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Rencontre avec la sénateure Pierrette Ringuette

Une femme assise sur un canapé.

Originaire du petit village de Sainte-Anne-de-Madawaska, au Nouveau-Brunswick, la sénateure Pierrette Ringuette a gardé sa communauté à cœur tout au long de sa carrière politique.

Sa passion pour le développement socio-économique et le bénévolat l’a menée à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, où elle est devenue la première femme francophone élue en 1987.

Elle a ensuite été la première femme francophone de sa province à siéger à la Chambre des communes en 1993.

Aujourd’hui doyenne du Sénat, la sénateure Ringuette a discuté avec SenCAplus de ses racines néo-brunswickoises et de la trajectoire qui l’a menée jusqu’à la Chambre haute.

La sénateure Pierrette Ringuette participe à un groupe de discussion organisé par ParlAmericas, en 2017.
La sénateure Pierrette Ringuette participe à un groupe de discussion organisé par ParlAmericas, en 2017.

La Présidente intérimaire de l’époque, la sénateure Ringuette salue les participants de la Simulation du Sénat 2023 dans la Chambre rouge avant de prononcer le discours d’ouverture. La Présidente intérimaire de l’époque, la sénateure Ringuette salue les participants de la Simulation du Sénat 2023 dans la Chambre rouge avant de prononcer le discours d’ouverture.

Vous venez d’une famille à faible revenu de Sainte-Anne-de-Madawaska, au Nouveau-Brunswick. Pourriez-vous nous parler de votre éducation?

Dans notre village, nous étions tous des familles pauvres, mais nous nous sommes toujours entraidés. Même si l’on était pauvre, chez nous, la porte n’était jamais verrouillée. Les gens savaient qu’ils pouvaient venir s’y réchauffer ou manger s’ils en avaient besoin. J’ai grandi avec cette mentalité.

On entend souvent le dicton : « Il faut tout un village pour élever un enfant. » Pour moi, c’était certainement vrai. Je suis très attachée à mon village et à sa population. Aujourd’hui, j’habite à Edmundston, mais je retourne à Sainte-Anne-de-Madawaska aussi souvent que possible.

Comment votre éducation a-t-elle influencé votre engagement politique?

Comme beaucoup de gens venaient chez nous, il y avait souvent des discussions politiques à la maison. J’entendais ces discussions et ça m’intriguait. Je me rappelle avoir entendu une telle discussion entre mon père et mes oncles Léo et Émile, et à un moment donné, je leur ai dit : « Bin un jour, je serai maire du village de Sainte-Anne. » Je crois qu’ils seraient bien surpris de voir que la petite Pierrette – comme ils m’appelaient – siège aujourd’hui au Sénat!

Ma mère, qui est décédée il y a cinq ans, à deux mois de ses 104 ans, exerçait une grande influence sur mes principes. Quand je me suis lancée en politique pour la première fois, à 31 ans, elle avait une peur épouvantable. Elle croyait que ce n’était pas un milieu pour les femmes et s’attendait à ce que je subisse une grande défaite. Mais à sa grande surprise, ce ne fut pas le cas. Dès lors, elle a commencé à suivre toutes mes activités politiques et elle s’est rendu compte que j’étais exactement là où je devais être.

Ce n’est pas facile de trouver son chemin, mais moi, j’ai eu la chance de le trouver assez jeune, notamment grâce aux efforts de recrutement de l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna. Il m’a encouragée à me présenter aux élections provinciales. J’ai été élue en 1987, face à Percy Mockler – qui est lui aussi devenu sénateur – et j’ai été réélue en 1991.

Comment avez-vous décidé de vous présenter comme députée pour Madawaska—Victoria?

En 1993, j’ai reçu un appel de Sheila Copps, qui était députée à l’époque. Elle m’a demandé si je voulais me présenter aux élections fédérales.

Puis, quelques semaines plus tard, c’est Jean Chrétien lui-même, alors chef du Parti libéral, qui m’a appelé. Honnêtement, je ne pensais pas que c’était vraiment lui; je croyais que quelqu’un me faisait une blague!

J’ai finalement décidé de me lancer… contre un ministre influent. C’était une grande bataille. Le soir de l’élection, j’étais dans les studios de Radio-Canada quand l’animateur a annoncé la victoire de l’ancien ministre. Mais, je ne voulais pas concéder la défaite parce que les scrutins d’un gros bastion libéral n’avaient pas encore tous été comptés. Et finalement, tard en soirée, c’est moi qui ai gagné.

Aviez-vous déjà rencontré M. Chrétien avant cet appel?

Non, je ne l’avais jamais rencontré, mais c’était un politicien super important pour moi. Quand il disait qu’il était le « petit gars de Shawinigan », on voyait qu’il n’avait jamais oublié ses souches. Je pouvais me retrouver là-dedans.

FDe gauche à droite, la sénateure Ringuette, l’ancien sénateur Jean-Guy Dagenais, l’ancienne sénatrice Nancy J. Hartling et le sénateur Victor Boudreau à l’édifice du Sénat du Canada en 2024. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)De gauche à droite, la sénateure Ringuette, l’ancien sénateur Jean-Guy Dagenais, l’ancienne sénatrice Nancy J. Hartling et le sénateur Victor Boudreau à l’édifice du Sénat du Canada en 2024. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)

La sénateure Ringuette remet à Armand Dionne, résident du Nouveau-Brunswick, un certificat de félicitations pour son 90e anniversaire. M. Dionne, deuxième à partir de la gauche, se tient aux côtés de son épouse, Léola Dionne, et le député provincial du Nouveau-Brunswick, Chuck Chiasson. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)La sénateure Ringuette remet à Armand Dionne, résident du Nouveau-Brunswick, un certificat de félicitations pour son 90e anniversaire. M. Dionne, deuxième à partir de la gauche, se tient aux côtés de son épouse, Léola Dionne, et le député provincial du Nouveau-Brunswick, Chuck Chiasson. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)

Jim Cuddy, chanteur du groupe Blue Rodeo, pose avec la sénateure Ringuette lors d’une visite à la Chambre du Sénat. (Photo fournie par :  Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)Jim Cuddy, chanteur du groupe Blue Rodeo, pose avec la sénateure Ringuette lors d’une visite à la Chambre du Sénat. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)

Je tiens énormément aux gens de ma communauté. Même si ça fait un bout de temps que je n’y demeure pas, je me sens toujours là. Je suis Brayonne, c’est-à-dire, issue d’un mélange de familles acadiennes et québécoises établies dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick. Mes souches sont québécoises, acadiennes et Mi’kmaqs.

Vous êtes actuellement la membre du Sénat ayant le plus d’ancienneté. Comment le Sénat a-t-il évolué depuis votre nomination en 2002? Quels ont été, pour vous, les principaux jalons?

Oui, je suis aujourd’hui la doyenne du Sénat! Lors de mes premières années à la Chambre rouge, je faisais partie du caucus libéral et on se réunissait régulièrement avec les députés libéraux de la Chambre des communes. Mais en 2014, Justin Trudeau, alors chef du Parti libéral, avait décidé que les sénateurs ne feraient plus partie du caucus national. Certains ont fait une grande épouvante avec cette décision, mais moi, je ne me suis pas offusquée. Au contraire, cette décision a été le point de départ d’une grande prise de conscience. J’ai commencé à réfléchir à la question de savoir si les sénateurs devaient être partisans, et j’ai fait énormément de recherches sur le sujet.

Un de mes collègues conservateurs du Nouveau-Brunswick, le sénateur John Wallace, était dans le même processus de réflexion. En décembre 2015, il a annoncé qu’il quittait son caucus pour devenir sénateur indépendant. Et en février 2016, j’ai pris la même décision.

Quand M. Trudeau est devenu premier ministre, il a mis en place le Comité consultatif indépendant sur les nominations au Sénat, un processus ouvert à tous les Canadiens et Canadiennes souhaitant siéger à la Chambre haute. Peu à peu, de nouveaux sénateurs étaient nommés et nous les invitions à se joindre à notre groupe. Nous sommes devenus le Groupe des sénateurs indépendants, qui compte aujourd’hui plus de 40 membres.

Vous avez été Présidente intérimaire de 2020 jusqu’à 2025. Qu’est-ce qui vous a poussée à accepter ce rôle? Comment vous êtes-vous préparée aux responsabilités liées à la présidence du Sénat?

J’avais déjà été assistante vice-présidente à la Chambre des communes, et aussi vice-présidente à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick. C’était un travail que j’aimais beaucoup.

En 2020, le Sénat a adopté un nouveau règlement qui prévoit l’élection d’une présidence intérimaire au début de chaque législature. Je me suis présentée et j’ai été élue une première fois, et puis une deuxième fois en 2021. J’aimais beaucoup ce rôle.

Vous avez joué un rôle actif au sein de différentes associations parlementaires, y compris la Section canadienne de ParlAmericas. Pourquoi est-ce si important pour vous?

Pour moi, c’est important de comprendre ce qui se passe dans le monde et d’avoir des échanges avec des collègues parlementaires d’autres pays. Ces relations sont importantes, autant pour moi que pour notre pays.

Le Canada jouit d’une réputation extraordinaire à travers le monde. On n’a jamais été un pays qui cherchait à s’isoler. Les échanges commerciaux et la sécurité de l’hémisphère font partie intégrante du dialogue et de la diplomatie parlementaire.

La sénateure Ringuette rencontre le roi Charles III lors de la visite royale et le discours du Trône le 27 mai 2025. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)La sénateure Ringuette rencontre le roi Charles III lors de la visite royale et le discours du Trône le 27 mai 2025. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)

Depuis votre nomination au Sénat, vous avez présenté à plusieurs reprises un projet de loi visant à réduire le taux d’intérêt criminel. Pourquoi ce dossier vous tient-il particulièrement à cœur?

Le taux d’intérêt criminel au Canada était plafonné à 60 %, alors n’importe quel prêteur pouvait charger 59,9 % d’intérêts. Pour moi, c’était carrément du vol public et un abus envers les gens les plus vulnérables. Je ne pouvais pas tolérer ça. Alors j’ai présenté à quatre reprises un projet de loi pour corriger cette situation. Et enfin, en 2023, après une dizaine d’années à frapper à la porte de différents gouvernements, de différents ministres des finances et à m’exprimer publiquement, Chrystia Freeland, la ministre des Finances de l’époque, a pris le bâton. Elle a réussi à faire adopter un projet de loi du gouvernement qui a réduit le taux d’intérêt criminel à 35 % par année. C’est encore élevé, mais c’est beaucoup plus raisonnable, et ça s’aligne davantage avec ce qu’on voit dans d’autres pays.

Dans le cadre du programme S’ENgage, vous participez régulièrement à diverses activités, comme rencontrer des jeunes lors de la Simulation du Sénat ou visiter des écoles au Nouveau‑Brunswick. Pourquoi est-il important pour vous de prendre le temps d’échanger avec les jeunes?

La jeunesse, c’est l’avenir de notre pays. C’est important qu’elle connaisse l’appareil gouvernemental, y compris le Sénat.

Pendant des années, le Sénat a été une institution peu respectée. Mais c’est notre responsabilité, celle de l’institution, mais aussi de chaque sénateur, d’être ouvert et engagé avec les gens, surtout avec les jeunes.

Chaque fois que je participe à une activité avec des élèves, je suis toujours impressionnée de la qualité de leurs questions. C’est très prometteur.

Qu’aimeriez-vous encore accomplir en tant que sénatrice?

Je veux continuer à moderniser le Sénat, pour que la population ait le plus grand respect possible envers cette institution.

Le mandat de chaque sénateur est d’avoir l’œil critique et la pensée critique sur les projets de loi du gouvernement. C’est notre responsabilité individuelle, mais aussi collective. Ce n’est pas une responsabilité de partis politiques.

La sénateure Ringuette remet une médaille du couronnement du roi Charles III à Alma LeClair avec René Arseneault, alors député de Madawaska-Restigouche, à Sainte-Anne-de-Madawaska, au Nouveau-Brunswick, le 29 novembre 2024. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)La sénateure Ringuette remet une médaille du couronnement du roi Charles III à Alma LeClair avec René Arseneault, alors député de Madawaska-Restigouche, à Sainte-Anne-de-Madawaska, au Nouveau-Brunswick, le 29 novembre 2024. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)

Rencontre avec la sénateure Pierrette Ringuette

Une femme assise sur un canapé.

Originaire du petit village de Sainte-Anne-de-Madawaska, au Nouveau-Brunswick, la sénateure Pierrette Ringuette a gardé sa communauté à cœur tout au long de sa carrière politique.

Sa passion pour le développement socio-économique et le bénévolat l’a menée à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, où elle est devenue la première femme francophone élue en 1987.

Elle a ensuite été la première femme francophone de sa province à siéger à la Chambre des communes en 1993.

Aujourd’hui doyenne du Sénat, la sénateure Ringuette a discuté avec SenCAplus de ses racines néo-brunswickoises et de la trajectoire qui l’a menée jusqu’à la Chambre haute.

La sénateure Pierrette Ringuette participe à un groupe de discussion organisé par ParlAmericas, en 2017.
La sénateure Pierrette Ringuette participe à un groupe de discussion organisé par ParlAmericas, en 2017.

La Présidente intérimaire de l’époque, la sénateure Ringuette salue les participants de la Simulation du Sénat 2023 dans la Chambre rouge avant de prononcer le discours d’ouverture. La Présidente intérimaire de l’époque, la sénateure Ringuette salue les participants de la Simulation du Sénat 2023 dans la Chambre rouge avant de prononcer le discours d’ouverture.

Vous venez d’une famille à faible revenu de Sainte-Anne-de-Madawaska, au Nouveau-Brunswick. Pourriez-vous nous parler de votre éducation?

Dans notre village, nous étions tous des familles pauvres, mais nous nous sommes toujours entraidés. Même si l’on était pauvre, chez nous, la porte n’était jamais verrouillée. Les gens savaient qu’ils pouvaient venir s’y réchauffer ou manger s’ils en avaient besoin. J’ai grandi avec cette mentalité.

On entend souvent le dicton : « Il faut tout un village pour élever un enfant. » Pour moi, c’était certainement vrai. Je suis très attachée à mon village et à sa population. Aujourd’hui, j’habite à Edmundston, mais je retourne à Sainte-Anne-de-Madawaska aussi souvent que possible.

Comment votre éducation a-t-elle influencé votre engagement politique?

Comme beaucoup de gens venaient chez nous, il y avait souvent des discussions politiques à la maison. J’entendais ces discussions et ça m’intriguait. Je me rappelle avoir entendu une telle discussion entre mon père et mes oncles Léo et Émile, et à un moment donné, je leur ai dit : « Bin un jour, je serai maire du village de Sainte-Anne. » Je crois qu’ils seraient bien surpris de voir que la petite Pierrette – comme ils m’appelaient – siège aujourd’hui au Sénat!

Ma mère, qui est décédée il y a cinq ans, à deux mois de ses 104 ans, exerçait une grande influence sur mes principes. Quand je me suis lancée en politique pour la première fois, à 31 ans, elle avait une peur épouvantable. Elle croyait que ce n’était pas un milieu pour les femmes et s’attendait à ce que je subisse une grande défaite. Mais à sa grande surprise, ce ne fut pas le cas. Dès lors, elle a commencé à suivre toutes mes activités politiques et elle s’est rendu compte que j’étais exactement là où je devais être.

Ce n’est pas facile de trouver son chemin, mais moi, j’ai eu la chance de le trouver assez jeune, notamment grâce aux efforts de recrutement de l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna. Il m’a encouragée à me présenter aux élections provinciales. J’ai été élue en 1987, face à Percy Mockler – qui est lui aussi devenu sénateur – et j’ai été réélue en 1991.

Comment avez-vous décidé de vous présenter comme députée pour Madawaska—Victoria?

En 1993, j’ai reçu un appel de Sheila Copps, qui était députée à l’époque. Elle m’a demandé si je voulais me présenter aux élections fédérales.

Puis, quelques semaines plus tard, c’est Jean Chrétien lui-même, alors chef du Parti libéral, qui m’a appelé. Honnêtement, je ne pensais pas que c’était vraiment lui; je croyais que quelqu’un me faisait une blague!

J’ai finalement décidé de me lancer… contre un ministre influent. C’était une grande bataille. Le soir de l’élection, j’étais dans les studios de Radio-Canada quand l’animateur a annoncé la victoire de l’ancien ministre. Mais, je ne voulais pas concéder la défaite parce que les scrutins d’un gros bastion libéral n’avaient pas encore tous été comptés. Et finalement, tard en soirée, c’est moi qui ai gagné.

Aviez-vous déjà rencontré M. Chrétien avant cet appel?

Non, je ne l’avais jamais rencontré, mais c’était un politicien super important pour moi. Quand il disait qu’il était le « petit gars de Shawinigan », on voyait qu’il n’avait jamais oublié ses souches. Je pouvais me retrouver là-dedans.

FDe gauche à droite, la sénateure Ringuette, l’ancien sénateur Jean-Guy Dagenais, l’ancienne sénatrice Nancy J. Hartling et le sénateur Victor Boudreau à l’édifice du Sénat du Canada en 2024. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)De gauche à droite, la sénateure Ringuette, l’ancien sénateur Jean-Guy Dagenais, l’ancienne sénatrice Nancy J. Hartling et le sénateur Victor Boudreau à l’édifice du Sénat du Canada en 2024. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)

La sénateure Ringuette remet à Armand Dionne, résident du Nouveau-Brunswick, un certificat de félicitations pour son 90e anniversaire. M. Dionne, deuxième à partir de la gauche, se tient aux côtés de son épouse, Léola Dionne, et le député provincial du Nouveau-Brunswick, Chuck Chiasson. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)La sénateure Ringuette remet à Armand Dionne, résident du Nouveau-Brunswick, un certificat de félicitations pour son 90e anniversaire. M. Dionne, deuxième à partir de la gauche, se tient aux côtés de son épouse, Léola Dionne, et le député provincial du Nouveau-Brunswick, Chuck Chiasson. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)

Jim Cuddy, chanteur du groupe Blue Rodeo, pose avec la sénateure Ringuette lors d’une visite à la Chambre du Sénat. (Photo fournie par :  Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)Jim Cuddy, chanteur du groupe Blue Rodeo, pose avec la sénateure Ringuette lors d’une visite à la Chambre du Sénat. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)

Je tiens énormément aux gens de ma communauté. Même si ça fait un bout de temps que je n’y demeure pas, je me sens toujours là. Je suis Brayonne, c’est-à-dire, issue d’un mélange de familles acadiennes et québécoises établies dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick. Mes souches sont québécoises, acadiennes et Mi’kmaqs.

Vous êtes actuellement la membre du Sénat ayant le plus d’ancienneté. Comment le Sénat a-t-il évolué depuis votre nomination en 2002? Quels ont été, pour vous, les principaux jalons?

Oui, je suis aujourd’hui la doyenne du Sénat! Lors de mes premières années à la Chambre rouge, je faisais partie du caucus libéral et on se réunissait régulièrement avec les députés libéraux de la Chambre des communes. Mais en 2014, Justin Trudeau, alors chef du Parti libéral, avait décidé que les sénateurs ne feraient plus partie du caucus national. Certains ont fait une grande épouvante avec cette décision, mais moi, je ne me suis pas offusquée. Au contraire, cette décision a été le point de départ d’une grande prise de conscience. J’ai commencé à réfléchir à la question de savoir si les sénateurs devaient être partisans, et j’ai fait énormément de recherches sur le sujet.

Un de mes collègues conservateurs du Nouveau-Brunswick, le sénateur John Wallace, était dans le même processus de réflexion. En décembre 2015, il a annoncé qu’il quittait son caucus pour devenir sénateur indépendant. Et en février 2016, j’ai pris la même décision.

Quand M. Trudeau est devenu premier ministre, il a mis en place le Comité consultatif indépendant sur les nominations au Sénat, un processus ouvert à tous les Canadiens et Canadiennes souhaitant siéger à la Chambre haute. Peu à peu, de nouveaux sénateurs étaient nommés et nous les invitions à se joindre à notre groupe. Nous sommes devenus le Groupe des sénateurs indépendants, qui compte aujourd’hui plus de 40 membres.

Vous avez été Présidente intérimaire de 2020 jusqu’à 2025. Qu’est-ce qui vous a poussée à accepter ce rôle? Comment vous êtes-vous préparée aux responsabilités liées à la présidence du Sénat?

J’avais déjà été assistante vice-présidente à la Chambre des communes, et aussi vice-présidente à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick. C’était un travail que j’aimais beaucoup.

En 2020, le Sénat a adopté un nouveau règlement qui prévoit l’élection d’une présidence intérimaire au début de chaque législature. Je me suis présentée et j’ai été élue une première fois, et puis une deuxième fois en 2021. J’aimais beaucoup ce rôle.

Vous avez joué un rôle actif au sein de différentes associations parlementaires, y compris la Section canadienne de ParlAmericas. Pourquoi est-ce si important pour vous?

Pour moi, c’est important de comprendre ce qui se passe dans le monde et d’avoir des échanges avec des collègues parlementaires d’autres pays. Ces relations sont importantes, autant pour moi que pour notre pays.

Le Canada jouit d’une réputation extraordinaire à travers le monde. On n’a jamais été un pays qui cherchait à s’isoler. Les échanges commerciaux et la sécurité de l’hémisphère font partie intégrante du dialogue et de la diplomatie parlementaire.

La sénateure Ringuette rencontre le roi Charles III lors de la visite royale et le discours du Trône le 27 mai 2025. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)La sénateure Ringuette rencontre le roi Charles III lors de la visite royale et le discours du Trône le 27 mai 2025. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)

Depuis votre nomination au Sénat, vous avez présenté à plusieurs reprises un projet de loi visant à réduire le taux d’intérêt criminel. Pourquoi ce dossier vous tient-il particulièrement à cœur?

Le taux d’intérêt criminel au Canada était plafonné à 60 %, alors n’importe quel prêteur pouvait charger 59,9 % d’intérêts. Pour moi, c’était carrément du vol public et un abus envers les gens les plus vulnérables. Je ne pouvais pas tolérer ça. Alors j’ai présenté à quatre reprises un projet de loi pour corriger cette situation. Et enfin, en 2023, après une dizaine d’années à frapper à la porte de différents gouvernements, de différents ministres des finances et à m’exprimer publiquement, Chrystia Freeland, la ministre des Finances de l’époque, a pris le bâton. Elle a réussi à faire adopter un projet de loi du gouvernement qui a réduit le taux d’intérêt criminel à 35 % par année. C’est encore élevé, mais c’est beaucoup plus raisonnable, et ça s’aligne davantage avec ce qu’on voit dans d’autres pays.

Dans le cadre du programme S’ENgage, vous participez régulièrement à diverses activités, comme rencontrer des jeunes lors de la Simulation du Sénat ou visiter des écoles au Nouveau‑Brunswick. Pourquoi est-il important pour vous de prendre le temps d’échanger avec les jeunes?

La jeunesse, c’est l’avenir de notre pays. C’est important qu’elle connaisse l’appareil gouvernemental, y compris le Sénat.

Pendant des années, le Sénat a été une institution peu respectée. Mais c’est notre responsabilité, celle de l’institution, mais aussi de chaque sénateur, d’être ouvert et engagé avec les gens, surtout avec les jeunes.

Chaque fois que je participe à une activité avec des élèves, je suis toujours impressionnée de la qualité de leurs questions. C’est très prometteur.

Qu’aimeriez-vous encore accomplir en tant que sénatrice?

Je veux continuer à moderniser le Sénat, pour que la population ait le plus grand respect possible envers cette institution.

Le mandat de chaque sénateur est d’avoir l’œil critique et la pensée critique sur les projets de loi du gouvernement. C’est notre responsabilité individuelle, mais aussi collective. Ce n’est pas une responsabilité de partis politiques.

La sénateure Ringuette remet une médaille du couronnement du roi Charles III à Alma LeClair avec René Arseneault, alors député de Madawaska-Restigouche, à Sainte-Anne-de-Madawaska, au Nouveau-Brunswick, le 29 novembre 2024. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)La sénateure Ringuette remet une médaille du couronnement du roi Charles III à Alma LeClair avec René Arseneault, alors député de Madawaska-Restigouche, à Sainte-Anne-de-Madawaska, au Nouveau-Brunswick, le 29 novembre 2024. (Photo fournie par : Bureau de la sénateure Pierrette Ringuette)

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