Le gouvernement du Canada devrait présenter des excuses et offrir des réparations aux descendants des Noirs qui ont été esclaves en Nouvelle‑Écosse avant que le Canada devienne un pays, ont déclaré au comité sénatorial des experts de l’histoire des Noirs.

Des excuses et des réparations permettraient au Canada d’assumer un « rôle de chef de file » quant à l’élimination du racisme dans le monde, ont-ils affirmé au cours d’une réunion du comité tenue à Ottawa le 28 février 2018.

L’esclavage est souvent associé à l’histoire américaine, mais de 1605 jusqu’à la fin des années 1700, la Nouvelle‑Écosse a participé à la traite des esclaves sur la côte Atlantique, a déclaré Marjorie Villemarche, directrice générale de La Maison d’Haïti, un organisme montréalais qui aide les familles d’immigrants qui viennent surtout d’Haïti et du Nigeria.

« Ce que nous demandons comporte deux étapes : tout d’abord, admettre les faits et présenter des excuses; ensuite, faire preuve de leadership de manière à ce que d’autres pays occidentaux qui ont participé à la traite des esclaves fassent la même chose », a déclaré Mme Villemarche.

Agang Tema, de <em>Africa Awareness Initiative</em> de l’Université de la Colombie Britannique, et Michelle Williams, professeure à la <em>Schulich School of Law</em>, témoignent devant le Comité sénatorial des droits de la personne.

« Face à ce crime contre l’humanité, il faut axer notre réaction sur la réconciliation et les réparations », a-t-elle ajouté.

Les témoins ont soulevé cette question lors d’une réunion spéciale du Comité sénatorial des droits de la personne qui s’est tenue pendant le Mois de l’histoire des Noirs et qui a été consacrée à une réflexion sur la proclamation de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine par les Nations Unies.

L’ONU a fait de la décennie qui a commencé en 2015 une période pour promouvoir et protéger les droits d’environ 200 millions de personnes d’ascendance africaine qui vivent dans les Amériques.

« J’ai bon espoir qu’en travaillant ensemble, nous pouvons combattre le racisme et la discrimination systémiques dont les Noirs font l’objet dans ce pays et que nous y réussirons. Cependant, il est très clair qu’il faut des partenariats pour cela », a affirmé la présidente du comité, la sénatrice Wanda Thomas Bernard, première Néo-écossaise d’ascendance africaine à siéger au Sénat.

« Le 30 janvier 2018, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que cette décennie internationale offre une occasion de mieux répondre aux défis très réels et uniques auxquels les Canadiens de race noire font face. En travaillant ensemble, nous pouvons combattre le racisme et la discrimination dont les Noirs font l’objet, et ainsi améliorer la vie des Canadiens de race noire, » a déclaré la sénatrice Bernard.

La présentation d’excuses contribuerait de manière significative à la réconciliation avec les Canadiens de race noire, a déclaré Craig Smith, sergent de la GRC en Nouvelle‑Écosse et président du conseil d’administration et président de la Black Cultural Society pour la Nouvelle‑Écosse.

Dans le passé, le gouvernement canadien a présenté des excuses à des groupes autochtones à l’égard des pensionnats indiens, aux Canadiens d’origine chinoise pour la capitation leur ayant été imposée entre 1885 et 1923, aux Canadiens d’origine japonaise, pour les avoir internés dans des camps pendant la Seconde Guerre mondiale, et à la communauté LGBTQ, pour les pratiques discriminatoires dont elle avait fait l’objet aux mains du gouvernement dans le passé.

Si tous les Canadiens connaissaient mieux l’histoire des Noirs, cela favoriserait la tolérance et réduirait le racisme, a affirmé le sergent Smith.

« … [Si] vous ne connaissez pas l’histoire des Noirs, il vous est tellement plus facile de ne pas vous soucier d’eux ou de leur culture; mais si vous la connaissez, juste un peu plus que le fait que nous étions des esclaves, cela vous fait entreprendre un voyage de découverte », a déclaré le sergent Smith.

La sénatrice Salma Ataullahjan, vice-présidente du comité, a convenu qu’il importait de « changer le discours » de l’histoire des Noirs du Canada.

« Les cultures africaines existent depuis des millénaires. Elles ont une histoire et des traditions. Pourquoi n’entendons-nous pas parler de cela? », a déclaré la sénatrice Ataullahjan.

La vice-présidente du comité, la sénatrice Jane Cordy, a félicité les témoins de rappeler aux Canadiens que certaines questions sociales contemporaines ont des racines historiques.

« Les choses sont plus passionnantes quand nous avons ici des gens qui soulignent le Mois de l’histoire des Noirs, qui évoquent les défis qui nous attendent et qui mettent en lumière les progrès qui s’accomplissent », a expliqué la sénatrice Cordy.

Lors d’une session antérieure tenue pendant le Mois de l’histoire des Noirs, le Comité sénatorial des droits de la personne avait consacré une session à une discussion sur la façon dont le racisme touche les détenus de race noire.

La présidente du comité, la sénatrice Wanda Thomas Bernard, affirme au Comité sénatorial des droits de la personne que des partenariats s’imposent pour combattre le racisme systémique au Canada. Le comité a consacré sa session spéciale tenue pendant le Mois de l’histoire des Noirs à une réflexion sur la proclamation de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine par les Nations Unies.

La vice-présidente du comité, la sénatrice Salma Atallauhjan, a indiqué que les Canadiens doivent « changer le discours » sur l'histoire des Noirs parce que, malgré le fait que les cultures africaines ont des milliers d'années, trop de gens ne sont pas conscients de ces traditions.

La sénatrice Jane Cordy, vice-présidente du Comité sénatorial des droits de la personne, la sénatrice Kim Pate, et la sénatrice Wanda Thomas Bernard, présidente du comité, s’entretiennent avec Michelle Williams, professeure à la Schulich School of Law en Nouvelle Écosse, après une réunion du comité à Ottawa.

La sénatrice Jane Cordy, vice-présidente du Comité sénatorial des droits de la personne, la sénatrice Kim Pate, et la sénatrice Wanda Thomas Bernard, présidente du comité, s’entretiennent avec Michelle Williams, professeure à la <em>Schulich School of Law</em> en Nouvelle Écosse, après une réunion du comité à Ottawa.

 

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