« Le Sénat semble plus inclusif » : la sénatrice Dasko revient sur son travail au Parlement et sur les sondages d’opinion

Spécialiste en sondages devenue parlementaire, la sénatrice Donna Dasko s’est toujours souciée de ce que pensent les Canadiens.
La sénatrice de l’Ontario a été vice-présidente principale d’Environics et a cofondé À voix égales avant de se joindre au Sénat en 2018, où elle met à profit ses compétences analytiques dans son travail en comité et à la Chambre rouge.
Avant de partir à la retraite, le 19 août 2026, la sénatrice Dasko s’est entretenue avec SenCAplus d’une carrière consacrée aux sondages, aux politiques publiques et à la parité hommes-femmes.
Avant d’être au Sénat, vous étiez connue pour votre travail de défense en faveur d’une plus grande représentation des femmes en politique à tous les niveaux. Qu’est-ce qui a inspiré ce travail?
Au début de ma carrière dans le domaine des sondages publics, j’ai commencé à examiner les données et à constater les différences d’opinions entre les hommes et les femmes sur diverses questions, de la guerre et de la paix aux programmes sociaux.
Ces divergences d’opinions ont finalement été qualifiées d’« écart entre les sexe ». J’ai commencé à me demander si les opinions des femmes étaient prises en compte dans le domaine public et à m’intéresser à ce sujet.
Puis, au moment des élections de 1988, on m’a demandé de me joindre au « Committee for ‘94 », qui visait à ce que les femmes occupent la moitié du total des sièges de la Chambre des communes d’ici 1994. À l’approche de notre échéance, nous étions encore à des années-lumière de cet objectif. Nous avons dissous le comité.
Passons à 2001, environ 10 ans plus tard, alors que j’ai accueilli un groupe de femmes chez moi à Toronto pour discuter de la manière dont nous pourrions faire élire plus de femmes. C’est ainsi qu’À voix égales est né. Frances Lankin, Ratna Omidvar et Marilou McPhedran, qui sont également devenues sénatrices, étaient présentes, ainsi que plusieurs autres femmes de premier plan telles que l’actuelle maire de Toronto, Olivia Chow, et Janet Ecker, qui est devenue plus tard la première femme à présenter le budget de l’Ontario en tant que ministre des Finances. Nous étions un groupe très multipartisan.
Aujourd’hui, À voix égales est le seul organisme non gouvernemental canadien qui œuvre à accroître la représentation des femmes élues partout au pays. L’organisme a célébré son 25e anniversaire le 6 mai 2026. Malheureusement, ses initiatives progressent très lentement.
Le Sénat a atteint la parité entre les sexes pour la première fois en 2020. Que signifiait pour vous l’atteinte de cet objectif?
C’était fantastique. On peut voir comment la culture d’une assemblée législative ou d’un Parlement change lorsque davantage de femmes y siègent, et même comment les questions évoluent.
Je n’étais pas au Sénat à l’époque, mais j’en comprends bien l’ambiance, car j’ai toujours été accro à la politique.
Je sais à quoi ressemble la culture de la « vieille clique d’hommes ». Le Sénat est plus inclusif et plus accueillant aujourd’hui.
La sénatrice Donna Dasko aux côtés de Ratna Omidvar, alors sénatrice, son amie proche et sa marraine, et du sénateur Peter Harder, lors de sa cérémonie d’assermentation dans la demeure permanente du Sénat à l’édifice du Centre.
La sénatrice Dasko, deuxième à droite au dernier rang, visite l’Assemblée législative du Nunavut avec des membres du Comité sénatorial de la sécurité nationale, de la défense et des anciens combattants lors d’une mission d’étude dans le Nord en 2022.
Au cours de la mission d’étude dans le Nord en 2022, la sénatrice Dasko s’entretient avec le sénateur Tony Dean après avoir quitté le quartier général de la Force opérationnelle interarmées (Nord) à Yellowknife, Territoires du Nord-Ouest..
En tant que vice-présidente du Comité sénatorial des transports et des communications, la sénatrice Dasko a organisé une conférence de presse pour souligner le lancement du rapport du Comité L’actualité locale, ça compte : Repenser le rôle de CBC/Radio-Canada dans un paysage médiatique en mutation. On y voit également le sénateur David M. Wells, à gauche, et le sénateur René Cormier, à droite.
Vous avez été à la tête de plusieurs organismes à but non lucratif au cours de votre carrière, notamment en tant que présidente de la St. Stephen’s Community House ainsi que comme directrice de Centraide du Grand Toronto et de la Fondation canadienne de la jeunesse. Qu’est-ce qui vous a attirée à œuvrer dans le secteur à but non lucratif?
L’une de mes clientes au sein de la société d’études d’opinion publique était présidente de la St. Stephen’s Community House. Elle m’a invitée à me joindre au conseil de l’organisme en tant que bénévole. Je ne savais même pas ce que faisait un conseil d’administration, mais j’étais intriguée. J’ai donc accepté.
J’ai rapidement compris la valeur des organismes communautaires de quartier. Pour moi, le fait de siéger au conseil d’administration d’organismes à but non lucratif et de travailler à l’échelle communautaire pendant mon temps libre représentait l’antidote parfait à la vie professionnelle.
Comment votre expérience dans le domaine des sondages éclaire-t-elle votre participation aux travaux du Sénat?
Elle a été fondamentale. Grâce à mon travail chez Environics, j’ai appris à tenir compte des opinions des Canadiens. Pour moi, les sondages publics sont une forme de démocratie.
J’ai également beaucoup appris sur le gouvernement, car nombre de mes clients dans le secteur public effectuaient un travail inestimable. Par exemple, j’ai travaillé auprès de Santé Canada à mettre à l’essai différentes photos pour les mises en garde sur l’emballage des produits du tabac. Le Canada est devenu le premier pays au monde à exiger des images explicites sur les paquets de cigarettes;cela a été révolutionnaire. J’ai également travaillé à des initiatives de réforme constitutionnelle qui ont eu lieu au cours de ces années, y compris les sondages sur les référendums pour le Québec et l’Accord de Charlottetown.
À la fin de ma carrière dans le domaine des sondages, tous les ministères fédéraux et la plupart des gouvernements provinciaux avaient été mes clients à un moment donné ou à un autre. Je pense que ces expériences ont constitué une bonne base pour mon travail au Sénat.
Vous entretenez une amitié de longue date avec l’ancienne sénatrice Ratna Omidvar. Cette amitié remonte au début des années 1980, alors que vous l’avez aidée à décrocher son premier emploi à titre de nouvelle arrivante au Canada. En 2018, elle était votre marraine lors de votre cérémonie d’assermentation au Sénat. Décrivez-nous ce moment.
Ratna et moi sommes devenues amies alors que je travaillais à la St. Stephen’s Community House, lorsqu’elle a confié ses deux filles à notre garderie. Nous l’avons embauchée, puis elle a poursuivi une carrière phénoménale. Elle a été nommée au Sénat en 2016, deux ans avant moi. Je n’ai eu qu’une journée pour me préparer avant ma cérémonie d’assermentation, un délai très serré, mais cette journée a été inoubliable. Ratna exerce une influence apaisante sur moi. Elle est très organisée, et a donc pris les choses en main. Elle m’a donné d’excellents conseils.
Après la cérémonie d’assermentation, la Loi sur le cannabis a été soumise à un vote en troisième lecture au Sénat. Les tribunes étaient pleines, ce qui est rare. J’ai voté en faveur du projet de loi, et nous avons été hués, ce qui était une véritable introduction!
La sénatrice Dasko en tant qu’intervenante invitée au Forum mondial de Reykjavik organisé par Women Political Leaders en novembre 2023. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Donna Dasko)
La sénatrice Dasko accueille les déléguées à la Chambre rouge en 2019 dans le cadre d’Héritières du suffrage, un programme qui consistait à inviter une jeune femme de chaque circonscription fédérale à Ottawa à participer aux débats tant au Sénat qu’à la Chambre des communes.
Après le départ à la retraite de l’honorable Ratna Omidvar, vous avez repris le projet de loi S-214, qui permettrait au gouvernement du Canada de disposer de biens d’un État étranger, y compris des milliards de dollars d’actifs russes immobilisés. Pourquoi avez-vous voulu continuer à travailler à ce projet de loi?
Avant que la Russie n’envahisse l’Ukraine, Ratna avait présenté au Sénat un projet de loi similaire visant à saisir les biens étrangers de ceux qui commettent des crimes internationaux. Puis, la Russie a envahi l’Ukraine, et le gouvernement a décidé d’intégrer ce projet de loi à une loi d’exécution du budget. Toutefois, le gouvernement a omis un élément important de la mise en œuvre de ce projet de loi, alors Ratna est intervenue et a créé le projet de loi S-214 pour régler le problème.
La raison pour laquelle j’ai repris ce projet de loi est liée à l’Ukraine et à mes origines ukrainiennes. Mes grands-parents paternels ont immigré d’Ukraine à Winnipeg, où je suis née et où j’ai grandi. Enfant, je ne parlais pas ukrainien, et les membres de ma famille ne faisaient pas grand-chose pour célébrer notre patrimoine. Cette partie de mon identité s’est développée au fil des ans, mais l’invasion de l’Ukraine par la Russie a été un tournant pour moi. Je voulais offrir toute l’aide possible. Le projet de loi a franchi l’étape de la troisième lecture devant le Sénat en mai.
En tant que présidente nationale d’Equal Voice, Donna Dasko a animé une conférence de presse en juin 2009 pour annoncer l’engagement de tous les partis politiques à améliorer la représentation des femmes lors des prochaines élections. Sur la photo figurent également, de gauche à droite, les députées du NPD Libby Davies et Irene Mathyssen, la députée du Bloc québécois Nicole Demers, la députée libérale Anita Neville et la députée conservatrice Helena Guergis, qui occupait alors le poste de ministre d’État à la condition féminine. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Donna Dasko)
En tant que membre du Comité sénatorial de la sécurité nationale, de la défense et des anciens combattants, vous avez effectué une mission d’étude dans le Nord en 2022 pour étudier la sécurité dans l’Arctique. De quoi vous souvenez-vous le plus de cette expérience?
Ce fut une expérience incroyable. Nous avons voyagé d’Iqaluit jusqu’à Yellowknife. Ce qui m’a marqué, c’est l’immensité absolue du Nord et la difficulté à sécuriser toute la région, compte tenu de la taille du territoire. Le Canada doit être très stratégique.
J’ai siégé au comité exécutif de l’Association parlementaire canadienne de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), où j’ai rencontré des parlementaires de Norvège et de Finlande. Les habitants de ces pays ont construit de nombreuses fortifications dans le Nord, mais nous sommes confrontés à des enjeux différents. La situation géopolitique change tellement, et les changements climatiques favorisent les déplacements vers le Nord, de sorte que la sécurité dans l’Arctique est devenue l’un des objectifs importants de défense du Canada.
En décembre 2019, à Kiev, la sénatrice Dasko intervient sur le statut des femmes dans la société et la sphère politique au Congrès des femmes ukrainiennes, dont les membres élaborent le programme de politiques en faveur de l’égalité entre les sexes en Ukraine. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Donna Dasko)
Vous avez siégé à plusieurs autres comités du Sénat. Qu’est-ce qui vous a particulièrement marqué dans le travail au sein de l’un d’eux?
J’ai siégé au Comité sénatorial des transports et des communications pendant près de huit ans, notamment en tant que vice-présidente. Je suis reconnaissante d’avoir travaillé au projet de loi C-11, Loi sur la diffusion continue en ligne, qui vise à placer les diffuseurs en ligne sous le cadre réglementaire de la Loi sur la radiodiffusion. J’ai pu présenter au projet de loi des amendements qui ont été acceptés, dont un qui visait à préciser l’importance des publics cibles. Il reste encore beaucoup à faire, mais j’ai soutenu le projet de loi parce que j’estimais qu’il était temps d’aller de l’avant avant que nous ne perdions la capacité de créer du contenu canadien destiné aux auditoires canadiens.
Je suis également reconnaissante d’avoir travaillé au projet de loi C-18, qui vise à soutenir les médias canadiens en obligeant Google et Facebook à rémunérer les médias canadiens pour les nouvelles qu’ils diffusent. Encore une fois, il y a des problèmes avec la mise en œuvre du projet de loi, parce que Facebook a retiré les actualités de ses plateformes pour les utilisateurs canadiens, et Google s’est également opposé au projet de loi.
Quels sont vos projets?
J’y travaille. J’ai estimé que je devais quitter les conseils d’administration lorsque je suis devenue sénatrice, alors j’aimerais y siéger de nouveau.
La sénatrice Dasko avec sa fille, Marion Dasko Adams, et le conjoint de cette dernière, Nicolas Métayer, ainsi que son fils, William Dasko Adams. La sénatrice a déclaré que sa famille a « toujours soutenu sa carrière et été curieuse » de sa vie à Ottawa. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Donna Dasko)
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La sénatrice de l’Ontario a été vice-présidente principale d’Environics et a cofondé À voix égales avant de se joindre au Sénat en 2018, où elle met à profit ses compétences analytiques dans son travail en comité et à la Chambre rouge.
Avant de partir à la retraite, le 19 août 2026, la sénatrice Dasko s’est entretenue avec SenCAplus d’une carrière consacrée aux sondages, aux politiques publiques et à la parité hommes-femmes.
Avant d’être au Sénat, vous étiez connue pour votre travail de défense en faveur d’une plus grande représentation des femmes en politique à tous les niveaux. Qu’est-ce qui a inspiré ce travail?
Au début de ma carrière dans le domaine des sondages publics, j’ai commencé à examiner les données et à constater les différences d’opinions entre les hommes et les femmes sur diverses questions, de la guerre et de la paix aux programmes sociaux.
Ces divergences d’opinions ont finalement été qualifiées d’« écart entre les sexe ». J’ai commencé à me demander si les opinions des femmes étaient prises en compte dans le domaine public et à m’intéresser à ce sujet.
Puis, au moment des élections de 1988, on m’a demandé de me joindre au « Committee for ‘94 », qui visait à ce que les femmes occupent la moitié du total des sièges de la Chambre des communes d’ici 1994. À l’approche de notre échéance, nous étions encore à des années-lumière de cet objectif. Nous avons dissous le comité.
Passons à 2001, environ 10 ans plus tard, alors que j’ai accueilli un groupe de femmes chez moi à Toronto pour discuter de la manière dont nous pourrions faire élire plus de femmes. C’est ainsi qu’À voix égales est né. Frances Lankin, Ratna Omidvar et Marilou McPhedran, qui sont également devenues sénatrices, étaient présentes, ainsi que plusieurs autres femmes de premier plan telles que l’actuelle maire de Toronto, Olivia Chow, et Janet Ecker, qui est devenue plus tard la première femme à présenter le budget de l’Ontario en tant que ministre des Finances. Nous étions un groupe très multipartisan.
Aujourd’hui, À voix égales est le seul organisme non gouvernemental canadien qui œuvre à accroître la représentation des femmes élues partout au pays. L’organisme a célébré son 25e anniversaire le 6 mai 2026. Malheureusement, ses initiatives progressent très lentement.
Le Sénat a atteint la parité entre les sexes pour la première fois en 2020. Que signifiait pour vous l’atteinte de cet objectif?
C’était fantastique. On peut voir comment la culture d’une assemblée législative ou d’un Parlement change lorsque davantage de femmes y siègent, et même comment les questions évoluent.
Je n’étais pas au Sénat à l’époque, mais j’en comprends bien l’ambiance, car j’ai toujours été accro à la politique.
Je sais à quoi ressemble la culture de la « vieille clique d’hommes ». Le Sénat est plus inclusif et plus accueillant aujourd’hui.
La sénatrice Donna Dasko aux côtés de Ratna Omidvar, alors sénatrice, son amie proche et sa marraine, et du sénateur Peter Harder, lors de sa cérémonie d’assermentation dans la demeure permanente du Sénat à l’édifice du Centre.
La sénatrice Dasko, deuxième à droite au dernier rang, visite l’Assemblée législative du Nunavut avec des membres du Comité sénatorial de la sécurité nationale, de la défense et des anciens combattants lors d’une mission d’étude dans le Nord en 2022.
Au cours de la mission d’étude dans le Nord en 2022, la sénatrice Dasko s’entretient avec le sénateur Tony Dean après avoir quitté le quartier général de la Force opérationnelle interarmées (Nord) à Yellowknife, Territoires du Nord-Ouest..
En tant que vice-présidente du Comité sénatorial des transports et des communications, la sénatrice Dasko a organisé une conférence de presse pour souligner le lancement du rapport du Comité L’actualité locale, ça compte : Repenser le rôle de CBC/Radio-Canada dans un paysage médiatique en mutation. On y voit également le sénateur David M. Wells, à gauche, et le sénateur René Cormier, à droite.
Vous avez été à la tête de plusieurs organismes à but non lucratif au cours de votre carrière, notamment en tant que présidente de la St. Stephen’s Community House ainsi que comme directrice de Centraide du Grand Toronto et de la Fondation canadienne de la jeunesse. Qu’est-ce qui vous a attirée à œuvrer dans le secteur à but non lucratif?
L’une de mes clientes au sein de la société d’études d’opinion publique était présidente de la St. Stephen’s Community House. Elle m’a invitée à me joindre au conseil de l’organisme en tant que bénévole. Je ne savais même pas ce que faisait un conseil d’administration, mais j’étais intriguée. J’ai donc accepté.
J’ai rapidement compris la valeur des organismes communautaires de quartier. Pour moi, le fait de siéger au conseil d’administration d’organismes à but non lucratif et de travailler à l’échelle communautaire pendant mon temps libre représentait l’antidote parfait à la vie professionnelle.
Comment votre expérience dans le domaine des sondages éclaire-t-elle votre participation aux travaux du Sénat?
Elle a été fondamentale. Grâce à mon travail chez Environics, j’ai appris à tenir compte des opinions des Canadiens. Pour moi, les sondages publics sont une forme de démocratie.
J’ai également beaucoup appris sur le gouvernement, car nombre de mes clients dans le secteur public effectuaient un travail inestimable. Par exemple, j’ai travaillé auprès de Santé Canada à mettre à l’essai différentes photos pour les mises en garde sur l’emballage des produits du tabac. Le Canada est devenu le premier pays au monde à exiger des images explicites sur les paquets de cigarettes;cela a été révolutionnaire. J’ai également travaillé à des initiatives de réforme constitutionnelle qui ont eu lieu au cours de ces années, y compris les sondages sur les référendums pour le Québec et l’Accord de Charlottetown.
À la fin de ma carrière dans le domaine des sondages, tous les ministères fédéraux et la plupart des gouvernements provinciaux avaient été mes clients à un moment donné ou à un autre. Je pense que ces expériences ont constitué une bonne base pour mon travail au Sénat.
Vous entretenez une amitié de longue date avec l’ancienne sénatrice Ratna Omidvar. Cette amitié remonte au début des années 1980, alors que vous l’avez aidée à décrocher son premier emploi à titre de nouvelle arrivante au Canada. En 2018, elle était votre marraine lors de votre cérémonie d’assermentation au Sénat. Décrivez-nous ce moment.
Ratna et moi sommes devenues amies alors que je travaillais à la St. Stephen’s Community House, lorsqu’elle a confié ses deux filles à notre garderie. Nous l’avons embauchée, puis elle a poursuivi une carrière phénoménale. Elle a été nommée au Sénat en 2016, deux ans avant moi. Je n’ai eu qu’une journée pour me préparer avant ma cérémonie d’assermentation, un délai très serré, mais cette journée a été inoubliable. Ratna exerce une influence apaisante sur moi. Elle est très organisée, et a donc pris les choses en main. Elle m’a donné d’excellents conseils.
Après la cérémonie d’assermentation, la Loi sur le cannabis a été soumise à un vote en troisième lecture au Sénat. Les tribunes étaient pleines, ce qui est rare. J’ai voté en faveur du projet de loi, et nous avons été hués, ce qui était une véritable introduction!
La sénatrice Dasko en tant qu’intervenante invitée au Forum mondial de Reykjavik organisé par Women Political Leaders en novembre 2023. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Donna Dasko)
La sénatrice Dasko accueille les déléguées à la Chambre rouge en 2019 dans le cadre d’Héritières du suffrage, un programme qui consistait à inviter une jeune femme de chaque circonscription fédérale à Ottawa à participer aux débats tant au Sénat qu’à la Chambre des communes.
Après le départ à la retraite de l’honorable Ratna Omidvar, vous avez repris le projet de loi S-214, qui permettrait au gouvernement du Canada de disposer de biens d’un État étranger, y compris des milliards de dollars d’actifs russes immobilisés. Pourquoi avez-vous voulu continuer à travailler à ce projet de loi?
Avant que la Russie n’envahisse l’Ukraine, Ratna avait présenté au Sénat un projet de loi similaire visant à saisir les biens étrangers de ceux qui commettent des crimes internationaux. Puis, la Russie a envahi l’Ukraine, et le gouvernement a décidé d’intégrer ce projet de loi à une loi d’exécution du budget. Toutefois, le gouvernement a omis un élément important de la mise en œuvre de ce projet de loi, alors Ratna est intervenue et a créé le projet de loi S-214 pour régler le problème.
La raison pour laquelle j’ai repris ce projet de loi est liée à l’Ukraine et à mes origines ukrainiennes. Mes grands-parents paternels ont immigré d’Ukraine à Winnipeg, où je suis née et où j’ai grandi. Enfant, je ne parlais pas ukrainien, et les membres de ma famille ne faisaient pas grand-chose pour célébrer notre patrimoine. Cette partie de mon identité s’est développée au fil des ans, mais l’invasion de l’Ukraine par la Russie a été un tournant pour moi. Je voulais offrir toute l’aide possible. Le projet de loi a franchi l’étape de la troisième lecture devant le Sénat en mai.
En tant que présidente nationale d’Equal Voice, Donna Dasko a animé une conférence de presse en juin 2009 pour annoncer l’engagement de tous les partis politiques à améliorer la représentation des femmes lors des prochaines élections. Sur la photo figurent également, de gauche à droite, les députées du NPD Libby Davies et Irene Mathyssen, la députée du Bloc québécois Nicole Demers, la députée libérale Anita Neville et la députée conservatrice Helena Guergis, qui occupait alors le poste de ministre d’État à la condition féminine. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Donna Dasko)
En tant que membre du Comité sénatorial de la sécurité nationale, de la défense et des anciens combattants, vous avez effectué une mission d’étude dans le Nord en 2022 pour étudier la sécurité dans l’Arctique. De quoi vous souvenez-vous le plus de cette expérience?
Ce fut une expérience incroyable. Nous avons voyagé d’Iqaluit jusqu’à Yellowknife. Ce qui m’a marqué, c’est l’immensité absolue du Nord et la difficulté à sécuriser toute la région, compte tenu de la taille du territoire. Le Canada doit être très stratégique.
J’ai siégé au comité exécutif de l’Association parlementaire canadienne de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), où j’ai rencontré des parlementaires de Norvège et de Finlande. Les habitants de ces pays ont construit de nombreuses fortifications dans le Nord, mais nous sommes confrontés à des enjeux différents. La situation géopolitique change tellement, et les changements climatiques favorisent les déplacements vers le Nord, de sorte que la sécurité dans l’Arctique est devenue l’un des objectifs importants de défense du Canada.
En décembre 2019, à Kiev, la sénatrice Dasko intervient sur le statut des femmes dans la société et la sphère politique au Congrès des femmes ukrainiennes, dont les membres élaborent le programme de politiques en faveur de l’égalité entre les sexes en Ukraine. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Donna Dasko)
Vous avez siégé à plusieurs autres comités du Sénat. Qu’est-ce qui vous a particulièrement marqué dans le travail au sein de l’un d’eux?
J’ai siégé au Comité sénatorial des transports et des communications pendant près de huit ans, notamment en tant que vice-présidente. Je suis reconnaissante d’avoir travaillé au projet de loi C-11, Loi sur la diffusion continue en ligne, qui vise à placer les diffuseurs en ligne sous le cadre réglementaire de la Loi sur la radiodiffusion. J’ai pu présenter au projet de loi des amendements qui ont été acceptés, dont un qui visait à préciser l’importance des publics cibles. Il reste encore beaucoup à faire, mais j’ai soutenu le projet de loi parce que j’estimais qu’il était temps d’aller de l’avant avant que nous ne perdions la capacité de créer du contenu canadien destiné aux auditoires canadiens.
Je suis également reconnaissante d’avoir travaillé au projet de loi C-18, qui vise à soutenir les médias canadiens en obligeant Google et Facebook à rémunérer les médias canadiens pour les nouvelles qu’ils diffusent. Encore une fois, il y a des problèmes avec la mise en œuvre du projet de loi, parce que Facebook a retiré les actualités de ses plateformes pour les utilisateurs canadiens, et Google s’est également opposé au projet de loi.
Quels sont vos projets?
J’y travaille. J’ai estimé que je devais quitter les conseils d’administration lorsque je suis devenue sénatrice, alors j’aimerais y siéger de nouveau.
La sénatrice Dasko avec sa fille, Marion Dasko Adams, et le conjoint de cette dernière, Nicolas Métayer, ainsi que son fils, William Dasko Adams. La sénatrice a déclaré que sa famille a « toujours soutenu sa carrière et été curieuse » de sa vie à Ottawa. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Donna Dasko)