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Des souvenirs de la Première Guerre mondiale occupent une place importante au Sénat
COMMENT & POURQUOI
Des souvenirs de la Première Guerre mondiale occupent une place importante au Sénat
19 juillet 2018

La Colline du Parlement compte des centaines d’œuvres d’art. Parmi les plus impressionnantes figurent huit toiles de guerre accrochées aux murs de la Chambre du Sénat. Celles-ci rappellent les sacrifices du Canada lors de la Première Guerre mondiale.

En raison de leur taille monumentale, soit plus de trois mètres de largeur et deux mètres de hauteur, elles présentent un défi aux spécialistes qui devront s’assurer de les manipuler avec soin lorsque les travaux de rénovation débuteront à l’édifice du Centre centenaire.

 

À cette fin, une équipe de conservateurs du Musée canadien de la guerre et de l’Institut canadien de conservation a évalué l’état des toiles à l’hiver 2018.

Cette analyse les aidera à identifier les mesures de protection qui s’imposent lorsque les toiles seront décrochées.

Ces toiles sont accrochées dans la Chambre haute du Parlement depuis 1921 grâce à un prêt du Musée des beaux-arts du Canada au Sénat. Cent ans plus tard, ces toiles servent toujours à rappeler aux sénateurs leurs responsabilités face au pays et aux gens qu'ils servent.

Ces œuvres d’art font partie d’une collection de près de 1 000 œuvres commandées par le Fonds de souvenirs de guerre canadien, une invention de Max Aitken, le baron des médias néo-brunswickois qui est ensuite devenu le premier baron Beaverbrook en 1917.

Il a par la suite servi en tant que ministre au Royaume-Uni sous les gouvernements de David Lloyd George et de Winston Churchill. La collection a été confiée au Musée canadien de la guerre en 1971.

La sénatrice Patricia Bovey, historienne de l’art et ancienne directrice de la Winnipeg Art Gallery, a affirmé que le fonds, le tout premier programme d’œuvres d’art de la Première Guerre mondiale, a permis de relater l’histoire de plus de 425 000 Canadiens qui ont servi à l’étranger et dont les sacrifices ont permis de renforcer la réputation du Canada à l’échelle mondiale.

« Le Canada a atteint sa majorité sur le plan international durant la Première Guerre mondiale, et le programme d’art a contribué à rendre cela possible. Ce sont nos artistes, nos photographes et nos réalisateurs qui ont dépeint les images, les horreurs et les actions de la guerre. »

 

Même si la majorité des artistes de guerre ayant peint les troupes canadiennes en action étaient Anglais, de notables peintres canadiens y ont aussi contribué, notamment James Kerr-Lawson, né en Écosse, mais qui a grandi à Hamilton, en Ontario.

Sa toile représentant Ypres, en Belgique, anéantie par les bombardements, où des troupes allemandes ont lancé des attaques au chlore gazeux contre des soldats canadiens, anglais et français, est suspendue au mur du côté est.

« L'utilisation de la lumière et de la couleur par l'artiste est poignante », a souligné la sénatrice Bovey.

« La teinte acide de vert choisie par M. Kerr-Lawson illustre de façon frappante l’horreur liée à l’utilisation des gaz pendant les guerres. »

Rebecca Renner, superviseure, Conservation et Services techniques au Musée canadien de la guerre, faisait partie de l’équipe de conservateurs chargés d’examiner les toiles à l’aide de loupes, un centimètre à la fois.

« Nous faisons le point sur l’état actuel des toiles et des causes de détérioration avant qu’elles soient décrochées », a expliqué Mme Renner.

« Cela nous permet de bien comprendre la portée des travaux qui seront requis afin de protéger les œuvres lorsqu’elles seront retirées du Sénat. »

« Une planification soignée est nécessaire pour manipuler des tableaux d’une telle importance et de telles dimensions. Il ne sera pas facile de les retirer de la Chambre du Sénat en toute sécurité. »


Apprenez-en davantage sur les tableaux de guerre, ainsi que sur la Chambre du Sénat, en effectuant la visite virtuelle du Sénat.

La peintre anglaise Clare Atwood illustre des soldats en permission en 1917 qui engorgent une gare ferroviaire lors de leur retour au front occidental. Même si les femmes n’avaient pas le droit de documenter ce qui se passait sur les champs de bataille, Clare Atwood a été en mesure de saisir un aspect révélateur de ce conflit éprouvant grâce à cette représentation de Londres en temps de guerre. (Collection Beaverbrook d’Art militaire, Musée canadien de la guerre, CWM 19710261-0017)

L’artiste paysagiste anglais George Clausen a visité le nord de la France, une région ravagée par la guerre, seulement quelques mois après l’entrée en vigueur de l’entente d’Armistice en 1918 qui a mis un terme à la guerre. Le niveau de dévastation qu’il a vu l’a inspiré à peindre cette scène qui illustre des civils indigents qui retournent à leurs villages détruits. (Collection Beaverbrook d’Art militaire, Musée canadien de la guerre, CWM 19710261-0121)

La deuxième bataille d’Ypres en 1915, durant laquelle les troupes canadiennes ont subi des attaques au gaz toxique et des bombardements incessants, a réduit ce jadis magnifique village flamand en ruines. L’artiste canadien James Kerr-Lawson a juxtaposé la fumée qui se dissipe de la bataille et les vestiges des Halles aux draps et de la cathédrale. (Collection Beaverbrook d’Art militaire, Musée canadien de la guerre, CWM 19710261-0334)

Edgar Bundy illustre le moment où les troupes canadiennes ont mis les pieds sur le continent européen pour la première fois. La Première Division canadienne, dirigée par le corps de cornemuse des régiments Royal Highland, défile devant des résidents enthousiastes de Saint-Nazaire, en France, avant de se rendre au front occidental. (Collection Beaverbrook d’Art militaire, Musée canadien de la guerre, CWM 19710261-0110)

Le peintre anglais Leonard Richmond illustre les troupes ferroviaires canadiennes qui construisent des voies ferrées près du front d’Arras, dans le nord de la France. Les troupes chargées des routes, des voies ferrées et des ponts ont subi des bombardements de l’artillerie allemande afin que le ravitaillement vers le front ne soit pas interrompu. (Collection Beaverbrook d’Art militaire, Musée canadien de la guerre, CWM 19710261-0582)

L’artiste anglais Algernon Talmage a peint des soldats canadiens dans une unité vétérinaire mobile qui évacuent des chevaux blessés pendant la bataille de Cambrai à l’automne 1917. Un nombre ahurissant de chars d’assaut ont été envoyés à Cambrai, mais les chevaux étaient tout de même nécessaires pour transporter les provisions et les personnes blessées. (Collection Beaverbrook d’Art militaire, Musée canadien de la guerre, CWM 19710261-0596)

La ville d’Arras, au nord de la France, a été pratiquement détruite à la suite de quatre ans de bombardements constants. James Kerr-Lawson a réussi à immortaliser la dévastation de façon aussi suggestive que dans sa toile Les Halles d’Ypres, accrochée au mur opposé de la Chambre du Sénat. (Collection Beaverbrook d’Art militaire, Musée canadien de la guerre, CWM 19710261-0335)

Sir William Rothenstein illustre la paix troublante qui est entrée en vigueur le 11 novembre 1918, en mettant l’accent sur un point de contrôle des alliés le long du Rhin, en Allemagne. Une sentinelle britannique monte la garde près d’un obusier, et Cologne est en arrière-plan. (Collection Beaverbrook d’Art militaire, Musée canadien de la guerre, CWM 19710261-0601)