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Renforcer l’architecture des sanctions autonomes canadiennes : Examen législatif quinquennal de la loi de Sergueï Magnitski et de la Loi sur les mesures économiques spéciales

Le Canada a considérablement augmenté son recours aux sanctions économiques pour punir les mauvais acteurs, mais l’efficacité de ces outils demeure difficile à évaluer. 

Recommandations

RECOMMANDATION 1

Que le gouvernement du Canada collabore avec ses alliés pour mettre en place un mécanisme formel de coordination et de mise en œuvre des sanctions autonomes et pour échanger les pratiques exemplaires permettant de maximiser l’efficacité des sanctions.


RECOMMANDATION 2

Que le gouvernement du Canada s’efforce d’être cohérent dans son application globale des sanctions autonomes imposées en réponse à des violations des droits de la personne.


RECOMMANDATION 3

Que le gouvernement du Canada fournisse des orientations politiques claires concernant le recours à la Loi sur les mesures économiques spéciales et à la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus (loi de Sergueï Magnitski), notamment en précisant les circonstances dans lesquelles l’une ou l’autre loi peut être utilisée et les raisons pour lesquelles une loi est privilégiée plutôt que l’autre.


RECOMMANDATION 4

Que le gouvernement du Canada définisse précisément les objectifs associés à un régime de sanctions donné et les communique clairement au public.


RECOMMANDATION 5

Que le gouvernement du Canada collabore avec ses alliés, la société civile et les milieux universitaires et de la recherche pour mettre au point une méthodologie permettant d’évaluer l’efficacité et l’impact des sanctions canadiennes, notamment leurs effets et leurs conséquences involontaires.


RECOMMANDATION 6

Que le gouvernement du Canada examine régulièrement les exceptions humanitaires prévues par les règlements canadiens sur les sanctions afin de s’assurer que le public dispose d’orientations claires en ce qui concerne la prestation d’aide humanitaire dans un État visé par des sanctions canadiennes.


RECOMMANDATION 7

Dans le cadre de la création d’un bureau spécialisé en matière de sanctions, que le gouvernement du Canada s’assure que les fonctionnaires participant à l’administration des régimes de sanctions du Canada reçoivent une formation sur les particularités des régimes de sanctions du Canada.


RECOMMANDATION 8

Dans le cadre de la création du bureau spécialisé en matière de sanctions, que le gouvernement du Canada élargisse la coordination interministérielle en matière de sanctions afin que toutes les agences et tous les ministères concernés, dont le Service canadien de renseignement de sécurité et le Centre de la sécurité des télécommunications, puissent contribuer à l’identification des personnes et entités qui pourraient faire l’objet de sanctions autonomes de la part du Canada.


RECOMMANDATION 9

Que le gouvernement du Canada investisse davantage de ressources financières et humaines dans l’application des sanctions, en fournissant un nouveau financement dédié à cette fin à la Gendarmerie royale du Canada et à l’Agence des services frontaliers du Canada.


RECOMMANDATION 10

Que le gouvernement du Canada fournisse des renseignements d’identification plus détaillés sur les personnes et les entités sanctionnées dans les règlements pris en vertu de la Loi sur les mesures économiques spéciales et de la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus (loi de Sergueï Magnitski). En outre, que le gouvernement inclue les renseignements d’identification détaillés dans la Liste consolidée des sanctions autonomes canadiennes, de même que les raisons qui expliquent l’inscription des individus et des entités. 

RECOMMANDATION 11

Que le gouvernement du Canada évalue la possibilité, les avantages et les inconvénients d’inclure à la liste consolidée les personnes et entités sanctionnées en vertu de la Loi des Nations Unies, de la Loi sur le blocage des biens de dirigeants étrangers corrompus et en vertu des dispositions du Code criminel sur les entités terroristes.


RECOMMANDATION 12

Que le gouvernement du Canada modifie la Loi sur les mesures économiques spéciales et la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus (loi de Sergueï Magnitski) afin d’exiger du gouvernement qu’il produise un rapport annuel détaillé au Parlement sur la mise en œuvre des régimes de sanctions du Canada. Ce rapport pourrait inclure de l’information concernant l’impact et l’efficacité des régimes de sanctions du Canada ainsi que la valeur des avoirs gelés et des transactions bloquées sous chaque régime de sanctions.


RECOMMANDATION 13

Que le gouvernement du Canada se fixe comme priorité d’élaborer et fournir au public et au secteur privé des directives écrites précises et complètes sur l’interprétation des lois et des règlements sur les sanctions autonomes canadiennes. Ces directives devraient être mises à jour régulièrement et rapidement en fonction des nouveaux règlements adoptés en vertu des régimes de sanctions du Canada.


RECOMMANDATION 14

Que le gouvernement du Canada évalue la façon dont il pourrait utiliser les pouvoirs existants pour délivrer des permis généraux dans le cadre de la Loi sur les mesures économiques spéciales et de la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus (loi de Sergueï Magnitski).


RECOMMANDATION 15

Que le gouvernement du Canada mette en place un mécanisme efficace et transparent pour étudier les demandes de radiation avec des normes de services précises. En outre, que le gouvernement du Canada informe les personnes et les entités visées par des sanctions autonomes des mesures prises à leur encontre, y compris la raison pour laquelle elles sont sanctionnées, et les informe de la façon de soumettre une demande de radiation.


RECOMMANDATION 16

Que le gouvernement du Canada établisse des normes de service précises pour le traitement des demandes de permis présentées dans le cadre de la Loi sur les mesures économiques spéciales et de la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus (loi de Sergueï Magnitski).


RECOMMANDATION 17

Que le gouvernement du Canada collabore avec ses alliés, notamment dans le cadre du Groupe de travail sur les élites, les mandataires et les oligarques russes, afin de mettre en commun les pratiques exemplaires en matière de confiscation et de réaffectation des actifs sanctionnés.


RECOMMANDATION 18

Que le gouvernement du Canada modifie la Loi sur les mesures économiques spéciales et la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus (loi de Sergueï Magnitski) pour exiger que les comités du Sénat et de la Chambre des communes mènent un examen approfondi des deux lois tous les dix ans.


RECOMMANDATION 19

Que le gouvernement du Canada modifie la Loi sur les mesures économiques spéciales et la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus (loi de Sergueï Magnitski) afin d’exiger que les nouveaux règlements pris au titre de l’une ou l’autre de ces lois comportent une disposition de caducité qui fixerait une date pour l’expiration d’un régime de sanctions, à moins qu’il ne soit renouvelé avant la date d’expiration prévue.

Communiqué

Ottawa – Le Canada a considérablement augmenté son recours aux sanctions économiques pour punir les mauvais acteurs, mais l’efficacité de ces outils demeure difficile à évaluer, a déclaré un comité sénatorial dans un rapport publié le mardi 16 mai 2023.

Le Comité sénatorial des affaires étrangères et du commerce international a étudié la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus (loi de Sergueï Magnitski) et la Loi sur les mesures économiques spéciales, les deux principales lois canadiennes sur les sanctions autonomes. Des sanctions autonomes peuvent être appliquées en l’absence d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies; elles permettent au Canada d’imposer des mesures restrictives à des personnes, à des entités et à des États étrangers en fonction des considérations de politique étrangère du Canada et lorsque les critères d’admissibilité énoncés dans la loi sont respectés.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, le Canada a imposé des sanctions contre plus de 1 600 personnes et entités de la Russie, de l’Ukraine et du Bélarus; le Canada a également imposé de vastes interdictions sur la fourniture de biens et de services à la Russie.

Le comité a appris que de nombreuses variables influent sur l’efficacité des sanctions, y compris le degré d’interdépendance économique avec le pays visé et la question de savoir si la communauté internationale prend des mesures semblables. Des témoins ont souligné, par exemple, que les sanctions internationales contre l’apartheid en Afrique du Sud ont porté leurs fruits, mais que les sanctions contre la Corée du Nord ont eu moins de succès. De plus, les sanctions peuvent toucher de façon disproportionnée les plus démunis du pays visé tout en enchâssant l’autoritarisme et la corruption.

Des témoins ont dit que le Canada bénéficierait de meilleurs outils pour évaluer l’incidence et l’efficacité de ses sanctions, y compris toute conséquence imprévue; parmi les 18 recommandations du rapport, on demande au gouvernement fédéral d’élaborer une méthodologie pour y arriver.

Faits en bref

Citations

« Les sanctions autonomes sont devenues une voie diplomatique privilégiée pour faire face aux crises internationales. Alors que le Canada utilise de plus en plus cet outil, il est essentiel que les Canadiens comprennent mieux l’efficacité de nos lois sur les sanctions, en particulier pour veiller à ce que les personnes vulnérables ne deviennent pas des dommages collatéraux. »

– Sénateur Peter M. Boehm, président du comité

« Les sanctions ciblées contre ceux qui bafouent les droits de la personne et qui tournent le dos à la paix envoient un message clair au sujet de nos valeurs. Compte tenu de la tragédie qui se déroule en Ukraine, il est particulièrement approprié d’examiner le régime canadien de sanctions. Nous exhortons le gouvernement fédéral à tenir compte de nos recommandations pour renforcer ces mesures. » 

– Sénateur Peter Harder, vice-président du comité

« Nous avons entendu dire que les sanctions sont plus efficaces lorsque la communauté internationale agit de concert. Si le Canada veut faire preuve de leadership en matière de sécurité et de droits de la personne, nous devons travailler en étroite collaboration avec nos alliés pour veiller à ce que les mesures que nous prenons soient plus que symboliques. »

– Sénateur Michael L. MacDonald, membre du Sous-comité du programme et de la procédure

« Il est clair qu’il faut plus d’information sur l’efficacité de la loi de Magnitski et de la Loi sur les mesures économiques spéciales. Les auteurs de violations flagrantes des droits de la personne et des normes internationales méritent d’être sanctionnés, mais nous devons aussi comprendre les conséquences de nos actes. »

– Sénateur Stephen Greene, membre du Sous-comité du programme et de la procédure

Liens connexes

 

Pour plus de renseignements :
Amely Coulombe
Agente de communications | Sénat du Canada
613-575-7553 | amely.coulombe@sen.parl.gc.ca

 

Les sénateurs qui ont participé à cette étude

Peter M. Boehm

Peter M. Boehm
GSI - Ontario

Peter Harder, c.p.

Peter Harder, c.p.
GPS - Ontario

Gwen Boniface

Gwen Boniface
GSI - Ontario

Mary Coyle

Mary Coyle
GSI - Nouvelle-Écosse (Antigonish)

Marty Deacon

Marty Deacon
GSI - Ontario (Région de Waterloo)

Amina Gerba

Amina Gerba
GPS - Québec (Rigaud)

Stephen Greene

Stephen Greene
GSC - Nouvelle-Écosse (Halifax - La Citadelle)

Leo Housakos

Leo Housakos
C - Québec (Wellington)

Mohamed-Iqbal Ravalia

Mohamed-Iqbal Ravalia
GSI - Terre-Neuve-et-Labrador

Michael L. MacDonald

Michael L. MacDonald
C - Nouvelle-Écosse (Cape Breton)

David Richards

David Richards
C - Nouveau-Brunswick

Yuen Pau Woo

Yuen Pau Woo
GSI - Colombie-Britannique

Membres d’office du comité : l'honorable sénateur Marc Gold, c.p., ou Raymonde Gagné, l’honorable sénateur Donald Plett, ou Yonah Martin

Autres sénateurs ayant participé à l’étude : La sénatrice Diane Bellemare, sénatrice Margaret Dawn Anderson, sénatrice Bev Busson, sénateur Tony Loffreda, sénatrice Paula Simons et sénatrice Julie Miville-Dechêne.

Réponse du gouvernement

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