprises.
Ce jeune leader de la Colombie-Britannique a parlé de l’accès limité au capital pour les nations autochtones ainsi que du manque de ressources pour les personnes autochtones qui souhaitent lancer des entreprises au sein de leur communauté et à leur service. Il a demandé l’élargissement des programmes de financement par capitaux propres destinés aux Autochtones, au-delà des simples garanties de prêts, ainsi que la création d’un fonds souverain autochtone permanent pour soutenir la participation et la propriété communautaires dans les grands projets.
« Les communautés autochtones devraient avoir la capacité et la possibilité d’assurer leur propre prospérité économique sur leurs territoires, sans avoir à renoncer à leurs droits territoriaux ni aux valeurs qui guident leur intendance des terres », a témoigné M. George.

Trinity Lafford-Desmond, de la Nation des Mi’kmaw de Paqtnkek, a témoigné de la nécessité d’offrir aux jeunes Autochtones des milieux d’apprentissage et de travail sécuritaires et respectueux, ainsi que de l’importance du mentorat dès le plus jeune âge. Cette étudiante en génie électrique, qui est micmaque et afro-néo-écossaise, a décidé de quitter son premier programme de génie après avoir été confrontée au racisme et au sexisme à l’école et dans le cadre de ses stages.
Elle a ensuite travaillé dans l’installation et la conception de systèmes solaires, contribuant à des projets d’énergie renouvelable dans des communautés autochtones partout en Nouvelle-Écosse. Ces projets lui ont donné un « nouveau sens à sa vie » et l’ont encouragée à retourner aux études afin de mieux redonner à ses communautés, a-t-elle expliqué aux sénateurs.
« Cette expérience m’a montré à quel point il est important que les jeunes voient des personnes qui leur ressemblent dans ces domaines », a déclaré Mme Lafford-Desmond.

Kyra Lustig, leader étudiante métisse de la rivière Rouge, a profité de son témoignage pour demander au gouvernement fédéral de démanteler les obstacles systémiques qui limitent l’accès des étudiants autochtones à l’éducation et de favoriser leur réussite scolaire en créant des espaces inclusifs qui « reconnaissent et valorisent l’identité de tous les étudiants autochtones ». Elle a expliqué aux sénateurs qu’en tant que femme autochtone présentant des traits perçus comme blancs, elle s’est souvent sentie exclue des discussions sur l’identité autochtone et l’accès aux ressources, et qu’elle a parfois été accusée d’être une pseudo-Autochtone par d’autres Autochtones. Selon elle, son travail auprès d’associations étudiantes lui a montré que de nombreux jeunes Autochtones au pays vivent des expériences semblables.
Mme Lustig a également parlé des effets néfastes du négationnisme à l’égard des pensionnats autochtones. Pour s’attaquer à ces enjeux, a-t-elle souligné, il faut avant tout renforcer l’éducation de l’ensemble de la population canadienne.
« Cela signifie investir dans des programmes qui favorisent l’éducation culturelle, offrent des ressources en santé mentale et garantissent un accès équitable au soutien scolaire », a-t-elle déclaré. « Cela signifie aussi veiller à ce que la véritable histoire du colonialisme et ses répercussions actuelles soient enseignées et reconnues dans nos systèmes d’éducation. »

Summer Wabasse, femme ojie-crie de la Première Nation de Webequie, dans le Nord de l’Ontario, a insisté sur le fait que la participation citoyenne doit être accessible à tous les jeunes Autochtones du pays. Évoquant les moments où elle s’est sentie davantage comme un « symbole » qu’un « véritable partenaire » à la table de discussion, elle a exhorté les législateurs à consulter les jeunes de façon significative et à les inviter régulièrement comme témoins lors des travaux parlementaires.
Elle a également demandé aux parlementaires d’en faire davantage pour contrer la montée du négationnisme à l’égard des pensionnats autochtones, notamment en le criminalisant, de combler les lacunes dans le financement des étudiants autochtones aux études postsecondaires et d’établir un financement stable et pluriannuel pour les conseils jeunesse et les programmes destinés aux jeunes Autochtones.
« C’est en faisant ce genre de travail que je me suis véritablement découverte », a-t-elle déclaré. « Je crois sincèrement que l’estime de soi vient de la conviction que l’on a un but et que l’on travaille à l’atteindre tout en mettant ses dons au service du monde. »
La sénatrice Michèle Audette, présidente du Comité sénatorial des peuples autochtones, tient le fils jumeau de Jaylene Neisa Delorme, participante à Voix de jeunes leaders autochtones, dans ses bras alors qu’elle souhaite la bienvenue à la cohorte 2026 du programme au Sénat, le 27 octobre 2026.
Le sénateur Paul Prosper sourit alors qu’il rencontre les participants de Voix de jeunes leaders autochtones 2026 lors d’une réception de bienvenue tenue à l’édifice du Sénat du Canada, le 27 octobre 2026.
Le sénateur Brian Francis et la sénatrice Tracy Muggli saluent Chantal Kyplain, l’une des huit participantes à Voix de jeunes leaders autochtones 2026.
La sénatrice Margo Greenwood, vice-présidente du comité, prononce le discours d’ouverture de Voix de jeunes leaders autochtones 2026 à l’édifice du Sénat du Canada le 28 octobre.
De gauche à droite, les Aînées Meeka Kakudluk et Claudette Commanda ont dirigé une cérémonie d’ouverture dans la Chambre rouge à l’intention des sénateurs et des jeunes participant à Voix de jeunes leaders autochtones 2026.
La sénatrice Bernadette Clement participe à une cérémonie de purification dans la Chambre du Sénat.
L’Aînée inuite Meeka Kakudluk allume le qulliq, une lampe à huile traditionnelle inuite sculptée dans la pierre de savon, dans la Chambre du Sénat.
La sénatrice Nancy Karetak-Lindell pose une question après avoir écouté les témoignages dans le cadre de Voix de jeunes leaders autochtones 2026.
La sénatrice Karen Sorenson est à l’écoute lors des témoignages présentés le 28 octobre 2026.
La sénatrice Kim Pate serre dans ses bras Makayla Mantla, qui a témoigné devant le comité dans le cadre de Voix de jeunes leaders autochtones 2026.
La sénatrice Yonah Martin écoute les témoignages des témoins.
Le sénateur Scott Tannas réagit aux témoignages présentés par de jeunes leaders autochtones le 28 octobre 2026.
Les huit participants à Voix de jeunes leaders autochtones 2026, au premier rang à partir de la droite, posent aux côtés des sénateurs du Comité sénatorial des peuples autochtones, à l’arrière-plan, le 28 octobre 2026.