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Canada-Afrique : Saisir une opportunité stratégique

Malgré le rôle et l’influence croissants de l’Afrique sur la scène mondiale, le Canada n’a pas adapté son engagement envers le continent en consequence. L’engagement du Canada en Afrique devrait reposer sur une approche ambitieuse, soutenue et axée sur la création de partenariats mutuellement profitables.

Résumé

Le Canada doit s’investir pleinement dans un engagement en Afrique s’il ne veut pas manquer le coche. Voilà la principale conclusion de l’étude sur les intérêts et l’engagement du Canada en Afrique réalisée par le Comité sénatorial permanent des affaires étrangères et du commerce international (le comité). Cette étude brosse le tableau d’un continent africain en pleine évolution qui se démarque par la forte croissance de sa jeune population, son essor économique et la hausse de son influence géostratégique. Malgré le rôle et l'influence croissants de l'Afrique sur la scène internationale, le comité a appris que le Canada n’avait pas adapté son engagement envers le continent en conséquence, ce qui a entraîné des occasions manquées et une érosion progressive de sa pertinence en Afrique.

Le présent rapport examine l’engagement du Canada en Afrique sous l’angle du renforcement des partenariats mutuellement profitables avec des intervenants africains. Il commence par une vue d’ensemble des possibilités et des difficultés actuelles et futures en Afrique, suivi d’un résumé des principes directeurs qui devraient orienter l’engagement du Canada dans ce continent. En particulier, le rapport décrit des moyens pour le Canada de renforcer ses relations avec les pays d’Afrique aux niveaux régional et multilatéral, y compris par l’intermédiaire de l’Union africaine, des Communautés économiques régionales de l’Afrique et du Groupe des vingt. Le rapport énumère aussi des priorités stratégiques du Canada en Afrique, notamment dans les domaines de la paix et de la sécurité, de la gouvernance et du développement, ainsi que du commerce, des investissements et des relations.

Il contient 21 recommandations pour aider le gouvernement canadien à renforcer l’engagement du Canada en Afrique. Les recommandations du comité abordent plusieurs questions, y compris l’amélioration du dialogue politique avec la Commission de l’Union africaine, la contribution à la mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine, et la mobilisation du soutien apporté aux opérations de paix sous conduite africaine et à d’autres priorités africaines comme l’Agenda 2063. Il est aussi recommandé que le gouvernement du Canada fasse progresser les relations commerciales et les projets d’investissements canado‑africains en investissant dans Exportation et développement Canada, le Service des délégués commerciaux et d’autres organismes et outils conçus pour « dé-risquer » et approfondir son engagement commercial dans le continent africain.

L’étude du comité s’est terminée durant une période de grande turbulence dans les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis. Le climat économique actuel fait ressortir l’urgence pour le Canada de diversifier ses relations commerciales et de bâtir de solides partenariats stratégiques avec des pays du monde entier. À une époque marquée par l’incertitude géopolitique et les menaces pour le libre-échange, le comité est d’avis que le renforcement des partenariats en Afrique représente plus qu’une occasion de croissance économique; c’est une nécessité stratégique. Le Canada devrait concrètement faire une priorité de son engagement en Afrique.

Recommandations

Recommandation 1

Le gouvernement du Canada devrait produire un plan d’action exhaustif et concret comportant des objectifs quantifiables, des délais et des ressources allouées pour assurer une mise en œuvre efficace et cohérente de la Stratégie du Canada pour l’Afrique. Par souci de transparence et de responsabilisation, le gouvernement du Canada devrait aussi produire un rapport annuel sur l’avancement et les résultats de la Stratégie du Canada pour l’Afrique.


Recommandation 2

Le gouvernement du Canada devrait régulièrement tenir des dialogues de haut niveau avec la Commission de l’Union africaine et envisager d’organiser un sommet avec les chefs d’État africains.


Recommandation 3

Le gouvernement du Canada devrait échanger avec ses partenaires du G7 et du G20 pour accroître le soutien et les ressources consacrés aux priorités africaines, y compris pour l’Agenda 2063.


Recommandation 4

Le gouvernement du Canada devrait continuer à offrir un soutien financier et technique pour la mise en œuvre et l’opérationnalisation de la Zone de libre‑échange continentale africaine.


Recommandation 5

Le gouvernement du Canada devrait renforcer l’engagement et le soutien qu’il apporte à l’Union africaine et aux communautés économiques régionales de l’Afrique et devrait accroître la présence du Canada sur leur territoire.


Recommandation 6

Affaires mondiales Canada devrait veiller à ce que tous ses employés canadiens aient accès à des cours fondés sur l’expertise fonctionnelle et géographique concernant l’Afrique et devrait soutenir les employés qui souhaitent obtenir successivement plusieurs affectations outre-mer en Afrique.


Recommandation 7

Le gouvernement du Canada devrait préciser les rôles et les priorités de l’envoyé spécial du Canada pour l’Afrique et de l’envoyé spécial du Canada pour le Sahel et devrait fournir aux deux envoyés les ressources dont ils ont besoin pour remplir leur mandat.


Recommandation 8

Le gouvernement du Canada devrait faire du Sahel une priorité dans le cadre de ses programmes de sécurité en Afrique et devrait chercher des occasions de jouer un rôle rassembleur auprès de ses partenaires internationaux pour soutenir le dialogue et la paix dans la région.


Recommandation 9

Le gouvernement du Canada devrait soutenir la mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité des Nations Unies et devrait stimuler le soutien international pour les opérations de paix dirigées par l’Afrique.


Recommandation 10

Le gouvernement du Canada devrait donner la priorité aux processus de consolidation de la paix pluralistes et inclusifs en Afrique, y compris en soutenant des programmes qui favorisent la participation des femmes et des jeunes africains à toutes les étapes des processus de paix et des initiatives de prévention des conflits.


Recommandation 11

Le gouvernement du Canada devrait préciser le statut du Bureau de l’ombudsman canadien de la responsabilité des entreprises et donner à ce bureau – ou à un nouveau mécanisme de traitement des plaintes et d’application de la loi – le pouvoir et les ressources nécessaires pour qu’il puisse faire enquête rapidement et efficacement sur les plaintes formulées contre les entreprises canadiennes qui mènent des activités en Afrique.

Recommandation 12

Le gouvernement du Canada devrait donner la priorité au soutien de l’éducation à tous les niveaux en Afrique et devrait soutenir l’élargissement des connaissances et de l’expertise sur l’Afrique au sein des institutions publiques canadiennes.


Recommandation 13

Le gouvernement du Canada devrait encourager et faciliter l’établissement de partenariats et d’autres liens entre les universités et les centres de recherches du Canada et de l’Afrique.


Recommandation 14

Le gouvernement du Canada devrait cerner les lacunes dans les domaines du financement du développement en Afrique où le Canada dispose d’un avantage comparatif et devrait s’engager à y consacrer des ressources à long terme pour les combler.


Recommandation 15

Dans le cadre de la Stratégie du Canada pour l’Afrique, le gouvernement du Canada devrait prévoir des capitaux supplémentaires pour les activités de FinDev Canada en Afrique. FinDev Canada devrait faire en sorte que ses activités en Afrique soient visibles, ciblées et compatibles avec les priorités continentales décrites dans l’Agenda 2063.


Recommandation 16

Le gouvernement du Canada devrait désigner l’Afrique comme une priorité stratégique de son programme de diversification commerciale et devrait se pencher sur les possibilités de faire avancer la négociation d’accords de libre-échange avec les pays africains.


Recommandation 17

Le gouvernement du Canada devrait renforcer le Service des délégués commerciaux et les autres outils et mécanismes conçus pour soutenir les entreprises canadiennes qui veulent faire du commerce avec des pays africains ou investir dans ces pays.


Recommandation 18

Le gouvernement du Canada devrait chercher à conclure de nouveaux accords sur la promotion et la protection des investissements étrangers avec des pays africains pour améliorer la protection des investisseurs et stimuler les investissements bilatéraux.


Recommandation 19

Le gouvernement du Canada devrait renforcer le soutien qu’il apporte à Exportation et développement Canada et aux autres instruments conçus pour réduire les risques et accroître l’engagement commercial canadien en Afrique.


Recommandation 20

Le gouvernement du Canada devrait veiller à ce que le mécanisme de mobilisation de la diaspora donne lieu à des interactions périodiques fructueuses avec la diaspora africaine au Canada et la diaspora canadienne en Afrique. L’un des objectifs du gouvernement du Canada devrait être de s’appuyer sur le mécanisme de mobilisation de la diaspora pour mettre sur pied de nouvelles initiatives fondées sur les relations interpersonnelles entre le Canada et les pays africains, comme des échanges d’étudiants. Le gouvernement du Canada devrait aussi envisager d’établir un organisme consultatif plus formel qui s’occuperait des consultations menées auprès de la diaspora africaine au Canada.


Recommandation 21

Le gouvernement du Canada devrait réviser ses systèmes et ses structures de traitement des demandes de visa provenant de personnes en Afrique qui désirent se rendre au Canada afin que les délais et les normes de service connexes soient raisonnables et équitables.

Communiqué

Ottawa – Le Canada doit agir de manière décisive pour renforcer son engagement en Afrique, selon un rapport du Comité sénatorial des affaires étrangères et du commerce international publié le jeudi 11 décembre 2025.

Le rapport, intitulé Canada-Afrique : Saisir une opportunité stratégique, exhorte le gouvernement fédéral à resserrer les partenariats canadiens avec les pays et les intervenants africains, et fait 21 recommandations afin de contribuer à l’atteinte de cet objectif.

Le gouvernement devrait désigner l’Afrique en tant que priorité stratégique de son programme de diversification commerciale et faire avancer les discussions sur le libre-échange et l’investissement avec les pays africains. Il n’y a pas de temps à perdre : les grandes puissances économiques que sont la Chine et les États-Unis, ainsi que les pays européens, de l’Indo-Pacifique et du Moyen-Orient, ont pris conscience de l’immense potentiel économique de l’Afrique et nouent des liens avec les pays africains à un rythme de plus en plus soutenu.

La place du continent africain s’est transformée dans le paysage géopolitique. Dans son rapport, le comité invite le Canada à resserrer ses liens avec les pays africains à l’échelle régionale, notamment en appuyant la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine et en contribuant à l’avancement des opérations de paix dirigées par des pays africains et d’autres priorités africaines, telles que l’Agenda 2063.

Le rapport fait suite à la publication du budget de 2025, qui ne fait mention ni de l’Afrique ni de la nouvelle Stratégie du Canada pour l’Afrique. Il enjoint au gouvernement fédéral de produire un plan d’action concret comportant des objectifs quantifiables, des délais et des ressources allouées pour assurer une mise en œuvre efficace et cohérente de la Stratégie du Canada pour l’Afrique.

Le Canada ne peut se permettre de faire fi des perspectives de partenariats mutuellement bénéfiques avec les nations africaines, en particulier au vu des récentes perturbations commerciales avec le principal partenaire commercial du Canada, les États-Unis. Le Canada doit s’investir pleinement en Afrique s’il ne veut pas manquer le coche.

En bref

  • Selon les estimations de la Banque africaine de développement, l’Afrique comptera 13 des 20 économies mondiales qui connaîtront la croissance la plus rapide en 2025. Le continent compte une population de 1,4 milliard d’habitants, qui devrait atteindre 2,5 milliards d’ici 2050.
  • En 2024, l’Afrique ne représentait que 1 % du total du commerce de marchandises avec le Canada, totalisant 15,1 milliards de dollars; la même année, les investissements directs canadiens en Afrique ont atteint 12 milliards de dollars.
  • Le Canada compte environ 1,3 million de personnes d’origine africaine. Le rapport recommande au Canada de tirer parti de ces liens pour tisser de nouvelles relations interpersonnelles, ce qui comprend des échanges d’étudiants.

Liens connexes

Pour plus de renseignements :
Sabryna Lemieux
Agente de communications | Sénat du Canada
343-598-3547 | Sabryna.Lemieux@sen.parl.gc.ca

Sénateurs qui ont participé à cette étude

Peter M. Boehm

Peter M. Boehm
GSI - Ontario

Peter Harder, c.p.

Peter Harder, c.p.
GPS - Ontario

Charles S. Adler

Charles S. Adler
GSC - Manitoba

Mohammad Al Zaibak

Mohammad Al Zaibak
GSC - Ontario

Salma Ataullahjan

Salma Ataullahjan
C - Ontario (Toronto)

Mary Coyle

Mary Coyle
GSI - Nouvelle-Écosse (Antigonish)

Marty Deacon

Marty Deacon
GSI - Ontario (Région de Waterloo)

Amina Gerba

Amina Gerba
GPS - Québec (Rigaud)

Martine Hébert

Martine Hébert
GSI - Québec (Victoria)

Michael L. MacDonald

Michael L. MacDonald
C - Nouvelle-Écosse (Cape Breton)

Mohamed-Iqbal Ravalia

Mohamed-Iqbal Ravalia
GSI - Terre-Neuve-et-Labrador

Duncan Wilson

Duncan Wilson
GPS - Colombie-Britannique

Yuen Pau Woo

Yuen Pau Woo
GSI - Colombie-Britannique

Membres d’office du comité : L’honorable Pierre Moreau, c.p., ou l’honorable Patti LaBoucane-Benson, l’honorable Leo Housakos ou l’honorable Yonah Martin, l’honorable Raymonde Saint-Germain ou l’honorable Bernadette Clement, l’honorable Scott Tannas ou l’honorable Rebecca Patterson, l’honorable Brian Francis ou l’honorable Judy A. White

Autres sénateurs et sénatrices ayant participé à l’étude : L’honorable sénatrice Gwen Boniface (ancienne membre retraitée), l’honorable sénatrice Michèle Audette, l’honorable sénateur Andrew Cardozo, l’honorable sénateur Tony Dean, l’honorable sénateur Daryl S. Fridhandler, l’honorable sénateur Stephen Green (ancien membre retraité), l’honorable sénatrice Margo Greenwood, l’honorable sénateur Leo Housakos (ancien membre), l’honorable sénateur Stan Kutcher, l’honorable sénatrice Marnie McBean, l’honorable sénateur John M. McNair, l’honorable sénateur David Richards (ancien membre retraité), l’honorable Mary Robinson (ancienne membre), l’honorable sénatrice Krista Ross, l’honorable sénatrice Suze Youance

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