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Perspectives - Du 27 février au 1er mars 2018
Perspectives - Du 27 février au 1er mars 2018
7 mars 2018
OPINIONS

La semaine dernière au Sénat : débats sur la législation sur le cannabis, réactions au budget fédéral de 2018 et hommage rendu au sénateur Watt.

Gouvernement

Le mois dernier, j’ai participé à une visite fascinante et très enrichissante d’un établissement autorisé de production de cannabis de Canopy Growth, à Smiths Falls, en Ontario, avec sept autres de mes collègues du Sénat. Cette visite, organisée par le parrain du projet de loi C-45, le sénateur Tony Dean, a donné aux sénateurs l’occasion de voir un exemple concret de production légale du cannabis dans le cadre de leur étude de la Loi sur le cannabis.

L’établissement comprenait des locaux sophistiqués qui comptent 168 000 pieds carrés d’espace de production autorisée. J’ai été impressionné par les règlements rigoureux qui existent pour assurer le contrôle de la qualité et la sécurité. Il est rassurant de savoir que de telles structures encadreront la légalisation du cannabis, et que les gouvernements et les autres services de sécurité possèdent une grande expertise dans ce domaine.

Il était également clair que les installations ont une incidence positive sur l’économie locale. La Canopy Growth, située dans une ancienne chocolaterie Hershey, a créé de l’emploi et entraîné des investissements à Smiths Falls. Elle étend actuellement ses activités à d’autres communautés rurales du Canada. Elle emploie plus de 700 employés à l’échelle du pays, et 400 postes y sont toujours vacants.

Il ne s’agit là que d’un exemple des préparatifs en cours en dehors de ce que fait le gouvernement au moment où le Canada s’engage dans la voie de la légalisation du cannabis. Les sénateurs participent à l’important débat sur le projet de loi C-45 qui se déroule dans la chambre du Sénat, mais il est bien qu’ils puissent se renseigner aussi sur ce sujet auprès d’entreprises et d’autorités de réglementation ayant de l’expérience dans ce domaine et qu’ils soient bien au courant des nombreuses mesures que celles-ci déploient en vue de la légalisation du cannabis.


Opposition

Le budget libéral de 2018 a été une autre occasion ratée pour Justin Trudeau et pour l’économie canadienne. L’économie mondiale a le vent dans les voiles. Cependant, Justin Trudeau omet de transformer l’occasion qui se présente en résultats pour les Canadiens. Il n’a pas pris de mesures concrètes pour accélérer l’exportation de nos ressources enclavées vers les marchés mondiaux, ce qui générerait des recettes évaluées à 46 milliards de dollars. En trois années seulement, le gouvernement Trudeau a accumulé 60 milliards de dollars de dette nationale. Le manque à gagner pour le présent exercice budgétaire est de 18 milliards de dollars, soit le triple de ce que Justin Trudeau avait promis au cours de la campagne électorale de 2015. Selon Finances Canada, le budget ne pourra être équilibré avant 2045, et le gouvernement refilera d’ici là aux générations futures une dette de 450 milliards de dollars de plus que celles-ci devront rembourser.

Chaque jour, nous constatons que Justin Trudeau laisse tomber les Canadiens de la classe moyenne, ceux-là mêmes qu’il est censé aider. Selon une récente étude de l’Institut Fraser, l’impôt sur le revenu a augmenté pour plus de 90 % des familles de la classe moyenne depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, en 2015. Au cours des deux premières années de pouvoir des conservateurs, ceux-ci ont remboursé une somme de 37 milliards de dollars afin de ramener la dette nationale à 457,6 milliards de dollars, et ont accumulé des déficits responsables pour réagir avec succès à la pire crise économique depuis la grande dépression avant de retourner à l’équilibre budgétaire.

Depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, les travailleurs canadiens obtiennent des politiques ratées : ils paient plus d’impôts, la dette est plus élevée, et le gouvernement effectue des dépenses effrénées qui ne leur offrent aucune solution.


Les libéraux du Sénat

Cette semaine, nous avons dit au revoir à l’un des plus anciens sénateurs, l’honorable Charlie Watt, qui prendra sa retraite plus tard au cours du mois.

Pendant ses 34 années à la chambre du Sénat, le sénateur Watt a démontré son engagement à protéger et à améliorer les droits des peuples autochtones du Canada, notamment de ceux des communautés inuites du Nunavik, dans le nord du Québec. Il est considéré comme l’une des forces motrices à l’origine du projet pilote de 2009 de services d’interprétation simultanée en inuktitut, qui devait lui permettre de parler directement à ses électeurs lorsqu’il se trouvait au Sénat.

Le sénateur Watt a également insisté pour que soit mis sur pied un comité sénatorial spécial sur l’Arctique. Ce comité commence à peine son travail, mais le président sortant lui a donné un excellent coup d’envoi.

Il convient aussi de souligner son excellent travail afin de documenter des sentiers inuits traditionnels dans l’Arctique canadien. La recherche qu’il a commandée, intitulée Inuit Trails and Arctic Occupancy, a permis de mettre au point un document unique, soit le premier à compiler et à analyser les cartes historiques de l’occupation de l’Arctique par les Inuits.

Le travail accompli par le sénateur Watt au nom des peuples autochtones se poursuivra bien au‑delà du Sénat. Le mois dernier, celui-ci a été élu pour présider la Société Makivik, au Nunavik, qui a été instituée afin d’administrer les paiements reçus dans le cadre de la Convention de la baie James et du Nord québécois sur les revendications territoriales, et qui porte sur presque toutes les facettes de la vie au Nunavik, des partenariats miniers au transport, en passant par l’éducation et le développement social. Il saura sûrement bien s’acquitter de ses fonctions. Nos meilleurs vœux de succès l’accompagnent dans ses nouvelles entreprises.


Groupe des sénateurs indépendant

C’est le début d’un temps nouveau.

La légalisation du cannabis soulève les passions. Le débat auquel nous participons comme société est sain, et il arrive à un moment particulièrement propice pour le Sénat.

Je suis particulièrement enthousiasmé qu’en tant qu’institution parlementaire, le Sénat ait décidé d’organiser ses travaux de manière différente afin de mettre la table pour le second regard objectif exhaustif auquel les Canadiennes et les Canadiens s’attendent de nous.

Dans un premier temps, je remercie mon collègue, le sénateur Tony Dean, le parrain de ce projet de loi, qui fait preuve d’un leadership novateur en proposant une nouvelle façon posée, coopérative et transparente d’étudier cette législation. Les défis à ce sujet sont nombreux, particulièrement pour notre jeunesse.

Dans un deuxième temps, comme société, j’ai le sentiment profond qu’il est temps de dépoussiérer notre manière traditionnelle d’opérer des changements sociétaux de la sorte, et par cette affirmation, j’entends la répartition constitutionnelle des compétences. Maintenant, plus que jamais, le fédéral n’a plus le monopole des bonnes idées.

Je milite depuis longtemps pour que le principe de la subsidiarité guide nos actions. En quelques mots, donnons au palier de gouvernement le plus efficace le mandat de la prestation de services et de la réglementation, dans le respect de son champ de compétence. La volonté du ministre des finances de transférer la majeure partie des revenus de taxe de la vente de cannabis est une bonne première étape, mais nous devons aller plus loin.

Chaque communauté de notre pays est unique. Chacune détient la clé afin que la légalisation du cannabis se déroule dans les meilleures conditions possibles, et ce, au bénéfice de tous les Canadiens, et particulièrement de notre jeunesse.

Il est de notre devoir, comme sénateur, d’analyser sérieusement les enjeux liés à la légalisation afin de prendre une décision éclairée.