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« Traitez tout le monde avec respect » : la sénatrice Busson, pionnière de la GRC, prend sa retraite du Sénat

Une femme s’appuie contre une balustrade dans l’édifice du Sénat du Canada.

La sénatrice Bev Busson a ouvert la voie aux femmes dans la GRC en gravissant tous les échelons, depuis les grades inférieurs jusqu’au sommet de la hiérarchie.

En 1974, elle a été l’une des 32 femmes membres de la Troupe 17, la première cohorte de femmes agentes de la Gendarmerie royale. Elle a continué à ouvrir la voie aux femmes tout au long d’une carrière de trois décennies dans la police, en devenant la première responsable des enquêtes criminelles, la première commandante d’une province et la première commissaire adjointe d’une région, avant de diriger l’ensemble du service de police national en 2006.

Son parcours au sein du service de police et son leadership en tant que commissaire de la GRC lui ont valu un siège au Sénat en 2018. Au cours des huit dernières années, elle a siégé au Comité sénatorial des pêches et des océans et au Comité sur l’éthique et les conflits d’intérêts des sénateurs tout en parrainant des projets de loi du gouvernement concernant les survivantes d’agressions sexuelles.

Alors qu’elle se prépare à prendre sa retraite, la sénatrice Busson revient sur une carrière enrichissante qui l’a menée de la tunique rouge à la Chambre rouge du Sénat.

Vous étiez enseignante en Nouvelle-Écosse lorsque vous avez décidé de changer de carrière et d’entrer dans la GRC. Qu’est-ce qui vous a poussée à vous orienter vers une carrière dans la police?

La sénatrice Bev Busson en qualité de commissaire de la GRC en 2006. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Bev Busson)

Dans les années 1970, les femmes n’avaient pas autant de possibilités de carrière qu’aujourd’hui. Ça me fait paraître vieille, mais c’est vrai. L’enseignement et les soins infirmiers étaient des métiers courants pour les femmes, alors j’ai simplement accepté l’idée que j’allais devenir enseignante.

L’année où j’ai obtenu mon diplôme en sciences de l’éducation, je me rendais en voiture à mon travail lorsqu’un bulletin d’information de dernière heure diffusé à la radio annonçait que la GRC acceptait désormais les femmes en tant que membres régulières du service de police. Je passais justement devant le détachement de la GRC de Dartmouth et j’ai décidé d’aller chercher un formulaire de candidature. J’ai toujours eu le goût de l’aventure et cette carrière me parlait.

J’ai déposé ma candidature et passé le test la semaine suivante. Près de quatre mois plus tard, j’étais dans un avion en direction de Regina et le reste, comme on dit, appartient à l’histoire.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous d’être considérée comme une pionnière pour les femmes dans la police?

Je ne pense pas que nous, membres de cette première cohorte féminine, avions pris conscience qu’il s’agissait d’un virage aussi important. Pour ma part, je vivais simplement une aventure extraordinaire et j’avais un immense respect pour la GRC. Je n’arrivais pas à croire qu’ils m’avaient choisie et je voulais être la meilleure policière possible. J’avais l’impression que c’était le destin.

Je n’avais jamais pensé à notre rôle de pionnières jusqu’à ce que nous arrivions à Regina et que nous nous retrouvions entourées de journalistes, y compris pendant nos cours d’éducation physique et notre formation au maniement des armes à feu. Nous ne voulions pas être traitées différemment, mais nos uniformes jouaient en notre défaveur. Nous devions porter une jupe, une veste et un chapeau cloche. Nous ressemblions davantage à des agentes de bord qu’à des policières. Et nous transportions notre arme dans un sac à main. Imaginez la situation… Heureusement, cette partie de l’uniforme a été modifiée avant que nous ne commencions nos patrouilles dans les rues.

La sénatrice Busson prononce un discours à Ottawa devant des membres de la GRC de partout au pays pour souligner le 50e anniversaire de l’accès des femmes au service de police national. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Bev Busson)

C’est ce que j’ai vécu au début, mais je n’ai jamais regretté ma décision de me joindre à la GRC. Même dans les moments difficiles, j’ai persévéré.

Comment vos expériences dans les domaines de la police, du droit et du leadership ont-elles influé sur votre travail au Sénat?

En tant que policier ou policière, vous devez traiter tout le monde avec respect, que vous ayez affaire à un meurtrier ou à une victime. Vous devez également savoir écouter et faire preuve de discernement. Vous devez être capable de mettre de côté vos opinions personnelles, car, si vous portez un jugement hâtif dans une enquête, vous risquez de vous engager dans la mauvaise direction; vous devez donc garder l’esprit ouvert.

Dans le même ordre d’idées, en tant que sénateur ou sénatrice, vous devez être capable de mettre de côté vos convictions pour écouter véritablement les autres, particulièrement pendant les débats en chambre et au sein des comités. Il m’est arrivé de changer d’idée sur certaines questions après avoir entendu d’autres points de vue. Je suis d’avis que la clé du succès au Sénat réside dans la capacité à respecter l’opinion de chacun, que l’on soit d’accord ou non.

Vous avez siégé au sein de plusieurs comités sénatoriaux. Quels travaux en comité vous ont particulièrement marquée?

J’ai eu le grand honneur d’occuper le poste de vice-présidente du Comité de l’éthique. La réputation du Sénat repose sur le comportement des personnes qui le composent. Si un sénateur commet un acte répréhensible, contraire aux principes ou à l’éthique, cela rejaillit sur l’ensemble du corps sénatorial. Je me considérais comme gardienne des sénateurs et de l’intégrité de l’institution.

J’ai également beaucoup apprécié mon passage au sein du Comité des pêches et des océans. Les pêches canadiennes constituent un trésor national, et j’estime que notre comité a mené des études remarquables qui le démontrent.

Nous nous sommes efforcés d’attirer l’attention du gouvernement fédéral sur des enjeux importants, tels que l’augmentation de la population de phoques le long de nos côtes et le potentiel de stockage du carbone dans l’océan pour atteindre les objectifs de carboneutralité.

À titre de vice-présidente du Comité sénatorial des pêches et des océans, la sénatrice Busson participe en 2023 à une mission d’étude du comité à Terre-Neuve-et-Labrador pour étudier l’industrie de la chasse au phoque au Canada.

Une journaliste interviewe la sénatrice Busson au sujet d’une étude du Sénat sur l’industrie de la chasse au phoque au Canada à Elliston (Terre-Neuve-et-Labrador) en 2023.

Quel est le moment dont vous êtes la plus fière en tant que sénatrice?

Je suis fière d’avoir parrainé des projets de loi essentiels, tels que le projet de loi S-12, qui permet aux survivantes d’agression sexuelle de choisir de rendre leur nom public si elles le souhaitent. De nombreuses femmes souhaitaient que leur identité soit rendue publique, car elles n’avaient aucune raison d’avoir honte; elles n’avaient rien fait de mal.

J’ai collaboré avec de nombreuses survivantes d’agressions sexuelles à ce projet de loi. Là encore, cela renvoie à ma formation de policière, car j’étais déjà sensibilisée aux traumatismes. Ce fut un privilège de travailler avec les groupes qui souhaitaient que le projet de loi se concrétise et de veiller à ce que nous menions ce projet à bien.

Je suis également fière d’avoir pu apporter mon expérience au Sénat, où j’ai le sentiment d’avoir apporté une valeur ajoutée aux comités, aux études de projets de loi et aux débats.

Dans votre premier discours au Sénat, vous avez mentionné le rôle de votre mère dans le Service féminin de l’armée canadienne. De quelle manière votre mère a-t-elle influencé votre éducation et votre parcours professionnel?

Ma mère a grandi à une époque où la plupart des femmes se conformaient à ce qu’on attendait d’elles, c’est-à-dire apprendre à lire et à écrire, gérer un compte bancaire et élever des enfants. Elle voulait que j’aie davantage de choix. Elle ne s’est jamais opposée à l’idée du mariage, mais elle m’a incitée à envisager d’autres chemins possibles.

Elle m’a toujours soutenue tout au long de ma carrière et m’a encouragée à donner le meilleur de moi-même au sein de la GRC. Elle m’a dit qu’il était important pour les dirigeants d’échanger avec tout le monde et de veiller à ce que chacun soit traité comme une personne à part entière et non comme un simple numéro de matricule. Elle m’a aidée à garder les pieds sur terre.

À l’époque où Bev Busson a commencé sa carrière à la GRC, les femmes devaient porter une jupe dans le cadre de leur uniforme. Le sac à main permettant de transporter une arme à feu, qui n’est pas visible sur la photo, a été abandonné avant que les jeunes recrues commencent à patrouiller. (Crédit photo : Gazette GRC)

Bev Busson en uniforme de la GRC à la Division E (Colombie-Britannique) en 1979. (Crédit photo : Archives photographiques de la GRC)

Vous êtes originaire de la Nouvelle-Écosse et votre travail au sein de la GRC vous a amenée à parcourir tout le pays. Qu’est-ce qui vous a poussée, vous et votre mari, à décider de vous installer en Colombie-Britannique?

Ma première affectation au sein de la GRC s’est déroulée à Salmon Arm, une petite ville de montagne située au cœur de la Colombie-Britannique, à mi-chemin entre Vancouver et Calgary. Les habitants de cette ville m’ont très bien accueillie à mon arrivée. Les gens me demandaient s’ils pouvaient prendre ma photo lorsque je leur dressais une contravention, car ils n’avaient jamais vu une femme dans une voiture de patrouille. J’ai toujours dit que j’habiterais en Colombie-Britannique à ma retraite.

J’ai quitté Salmon Arm pour m’installer à Kelowna, où je suis passée de la patrouille au travail d’enquête. Je me chargeais généralement de toutes les enquêtes liées à la maltraitance des enfants ou aux agressions sexuelles, en partie parce que de nombreuses filles et femmes étaient traumatisées à l’idée de devoir raconter leur histoire à un homme. J’ai acquis une réputation de bonne enquêtrice, puis la GRC m’a proposé de faire des études de droit.

J’ai fait mes études de droit à l’Université de la Colombie-Britannique, puis j’ai changé d’université pour aller à Ottawa, avant de revenir en Colombie-Britannique. À partir de là, toutes les étapes importantes de ma carrière se sont déroulées dans l’Ouest. C’est là aussi que ma vie et mes amitiés se sont épanouies.

Quels sont vos projets pour la suite?

Je cherche des occasions de bénévolat au sein de la collectivité. Mon père était aveugle et j’envisage de participer à une association locale qui fait de la lecture aux personnes malvoyantes. Je souhaite également m’occuper de personnes vivant en résidence pour aînés et continuer à faire du bénévolat auprès des enfants à l’école.

J’ai hâte de passer plus de temps avec mon mari, qui est lui aussi un ancien agent de la GRC, et avec ma famille. J’ai quatre petits-enfants, qui vivent tous en Colombie-Britannique. Ils trouvent que leur grand-mère est pas mal cool.

Regardez les hommages rendus à la sénatrice Bev Busson ainsi que son discours d’adieu dans la Chambre du Sénat.

En 2026, la sénatrice Busson passe une journée d’été sur le lac Shuswap avec ses petits-enfants, Jordynn et Ethan. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Bev Busson)

Le ski est un des loisirs préférés de la sénatrice Busson. Sur la photo, elle profite d’une journée de ski au centre Sun Peaks en Colombie-Britannique avec son mari Philip en 2021. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Bev Busson)

La sénatrice Busson s’amuse dans la neige avec son fils Brent et ses petites-filles Brooklyn et Madison en 2022. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Bev Busson)

« Traitez tout le monde avec respect » : la sénatrice Busson, pionnière de la GRC, prend sa retraite du Sénat

Une femme s’appuie contre une balustrade dans l’édifice du Sénat du Canada.

La sénatrice Bev Busson a ouvert la voie aux femmes dans la GRC en gravissant tous les échelons, depuis les grades inférieurs jusqu’au sommet de la hiérarchie.

En 1974, elle a été l’une des 32 femmes membres de la Troupe 17, la première cohorte de femmes agentes de la Gendarmerie royale. Elle a continué à ouvrir la voie aux femmes tout au long d’une carrière de trois décennies dans la police, en devenant la première responsable des enquêtes criminelles, la première commandante d’une province et la première commissaire adjointe d’une région, avant de diriger l’ensemble du service de police national en 2006.

Son parcours au sein du service de police et son leadership en tant que commissaire de la GRC lui ont valu un siège au Sénat en 2018. Au cours des huit dernières années, elle a siégé au Comité sénatorial des pêches et des océans et au Comité sur l’éthique et les conflits d’intérêts des sénateurs tout en parrainant des projets de loi du gouvernement concernant les survivantes d’agressions sexuelles.

Alors qu’elle se prépare à prendre sa retraite, la sénatrice Busson revient sur une carrière enrichissante qui l’a menée de la tunique rouge à la Chambre rouge du Sénat.

Vous étiez enseignante en Nouvelle-Écosse lorsque vous avez décidé de changer de carrière et d’entrer dans la GRC. Qu’est-ce qui vous a poussée à vous orienter vers une carrière dans la police?

La sénatrice Bev Busson en qualité de commissaire de la GRC en 2006. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Bev Busson)

Dans les années 1970, les femmes n’avaient pas autant de possibilités de carrière qu’aujourd’hui. Ça me fait paraître vieille, mais c’est vrai. L’enseignement et les soins infirmiers étaient des métiers courants pour les femmes, alors j’ai simplement accepté l’idée que j’allais devenir enseignante.

L’année où j’ai obtenu mon diplôme en sciences de l’éducation, je me rendais en voiture à mon travail lorsqu’un bulletin d’information de dernière heure diffusé à la radio annonçait que la GRC acceptait désormais les femmes en tant que membres régulières du service de police. Je passais justement devant le détachement de la GRC de Dartmouth et j’ai décidé d’aller chercher un formulaire de candidature. J’ai toujours eu le goût de l’aventure et cette carrière me parlait.

J’ai déposé ma candidature et passé le test la semaine suivante. Près de quatre mois plus tard, j’étais dans un avion en direction de Regina et le reste, comme on dit, appartient à l’histoire.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous d’être considérée comme une pionnière pour les femmes dans la police?

Je ne pense pas que nous, membres de cette première cohorte féminine, avions pris conscience qu’il s’agissait d’un virage aussi important. Pour ma part, je vivais simplement une aventure extraordinaire et j’avais un immense respect pour la GRC. Je n’arrivais pas à croire qu’ils m’avaient choisie et je voulais être la meilleure policière possible. J’avais l’impression que c’était le destin.

Je n’avais jamais pensé à notre rôle de pionnières jusqu’à ce que nous arrivions à Regina et que nous nous retrouvions entourées de journalistes, y compris pendant nos cours d’éducation physique et notre formation au maniement des armes à feu. Nous ne voulions pas être traitées différemment, mais nos uniformes jouaient en notre défaveur. Nous devions porter une jupe, une veste et un chapeau cloche. Nous ressemblions davantage à des agentes de bord qu’à des policières. Et nous transportions notre arme dans un sac à main. Imaginez la situation… Heureusement, cette partie de l’uniforme a été modifiée avant que nous ne commencions nos patrouilles dans les rues.

La sénatrice Busson prononce un discours à Ottawa devant des membres de la GRC de partout au pays pour souligner le 50e anniversaire de l’accès des femmes au service de police national. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Bev Busson)

C’est ce que j’ai vécu au début, mais je n’ai jamais regretté ma décision de me joindre à la GRC. Même dans les moments difficiles, j’ai persévéré.

Comment vos expériences dans les domaines de la police, du droit et du leadership ont-elles influé sur votre travail au Sénat?

En tant que policier ou policière, vous devez traiter tout le monde avec respect, que vous ayez affaire à un meurtrier ou à une victime. Vous devez également savoir écouter et faire preuve de discernement. Vous devez être capable de mettre de côté vos opinions personnelles, car, si vous portez un jugement hâtif dans une enquête, vous risquez de vous engager dans la mauvaise direction; vous devez donc garder l’esprit ouvert.

Dans le même ordre d’idées, en tant que sénateur ou sénatrice, vous devez être capable de mettre de côté vos convictions pour écouter véritablement les autres, particulièrement pendant les débats en chambre et au sein des comités. Il m’est arrivé de changer d’idée sur certaines questions après avoir entendu d’autres points de vue. Je suis d’avis que la clé du succès au Sénat réside dans la capacité à respecter l’opinion de chacun, que l’on soit d’accord ou non.

Vous avez siégé au sein de plusieurs comités sénatoriaux. Quels travaux en comité vous ont particulièrement marquée?

J’ai eu le grand honneur d’occuper le poste de vice-présidente du Comité de l’éthique. La réputation du Sénat repose sur le comportement des personnes qui le composent. Si un sénateur commet un acte répréhensible, contraire aux principes ou à l’éthique, cela rejaillit sur l’ensemble du corps sénatorial. Je me considérais comme gardienne des sénateurs et de l’intégrité de l’institution.

J’ai également beaucoup apprécié mon passage au sein du Comité des pêches et des océans. Les pêches canadiennes constituent un trésor national, et j’estime que notre comité a mené des études remarquables qui le démontrent.

Nous nous sommes efforcés d’attirer l’attention du gouvernement fédéral sur des enjeux importants, tels que l’augmentation de la population de phoques le long de nos côtes et le potentiel de stockage du carbone dans l’océan pour atteindre les objectifs de carboneutralité.

À titre de vice-présidente du Comité sénatorial des pêches et des océans, la sénatrice Busson participe en 2023 à une mission d’étude du comité à Terre-Neuve-et-Labrador pour étudier l’industrie de la chasse au phoque au Canada.

Une journaliste interviewe la sénatrice Busson au sujet d’une étude du Sénat sur l’industrie de la chasse au phoque au Canada à Elliston (Terre-Neuve-et-Labrador) en 2023.

Quel est le moment dont vous êtes la plus fière en tant que sénatrice?

Je suis fière d’avoir parrainé des projets de loi essentiels, tels que le projet de loi S-12, qui permet aux survivantes d’agression sexuelle de choisir de rendre leur nom public si elles le souhaitent. De nombreuses femmes souhaitaient que leur identité soit rendue publique, car elles n’avaient aucune raison d’avoir honte; elles n’avaient rien fait de mal.

J’ai collaboré avec de nombreuses survivantes d’agressions sexuelles à ce projet de loi. Là encore, cela renvoie à ma formation de policière, car j’étais déjà sensibilisée aux traumatismes. Ce fut un privilège de travailler avec les groupes qui souhaitaient que le projet de loi se concrétise et de veiller à ce que nous menions ce projet à bien.

Je suis également fière d’avoir pu apporter mon expérience au Sénat, où j’ai le sentiment d’avoir apporté une valeur ajoutée aux comités, aux études de projets de loi et aux débats.

Dans votre premier discours au Sénat, vous avez mentionné le rôle de votre mère dans le Service féminin de l’armée canadienne. De quelle manière votre mère a-t-elle influencé votre éducation et votre parcours professionnel?

Ma mère a grandi à une époque où la plupart des femmes se conformaient à ce qu’on attendait d’elles, c’est-à-dire apprendre à lire et à écrire, gérer un compte bancaire et élever des enfants. Elle voulait que j’aie davantage de choix. Elle ne s’est jamais opposée à l’idée du mariage, mais elle m’a incitée à envisager d’autres chemins possibles.

Elle m’a toujours soutenue tout au long de ma carrière et m’a encouragée à donner le meilleur de moi-même au sein de la GRC. Elle m’a dit qu’il était important pour les dirigeants d’échanger avec tout le monde et de veiller à ce que chacun soit traité comme une personne à part entière et non comme un simple numéro de matricule. Elle m’a aidée à garder les pieds sur terre.

À l’époque où Bev Busson a commencé sa carrière à la GRC, les femmes devaient porter une jupe dans le cadre de leur uniforme. Le sac à main permettant de transporter une arme à feu, qui n’est pas visible sur la photo, a été abandonné avant que les jeunes recrues commencent à patrouiller. (Crédit photo : Gazette GRC)

Bev Busson en uniforme de la GRC à la Division E (Colombie-Britannique) en 1979. (Crédit photo : Archives photographiques de la GRC)

Vous êtes originaire de la Nouvelle-Écosse et votre travail au sein de la GRC vous a amenée à parcourir tout le pays. Qu’est-ce qui vous a poussée, vous et votre mari, à décider de vous installer en Colombie-Britannique?

Ma première affectation au sein de la GRC s’est déroulée à Salmon Arm, une petite ville de montagne située au cœur de la Colombie-Britannique, à mi-chemin entre Vancouver et Calgary. Les habitants de cette ville m’ont très bien accueillie à mon arrivée. Les gens me demandaient s’ils pouvaient prendre ma photo lorsque je leur dressais une contravention, car ils n’avaient jamais vu une femme dans une voiture de patrouille. J’ai toujours dit que j’habiterais en Colombie-Britannique à ma retraite.

J’ai quitté Salmon Arm pour m’installer à Kelowna, où je suis passée de la patrouille au travail d’enquête. Je me chargeais généralement de toutes les enquêtes liées à la maltraitance des enfants ou aux agressions sexuelles, en partie parce que de nombreuses filles et femmes étaient traumatisées à l’idée de devoir raconter leur histoire à un homme. J’ai acquis une réputation de bonne enquêtrice, puis la GRC m’a proposé de faire des études de droit.

J’ai fait mes études de droit à l’Université de la Colombie-Britannique, puis j’ai changé d’université pour aller à Ottawa, avant de revenir en Colombie-Britannique. À partir de là, toutes les étapes importantes de ma carrière se sont déroulées dans l’Ouest. C’est là aussi que ma vie et mes amitiés se sont épanouies.

Quels sont vos projets pour la suite?

Je cherche des occasions de bénévolat au sein de la collectivité. Mon père était aveugle et j’envisage de participer à une association locale qui fait de la lecture aux personnes malvoyantes. Je souhaite également m’occuper de personnes vivant en résidence pour aînés et continuer à faire du bénévolat auprès des enfants à l’école.

J’ai hâte de passer plus de temps avec mon mari, qui est lui aussi un ancien agent de la GRC, et avec ma famille. J’ai quatre petits-enfants, qui vivent tous en Colombie-Britannique. Ils trouvent que leur grand-mère est pas mal cool.

Regardez les hommages rendus à la sénatrice Bev Busson ainsi que son discours d’adieu dans la Chambre du Sénat.

En 2026, la sénatrice Busson passe une journée d’été sur le lac Shuswap avec ses petits-enfants, Jordynn et Ethan. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Bev Busson)

Le ski est un des loisirs préférés de la sénatrice Busson. Sur la photo, elle profite d’une journée de ski au centre Sun Peaks en Colombie-Britannique avec son mari Philip en 2021. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Bev Busson)

La sénatrice Busson s’amuse dans la neige avec son fils Brent et ses petites-filles Brooklyn et Madison en 2022. (Crédit photo : Bureau de la sénatrice Bev Busson)

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