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PERSONNALITÉS
Rencontre avec le sénateur Éric Forest
28 février 2018

Éric Forest a été nommé au Sénat du Canada en novembre 2016. Depuis plus de 40 ans, le sénateur Forest travaille au développement de l’Est-du-Québec. Maire de Rimouski de 2005-2016, il a mobilisé le milieu rimouskois dans le cadre d’un plan stratégique qui a guidé le développement d’une communauté respectueuse et solidaire.

Fervent promoteur du développement régional et de la gastronomie locale, on voit le sénateur Éric Forest, alors maire de Rimouski, avec Joël Pelletier, co-fondateur de la Distillerie du Saint-Laurent.

Qui vous a transmis le désir et l’intérêt de participer à la vie publique? 

Dès mon jeune âge, le désir de m’impliquer dans mon milieu m’a été communiqué par mon entourage familial. Plusieurs de mes oncles Arsenault et mon parrain Gildas Forest étaient pour moi des exemples et des mentors. 

Cependant, ce sont mes parents qui m’ont transmis les valeurs qui m’ont guidé toute ma vie, soit le respect, l’effort, la justice et la solidarité.

Quant à ma participation à la vie publique, depuis mon adolescence, j’ai toujours eu le désir de m’engager, mais c’est mon voisinage qui a été l’élément déclencheur en m’incitant fortement à me présenter comme conseiller municipal à Pointe-au-Père en 1979, ce qui deviendra le début d’une merveilleuse aventure de 26 ans à consacrer mes énergies afin d’améliorer le quotidien de mes concitoyennes et concitoyens.

Selon vous, quel est le plus important enjeu de politique publique auquel le Canada fait face à l’heure actuelle? 

Le monde change rapidement et les défis sont immenses. Pour moi, trois grands enjeux nous interpellent particulièrement.

Premièrement, au plan individuel, il nous faut créer un environnement favorable à l’implication des jeunes femmes et hommes en politique. Je suis persuadé qu’ils ont beaucoup à apporter en termes de nouvelles façons de voir et de faire les choses, et cela pourrait grandement bénéficier à notre société. Nos institutions doivent prendre leurs décisions dans l’intérêt de la majorité en se basant sur des valeurs de respect et de solidarité. Pour y arriver, il est incontournable que nos institutions soient composées d’individus qui reflètent la réalité de notre société. 

C’est dans cette diversité que nous trouverons des solutions adaptées aux réalités du 21e siècle. Quand on regarde la composition actuelle de ces centres de décision, nous devons déployer tous les efforts nécessaires pour augmenter la participation des jeunes hommes et surtout des jeunes femmes. 

Deuxièmement, au plan de la gouvernance, il nous faut réviser les champs de compétences des différents paliers de gouvernement, autant au fédéral, qu’au provincial et au municipal. Notre modèle d’organisation étatique date en partie du 19e siècle, et bien franchement, n’est plus du tout adapté aux réalités du 21e siècle, avec des enjeux majeurs à traiter comme la mondialisation et la lutte aux changements climatiques. L’Union européenne a été bâtie au cours des dernières décennies en se basant sur le principe de subsidiarité – c’est-à-dire de remettre la responsabilité dans les mains du palier le plus efficace. Je suis persuadé que le Canada aurait tout intérêt à emprunter cette voie. Pour y arriver, les trois paliers de gouvernement (fédéral, provincial et municipal) devraient effectuer cet exercice de façon responsable dans l’intérêt public. Il y a trois niveaux de gouvernement, mais en bout de ligne, on parle toujours du même citoyen.

Troisièmement, au plan de la société, il nous faut apprendre à mieux vivre ensemble, avec tous les défis que cela amène. Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui se transforme très rapidement. Pensons au phénomène de l’immigration par exemple. L’un des grands défis de notre société est d’assurer une relève suffisante et qualifiée pour la continuité de nos institutions et de nos entreprises. 

Face à cet enjeu de relève, l’immigration fait partie de la solution. Cependant, l’accueil et l’intégration harmonieuse de ces nouveaux citoyens doit nous préoccuper et nous devons créer des conditions qui favoriseront le mieux-vivre ensemble.

Parce que le développement durable et la lutte aux changements climatiques sont des causes chères aux yeux du sénateur Forest, l'utilisation de véhicules électriques a été encouragée par l'administration municipale de Rimouski. Ici avec Claire Lafrance de la Ville de Rimouski.

Pourquoi un plus grand nombre de Canadiens devrait s’intéresser aux travaux du Sénat?

C’est bien simple; avec l’absence de l’obligation de respecter la ligne de parti et un échéancier électoral à tous les quatre ans, une sénatrice ou un sénateur prend ses décisions en accord avec ses principes et ses valeurs, et non pas en vue d’une réélection. À cet égard, nous apportons un point de vue important et complémentaire aux travaux de la Chambre des communes. À mon avis, c’est ce détachement des considérations partisanes et électorales qui est à la base d’une réelle indépendance.

Ce second regard objectif et non-partisan apporte une plus-value intéressante dans l’analyse des projets de loi et des questions d’intérêt public. Plus particulièrement, je considère que la qualité des travaux des comités du Sénat mérite que les Canadiennes et Canadiens y prêtent une plus grande attention. Nos études et nos analyses y sont rigoureuses et en profondeur et elles traitent de grands enjeux de la société canadienne, qui sont souvent des enjeux sensibles mais incontournables.

Enfin, je siège au Sénat depuis le 23 novembre 2016. Je peux affirmer quand je regarde mes collègues qui siègent ici depuis 5, 10, voire 20 ans, que je suis très chanceux de pouvoir côtoyer des individus avec autant d’expérience et de compétence. La qualité de l’expertise des membres de la Chambre haute est également l’une des raisons qui devrait motiver les Canadiennes et les Canadiens à s’intéresser à ses travaux.

À quels efforts législatifs ou travaux de comité êtes-vous le plus fier d’avoir participé?

Depuis mon arrivée au Sénat, je siège au Comité sénatorial des finances nationales, et les travaux accomplis au comité me passionnent particulièrement. Je suis heureux d’avoir participé à l’étude de longue haleine sur le financement des infrastructures au Canada. Avec des investissements publics de plus de 100 milliards de dollars sur 10 ans, nous avons tout intérêt à ce que ce programme atteigne ses objectifs, pour le bénéfice des Canadiennes et des Canadiens. Je suis particulièrement fier d’avoir été la voix des municipalités et d’avoir partagé avec mes collègues des propositions qui, je l’espère, permettront d’être plus efficient avec ces fonds publics.

Le sénateur Forest prononce un discours dans le cadre de l'édition 2017 du Festival le Tremplin de Dégelis, un festival qui encourage la relève en chanson et en humour dans le Témiscouata.

Pouvez-vous me nommer un trésor caché de votre région que les Canadiens gagneraient à découvrir?

Pour être bien honnête, j’aurais beaucoup de difficulté à ne nommer qu’un seul trésor caché de ma région. Le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie regorgent de sites magnifiques, mais surtout, de gens généreux et créatifs avec un sens de l’accueil inégalé. Voici quelques incontournables si vous passez par chez nous :

  1. Le site historique de la Pointe-au-Père, où vous pouvez en apprendre davantage sur la plus grande catastrophe maritime de l’histoire du Canada (le naufrage de l’Empress of Irelanden 1914) et visiter le sous-marin Onondaga.
  2. Les Jardins de Métis, un lieu historique national du Canada où vous pourrez admirer plus de 3000 espèces et variétés de plantes
  3. Le Festival en chanson de Petite-Vallée, où la relève musicale québécoise est à l’honneur
  4. La rivière Bonaventure, l’une des rivières ayant la plus grande limpidité en Amérique du Nord
  5. Et bien sûr, les Îles-de-la-Madeleine, « la magnifique »!

Pouvez-vous me nommer une chanson ou un album qui vous fait toujours sourire? Expliquez pourquoi.

« Le début d’un temps nouveau », de Stéphane Venne (paroles et musique). Cette chanson me stimule lorsque j’entreprends un nouveau défi professionnel ou personnel. J’ai la profonde motivation de ne pas me contenter d’une situation telle qu’elle me l’est présentée. J’essaie de voir si on peut remettre en question les règles en place pour ainsi voir si on peut être plus efficace, en meilleure symbiose avec la réalité de l’époque.

Quel est le dernier livre ou film que vous avez recommandé à quelqu’un et pourquoi?

Un livre qui m’a profondément touché est « Pieds nus sur la terre sacrée » de Teresa Carolyn McLuhan. Il s’agit d’un livre qui m’a grandement inspiré et qui nous en apprend beaucoup sur la culture amérindienne avec un recueil de textes de grands leaders autochtones.

Ancien directeur-général de l'Océanic de Rimouski dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, le sénateur Forest a sciemment utilisé le sport comme vecteur de cohésion sociale pour l'Est-du-Québec. Il est ici avec Guy Caron, député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques.

Quelle équipe de sport (professionnelle ou amateur) appuyez-vous? 

Vous comprendrez que mon choix est évident, c’est naturellement l’Océanic de Rimouski, « l’équipe de toute une région ! ». Ayant été associé à titre de directeur général de l’équipe pour les 10 premières années de la formation (1995-2005), j’y ai vécu des moments incroyables avec des gens formidables tels que Maurice Tanguay, Vincent Lecavalier, Brad Richards, Sidney Crosby et plusieurs autres. 

Pourquoi êtes-vous fier d’être Canadien? 

Je suis très fier d’être Canadien parce que nous vivons dans un pays responsable, où les valeurs de respect et de solidarité sont omniprésentes. Nous jouissons également d’une grande liberté dans les actions que nous menons.

Le Canada est un pays riche d’une population dynamique et diversifiée, avec un patrimoine naturel exceptionnel.

Le sénateur Forest discute avec les participants du <a href='https://sencanada.ca/fr/sencaplus/nouvelles/le-senat-poursuit-son-partenariat-avec-le-forum-pour-jeunes-canadiens/'>Forum pour jeunes Canadiens</a> de l'importance d'être actifs dans sa propre communauté en février 2018.

Lors de son assermentation comme sénateur en novembre 2016, le sénateur se trouve ici avec la sénatrice Chantal Petitclerc, l'Huissier du Bâton noir, Greg J. Peters, et le sénateur Peter Harder.

Photo bannière : Croyant fermement aux bienfaits des arts et de la culture dans la communauté, le sénateur Forest, alors maire de Rimouski, a fait installer un piano public au centre-ville de la municipalité, ouvert à tous les citoyens.